lundi, octobre 12, 2026
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Mansouri sort le tracteur et la Koutla : les quatre partis au gouvernement, les « Ahrar » sur la touche !

Le communiqué publié à Rabat le 12 octobre 2026 a mis un terme à une étape décisive des consultations gouvernementales. La majorité qui sera conduite par Fatima Zahra Mansouri réunira le Parti authenticité et modernité (PAM), le Parti de l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS). Quatre formations politiques se partageront la responsabilité de la prochaine expérience gouvernementale, dans une configuration différente de celles qui ont marqué plusieurs équipes précédentes. Une nouvelle équation se dessine, avec ses équilibres à construire, ses engagements à préciser et ses absents à expliquer.

Après deux rounds de consultations, selon le communiqué, le choix s’est porté sur une majorité présentée comme forte, cohérente et fondée sur une proximité idéologique et politique entre ses composantes. La liste des quatre partis constitue le fait politique central de l’annonce. En revanche, l’affirmation d’une vision réformatrice commune reste, à ce stade, un engagement dont la portée devra être mesurée à l’aune de la répartition des portefeuilles, de la préparation du programme gouvernemental et des arbitrages à venir.

Le PAM se retrouve au cœur de cette nouvelle configuration. Arrivé en tête des élections législatives évoquées dans le communiqué, le parti voit sa coordinatrice nationale du secrétariat général collégial, Fatima Zahra Mansouri, appelée à diriger les négociations et à préparer la formation du gouvernement. Sa mission dépasse désormais la constitution arithmétique d’une majorité parlementaire : il lui faudra construire un accord politique suffisamment solide pour permettre à quatre formations de gouverner ensemble, tout en assumant les dossiers économiques, sociaux et institutionnels qui attendent la prochaine équipe.

La présence de l’Istiqlal apporte à cette majorité un poids politique et organisationnel supplémentaire. L’entrée de l’USFP et du PPS élargit, quant à elle, le spectre des sensibilités représentées au sein de l’exécutif. Cette diversité peut ouvrir un espace de négociation sur les politiques publiques, mais elle ne garantit pas, à elle seule, une véritable cohésion. Celle-ci se vérifiera dans les choix budgétaires, les priorités sociales, les arbitrages économiques et la capacité des partenaires à gérer leurs désaccords sans fragiliser l’action gouvernementale.

Un point mérite toutefois d’être observé de près. Le communiqué invoque une proximité idéologique et politique entre les quatre formations, sans détailler les critères concrets ayant conduit à ce rapprochement ni les accords qui ont déterminé la composition de la majorité. Il ne permet donc pas de conclure que toutes les divergences ont été dépassées. Les noms des partenaires sont désormais connus ; le contenu réel de leur compromis politique reste, lui, à préciser.

La position du Rassemblement national des indépendants (RNI) prend naturellement une place particulière dans la lecture de cette nouvelle équation. Le parti a participé à l’expérience gouvernementale précédente, et son absence de la majorité annoncée marque une différence notable avec la configuration antérieure. Mais le communiqué ne donne aucune explication sur les raisons de cette non-participation. Il ne précise ni les positions défendues par les différentes formations au cours des négociations ni l’existence éventuelle de désaccords déterminants. Parler de rupture provoquée par un conflit précis, de revanche politique ou de conditions refusées par Mansouri exigerait donc des éléments supplémentaires.

L’arrivée de l’USFP et du PPS soulève une autre question : quelle place occuperont-ils réellement dans la conduite des affaires publiques ? Leur participation peut dépasser le simple partage des portefeuilles et se traduire par une contribution effective à la définition des politiques gouvernementales. Mais cette possibilité dépendra de la répartition des responsabilités, de leur poids dans les arbitrages et de leur capacité à faire inscrire leurs priorités dans le programme commun. Le communiqué ne permet pas encore de trancher.

Les objectifs annoncés sont ambitieux. Le texte évoque le renforcement des libertés et des droits, la justice sociale, l’équité territoriale, la prospérité économique et le développement des capacités productives de l’économie nationale. Ces engagements dépassent les frontières partisanes : ils renvoient aux attentes des citoyens et à la capacité de l’État à produire des résultats concrets, mesurables et perceptibles dans la vie quotidienne.

C’est précisément à ce niveau que commencera la partie la plus délicate. Les consultations ont permis, selon le communiqué, d’identifier les formations appelées à constituer la majorité, mais les noms des futurs ministres n’ont pas encore été annoncés. Les quatre partis devront proposer des personnalités réunissant compétence, intégrité et sens politique, tandis que la cheffe du gouvernement désignée devra conduire l’élaboration du programme gouvernemental dans les meilleurs délais.

La répartition des portefeuilles constituera un premier indicateur de la nature de l’accord conclu. Les responsabilités seront-elles attribuées en fonction des compétences et de la capacité à mettre en œuvre les engagements annoncés, ou les équilibres entre partis pèseront-ils davantage dans les choix ? La réponse ne se trouve pas encore dans le communiqué. Elle apparaîtra dans la composition de l’équipe et dans les arbitrages qui accompagneront sa mise en place.

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