dimanche, octobre 11, 2026
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Ouzzine à Mansouri : « Appelez-nous avec une offre claire, pas seulement pour des consultations ! »

Mohamed Ouzzine, secrétaire général du Mouvement populaire, renvoie à Fatima Zahra Mansouri, chargée de former le prochain gouvernement, l’initiative de clarifier la place de son parti dans les nouvelles configurations politiques. Il affirme n’avoir reçu aucune nouvelle proposition précisant les modalités ou les conditions d’une éventuelle participation gouvernementale. Dans le même temps, l’Union constitutionnelle s’oriente vers un soutien critique depuis l’opposition, tandis que le Mouvement populaire attend de connaître la suite des consultations sans avoir encore arrêté publiquement sa position.

Dans ses déclarations au quotidien Hespress, dimanche 11 octobre, Ouzzine a réaffirmé que son parti n’avait demandé ni portefeuille ministériel ni poste institutionnel. Selon lui, la dernière rencontre avec Mansouri n’a débouché sur aucune proposition claire de participation. Il estime également que la deuxième phase des consultations n’a pas permis de présenter une vision suffisamment précise pour que son parti puisse se déterminer. D’où sa formule : « La balle est dans le camp de Mansouri. »

Cette déclaration situe le désaccord dans la manière dont les deux parties abordent la formation de la majorité. Ouzzine évoque l’absence d’une offre explicite ; de son côté, le processus de formation du gouvernement se poursuit autour de la recherche d’une configuration capable de réunir les conditions politiques et parlementaires nécessaires. Les éléments disponibles ne permettent pas d’affirmer que l’exclusion du Mouvement populaire est définitivement actée. Ils indiquent en revanche qu’aucun accord public sur sa participation n’a, à ce stade, été annoncé.

L’attente dans les calculs de la majorité

Les propos d’Ouzzine prennent leur sens à la lumière des équilibres issus des élections législatives du 23 septembre. Le Parti authenticité et modernité (PAM) est arrivé en tête avec 97 sièges, devant le Parti de l’Istiqlal, qui en a obtenu 65. L’Union socialiste des forces populaires (USFP) dispose de 26 sièges, tandis que le Parti du progrès et du socialisme (PPS) en a remporté 19 selon les résultats électoraux cités. La couverture de presse évoque ensuite un total de 22 sièges pour le PPS dans le contexte des alliances parlementaires annoncées, une distinction qui mérite d’être maintenue entre les résultats électoraux initiaux et les regroupements intervenus par la suite.

Selon le calcul présenté dans les informations publiées, l’addition des sièges du PAM, de l’Istiqlal, de l’USFP et du PPS, en retenant le chiffre de 22 pour ce dernier, porte le total à 210 sièges. Cette configuration dépasserait le seuil de la majorité absolue à la Chambre des représentants, fixé à 198 sièges sur 395.

Il s’agit toutefois d’un scénario arithmétique lié à une hypothèse de coalition, et non de la composition définitive d’une majorité officiellement annoncée.

Cette distinction éclaire la position du Mouvement populaire. La nécessité de réunir une majorité ne signifie pas que chaque parti susceptible d’apporter des sièges supplémentaires obtiendra automatiquement une place au gouvernement. Inversement, la possibilité de garantir un soutien parlementaire ne suppose pas nécessairement que tous les partis concernés participent à l’exécutif. Entre l’entrée au gouvernement et le soutien depuis l’extérieur, plusieurs arrangements restent envisageables en fonction de l’issue des négociations.

L’Union constitutionnelle choisit une autre position

L’Union constitutionnelle avait confié à son secrétaire général, Mohamed Joudar, la conduite des discussions avec Mansouri, avant de s’orienter vers une formule de soutien critique hors du gouvernement, selon les informations rapportées par la presse. Cette orientation s’accompagne de la perspective d’un groupe parlementaire commun avec le Mouvement démocratique et social, qui a obtenu huit sièges, contre 17 pour l’Union constitutionnelle. Les deux formations réunissent ainsi 25 députés.

Ce rapprochement leur offre un cadre de coordination parlementaire. Il ne signifie pas pour autant qu’elles appartiennent à la majorité gouvernementale au sens exécutif du terme. Le soutien critique permet, en principe, d’appuyer certaines orientations ou décisions tout en conservant une autonomie politique qui autorise les réserves, les désaccords et le contrôle de l’action gouvernementale. Les limites de ce soutien dépendront des positions que les deux partis adopteront face aux programmes, aux textes législatifs et aux décisions concrètes.

Pour le Mouvement populaire, le positionnement de l’Union constitutionnelle modifie le contexte dans lequel ses propres choix sont examinés, sans déterminer pour autant leur issue. Le parti dirigé par Ouzzine dispose de 29 sièges à la Chambre des représentants, selon les résultats mentionnés dans l’article, ainsi que de 12 conseillers à la Chambre des conseillers. Ces chiffres lui assurent une présence dans les deux chambres du Parlement. Ils ne suffisent cependant pas à mesurer, à eux seuls, la contribution que le parti pourrait apporter à chaque configuration politique, ni les contreparties qui pourraient accompagner un éventuel accord.

Ouzzine renvoie l’initiative à la chargée de former le gouvernement

Interrogé sur la possibilité de mobiliser les élus de son parti à la Chambre des conseillers pour consolider la majorité dans la seconde chambre, Ouzzine a refusé de présenter spontanément les ressources parlementaires du Mouvement populaire comme des arguments à mettre sur la table. Selon lui, il appartient à la partie qui prend l’initiative des consultations de connaître les moyens et les capacités des formations qu’elle invite à négocier, plutôt qu’au parti sollicité de dévoiler d’emblée toutes ses cartes.

Cette déclaration traduit une position de négociation identifiable : le Mouvement populaire attend de la personne chargée de former le gouvernement une proposition suffisamment précise avant de discuter de sa contribution éventuelle. Elle ne permet cependant pas de conclure qu’Ouzzine refuse de participer au gouvernement ou qu’il a fixé une condition définitive à son entrée. Le secrétaire général lie sa position à l’absence d’une offre claire et laisse ainsi ouverte la possibilité d’une évolution en fonction des prochains échanges.

À l’inverse, cette attente ne garantit nullement qu’une nouvelle proposition sera formulée. La constitution d’une majorité repose sur un équilibre entre les chiffres parlementaires, les choix politiques et les convergences programmatiques. Les négociations peuvent aboutir à une configuration dans laquelle le Mouvement populaire ne serait pas intégré à l’exécutif, ou à un arrangement permettant de tenir compte de son poids parlementaire sans lui attribuer de responsabilité gouvernementale. Ces possibilités demeurent ouvertes tant qu’aucune décision officielle n’a fixé la composition de la majorité.

Entre le nombre de sièges et la place politique

Cette séquence montre que le nombre de sièges constitue un élément central des négociations, sans suffire à expliquer à lui seul la position des partis. Le Mouvement populaire aborde les discussions avec un groupe parlementaire de taille significative. Son poids dans les arrangements à venir dépendra néanmoins de la majorité que Mansouri entend constituer, de la nature des accords programmatiques et du choix entre une coalition réunissant plusieurs formations et un exécutif plus resserré, soutenu par des engagements parlementaires extérieurs.

Parler dès maintenant d’une exclusion définitive du Mouvement populaire serait prématuré, puisque le parti affirme n’avoir reçu aucune nouvelle proposition et que la composition du prochain gouvernement n’a pas encore été officiellement annoncée. De même, les déclarations disponibles ne permettent pas d’établir que l’absence d’offre résulte du rejet de revendications précises ou d’une décision politique définitive visant à écarter la formation d’Ouzzine.

Dans l’attente de ces clarifications, le secrétaire général maintient que l’initiative doit venir de la personne chargée de former le gouvernement. Mansouri poursuit, de son côté, ses consultations dans un contexte où se croisent les calculs de majorité et la définition des frontières entre participation gouvernementale et soutien parlementaire.

Le Mouvement populaire reste ainsi dans une position d’attente : aucune participation au gouvernement n’est annoncée, mais aucun positionnement définitif dans l’opposition n’est établi non plus. La suite dépendra de la teneur d’une éventuelle proposition et de la réponse que le parti décidera de lui apporter.

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