lundi, octobre 12, 2026
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Hassan Abyaba assume le choix de l’UC : soutenir le gouvernement sans portefeuille ministériel, mais avec droit de critique

L’Union constitutionnelle a choisi de soutenir le prochain gouvernement sans y participer, en se positionnant dans une logique de « soutien critique ». Hassan Abyaba, membre du bureau politique du parti, a expliqué à Hespress que l’absence de ministres issus de l’UC ne signifiait pas pour autant son basculement automatique dans l’opposition.

La position adoptée dimanche par le bureau politique ouvre une nouvelle perspective sur les rapports que le parti entend entretenir avec la future majorité. Ces derniers jours, l’Union constitutionnelle avait annoncé la constitution d’un groupe parlementaire commun avec le Mouvement démocratique et social, réunissant 25 députés. Elle affirme désormais vouloir accompagner l’action gouvernementale tout en préservant son autonomie politique. Dans son communiqué, le parti invoque notamment la proximité entre son programme électoral et celui du Parti authenticité et modernité (PAM).

Hassan Abyaba défend une approche qui dépasse la simple répartition des sièges entre majorité et opposition. Il rappelle les bonnes relations de son parti avec les composantes du futur gouvernement, notamment le PAM et les partis de la Koutla, et considère que l’exécutif doit répondre aux enjeux de l’État plutôt qu’aux intérêts particuliers d’une formation politique.

Dans cette logique, la place de l’Union constitutionnelle au Parlement dépendrait davantage des décisions prises par le gouvernement et des résultats de son action que de la présence de ministres portant les couleurs du parti. Cette orientation soulève toutefois une question concrète : comment préserver l’autonomie de son jugement politique tout en annonçant, dès le départ, sa volonté de soutenir l’expérience gouvernementale ?

Abyaba précise les contours de la démarche qu’il entend défendre. Les décisions fondamentales et les grands projets bénéficieront du soutien de son parti. En revanche, les mesures présentant des insuffisances, des retards ou des risques d’échec pourront faire l’objet de critiques et de réserves. Le dirigeant assure que l’UC ne fermera pas les yeux sur les dysfonctionnements dès lors qu’ils seront établis.

C’est donc une formule que le parti souhaite présenter comme un soutien soumis à l’évaluation, plutôt qu’une adhésion systématique aux choix de l’exécutif. Sa portée dépendra néanmoins de la conduite de ses députés, de la précision de leurs prises de position et de leur capacité à transformer les réserves annoncées en propositions concrètes, notamment lorsque les décisions concernées figurent parmi les priorités gouvernementales.

Pour justifier cette orientation, Abyaba met en avant les dossiers qui attendent le Maroc au cours de la prochaine période. Il cite la question de l’autonomie, les grands projets de développement, les préparatifs liés à l’organisation de la Coupe du monde 2030 ainsi qu’un agenda politique national qu’il juge complexe. Il évoque également les tensions internationales, susceptibles, selon lui, d’accentuer les difficultés auxquelles le pays devra faire face.

Ces enjeux l’amènent à plaider pour un dépassement des calculs liés à la présence ou à l’absence dans le gouvernement. À ses yeux, il est plus facile de se placer dans l’opposition que de proposer des alternatives et de contribuer à la gestion des difficultés. Il estime par ailleurs qu’un éventuel échec de l’expérience gouvernementale aurait des conséquences aussi bien pour la majorité que pour l’opposition.

L’opposition reste cependant une fonction politique et constitutionnelle qui ne se résume pas à la facilité ou à la difficulté de prendre position. Le véritable débat autour du « soutien critique » ne sera donc pas tranché par la seule présentation de cette démarche comme un choix national ou de principe. Il dépendra de la clarté de ses limites : quelles décisions l’UC soutiendra-t-elle ? Selon quels critères évaluera-t-elle l’action gouvernementale ? Et à quel moment une réserve se traduira-t-elle par un vote défavorable ?

La déclaration d’Abyaba ne fournit pas de réponses détaillées à ces questions. Elle indique néanmoins que le parti entend conserver une marge de manœuvre entre l’accompagnement du gouvernement et le contrôle de son action. Cette position peut lui offrir une certaine souplesse selon les dossiers, mais elle l’obligera aussi à expliciter ses choix chaque fois qu’une décision suscitera des désaccords.

La question des postes ministériels a également été abordée sans détour. Abyaba affirme que son parti ne court pas après les portefeuilles et ne pratique pas le marchandage avec la formation majoritaire pour obtenir des responsabilités. Il rappelle que les partis peuvent participer au gouvernement à une étape de leur parcours politique, puis se retrouver en dehors de l’exécutif à une autre. Il rejette ainsi le principe selon lequel la position politique d’une formation devrait dépendre de la part du pouvoir qui lui revient.

Ces propos expriment la ligne que l’Union constitutionnelle souhaite défendre à ce stade. Ils ne suffisent toutefois pas, à eux seuls, à établir la nature de tous ses calculs futurs. La participation au gouvernement n’est pas l’unique mesure de l’influence politique, pas plus que l’absence de portefeuilles ministériels ne garantit automatiquement l’indépendance du jugement ou la qualité du contrôle parlementaire. Ce sont les actes qui permettront de mesurer la portée de cet engagement, notamment lorsque les choix de l’UC divergeront de ceux d’une majorité qu’elle se dit prête à soutenir.

Concernant l’élection du président de la Chambre des représentants, Abyaba a confirmé que les députés de l’UC voteraient pour le candidat présenté par la majorité. Pour les nominations au sein des structures de la Chambre, les décisions seront prises en concertation avec le Mouvement démocratique et social, deuxième composante du groupe parlementaire commun.

Cette précision donne une dimension institutionnelle au choix politique annoncé. L’Union constitutionnelle ne se contente pas de définir son rapport au futur gouvernement : elle inscrit également son action dans une coordination parlementaire avec le MDS, au sein d’un groupe de 25 députés. Les informations disponibles ne permettent cependant pas d’affirmer que cette coordination débouchera sur une position commune dans tous les dossiers. Cela dépendra des débats et des votes au sein de la Chambre.

L’Union constitutionnelle aborde ainsi la prochaine législature depuis une position qui lui permet de soutenir le gouvernement sans participer à sa composition, tout en revendiquant le droit de le critiquer lorsque cela lui paraîtra nécessaire. La crédibilité de cette formule se mesurera à l’épreuve de la pratique parlementaire, bien davantage qu’aux intentions affichées dans son intitulé.

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