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Le RNI tranche : « Soit nous sommes dans la majorité, soit nous n’y sommes pas »… pas de place pour l’entre-deux

Le Rassemblement national des indépendants (RNI) est passé de 102 sièges lors des élections législatives de 2021 à 66 sièges au scrutin du 23 septembre 2026. Ce recul place le parti devant une configuration politique différente, au moment où se dessine une nouvelle majorité gouvernementale autour du Parti authenticité et modernité (PAM), dans une perspective d’alliance avec des formations issues de la Koutla démocratique.

Dans ce contexte, la position du RNI sur une éventuelle forme de soutien au gouvernement depuis l’extérieur de la majorité retient l’attention. Selon une source au sein du bureau politique du parti, l’hypothèse d’un « soutien critique » est écartée. La formule avancée par cette source est sans ambiguïté : « Soit nous sommes dans la majorité, soit nous n’y sommes pas. »

Cette déclaration précise la manière dont le parti envisage son positionnement pour la prochaine étape. Elle soulève aussi une question plus large : comment une formation habituée à participer aux gouvernements successifs entend-elle aborder une éventuelle entrée dans l’opposition, après avoir perdu une part importante de sa représentation parlementaire ?

La même source présente le passage dans l’opposition comme une situation naturelle, relevant de l’alternance au pouvoir. Elle rappelle toutefois que l’objectif initial était de poursuivre, au sein du gouvernement, la contribution du parti à la mise en œuvre des chantiers engagés. Ce point permet de mieux comprendre la transition à laquelle le RNI pourrait être confronté. Sa direction présente l’opposition comme une position politique légitime, alors que la participation gouvernementale lui permettait de continuer à intervenir directement dans la gestion de secteurs essentiels et dans les décisions exécutives.

Reconnaître la possibilité d’un passage dans l’opposition ne signifie cependant pas que toutes les modalités du prochain positionnement sont déjà arrêtées. Les éléments disponibles font état d’une orientation de plus en plus marquée vers l’opposition, parallèlement aux préparatifs du PAM en vue de constituer une nouvelle majorité. Ils ne constituent pas, à eux seuls, une annonce officielle définitive du RNI sur l’ensemble des dispositions politiques à venir.

Le refus du soutien critique prend ici toute son importance. Cette formule aurait permis au parti d’appuyer certaines décisions gouvernementales ou des dossiers particuliers, tout en conservant une autonomie politique en dehors de la majorité. Son exclusion, selon la source du parti, traduit une préférence pour une démarcation plus nette : participer à la gestion gouvernementale si les conditions le permettent, ou exercer l’opposition dans le cas contraire.

Cette position soulève néanmoins une autre question : quelle opposition le RNI sera-t-il en mesure de construire ? L’opposition ne consiste pas simplement à quitter les bancs du gouvernement pour rejoindre ceux qui lui font face. Elle suppose une capacité à contrôler l’action publique, à examiner les choix économiques et financiers, à proposer des alternatives susceptibles d’être débattues et à maintenir une distance politique claire à l’égard des décisions dont le parti n’assume plus directement l’exécution.

L’exercice diffère de celui de la gestion gouvernementale. Au cours des dernières décennies, le RNI a assumé des responsabilités dans des départements stratégiques, notamment l’économie, les finances et l’agriculture. Cette expérience lui donne une connaissance des mécanismes de l’action publique. Elle l’oblige également à clarifier sa position sur les politiques qu’il a contribué à élaborer ou à mettre en œuvre lors de ses précédentes participations gouvernementales.

Si le parti rejoint effectivement l’opposition, ses positions sur les dossiers économiques et sociaux seront directement mises à l’épreuve. Il lui faudra préciser les orientations qu’il entend continuer à défendre parmi celles de la période précédente, celles qu’il souhaite voir modifiées et les critères à partir desquels il évaluera l’action du nouveau gouvernement dans les secteurs qu’il a lui-même contribué à gérer. Ces questions ne préjugent pas de sa capacité à y répondre. Elles contribueront toutefois à déterminer la crédibilité de son nouveau rôle.

De son côté, la source au sein du parti affirme que les « nouveaux profils » introduits par le RNI à la Chambre des représentants sont prêts à faire face à tous les scénarios. Cette déclaration exprime la confiance de la formation dans ses nouvelles équipes parlementaires. Elle ne suffit cependant pas, à elle seule, à mesurer leur préparation effective au travail d’opposition. Celle-ci se vérifiera dans la pratique : activité parlementaire, initiatives législatives, questions de contrôle et régularité de leur intervention dans les débats sur les politiques publiques.

Les résultats électoraux ajoutent une autre dimension à cette évolution. En 2021, le RNI était arrivé en tête du scrutin législatif avec 102 sièges. En septembre 2026, il en a obtenu 66, soit une perte de 36 sièges. Cette évolution traduit une diminution de sa représentation parlementaire par rapport au scrutin précédent. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, d’attribuer ce recul à une cause unique ni d’affirmer que les électeurs ont explicitement voulu renvoyer le parti dans l’opposition.

La perte de sièges ne signifie pas davantage que le RNI disparaît des équilibres politiques. Avec 66 députés, il conserve une présence parlementaire importante et dispose d’une capacité d’intervention dans le débat législatif et le contrôle de l’action gouvernementale, qu’il siège dans l’opposition ou qu’une autre configuration résulte des discussions politiques. Son influence dans la prochaine législature dépendra également de la composition de la nouvelle majorité, de sa cohésion et de la capacité des partis qui la formeront à s’accorder sur un programme gouvernemental précis.

Pour le PAM, la perspective d’une majorité associant des formations de la Koutla démocratique recompose les relations entre les partis et oblige le RNI à redéfinir sa place, sans présumer que sa participation au gouvernement se prolongera par simple continuité. Sa présence régulière dans les équipes gouvernementales au cours des quatre dernières décennies lui a permis d’accumuler une expérience de gestion. Cette ancienneté ne lui garantit toutefois pas une place au sein de chaque nouvelle majorité.

Reste que la formule « Soit nous sommes dans la majorité, soit nous n’y sommes pas » demeure, à ce stade, une position rapportée par une source du bureau politique, plutôt qu’une présentation officielle et détaillée de la stratégie du parti dans l’opposition. Elle trace néanmoins une limite explicite, au niveau du discours, à l’hypothèse d’un soutien critique exercé depuis l’extérieur du gouvernement.

Si cette trajectoire vers l’opposition se confirme, le premier défi du RNI consistera à passer de la défense de son bilan gouvernemental à l’évaluation des choix de la nouvelle majorité, sans renoncer à expliquer ses propres résultats. C’est dans cet exercice que se vérifiera sa capacité à faire de l’opposition un véritable espace de travail politique et parlementaire, au-delà d’un positionnement institutionnel dont les contours semblent, pour l’instant, plus clairement énoncés que le contenu de l’action à venir.

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