dimanche, septembre 20, 2026
AccueilActualitésLekjaa à Tiznit : investir, créer des emplois et payer ses impôts…...

Lekjaa à Tiznit : investir, créer des emplois et payer ses impôts… Le discours de l’initiative économique face à la question des engagements

La phrase de Fouzi Lekjaa adressée aux acteurs économiques lors d’une rencontre de communication à Tiznit résume le point central de son intervention : « Celui qui veut et qui est capable de faire quelque chose, qu’il le fasse, à condition de respecter les lois, d’employer les jeunes et de payer ses impôts. » Le propos inscrit l’initiative économique dans un cadre précis, où le droit, l’emploi et la contribution fiscale apparaissent comme les conditions associées à l’encouragement de l’investissement.

La formule mérite d’être examinée dans son contexte. Elle ne présente pas l’investissement comme une activité séparée de ses responsabilités envers la collectivité. L’entrepreneur est invité à agir, mais l’activité attendue doit respecter la loi, contribuer à l’emploi et satisfaire aux obligations fiscales. C’est le contenu explicite de la déclaration rapportée.

Les effets que ce discours pourrait produire auprès des investisseurs de Tiznit, ou son influence réelle sur leurs décisions, ne peuvent toutefois pas être établis à partir de cette seule intervention.

De l’investissement aux attentes de la ville

Lekjaa a choisi de parler de la libération des énergies et des potentialités économiques de Tiznit, ainsi que de la nécessité de relancer l’investissement. La rencontre réunissait notamment des hommes d’affaires et des acteurs économiques. Les comptes rendus publiés ont associé cet appel à la création de richesses et d’emplois, en particulier au bénéfice des jeunes.

Ce rapprochement place l’emploi au centre du discours sur l’investissement. Dans la formulation retenue par Lekjaa, un projet économique ne se mesure pas uniquement au capital mobilisé ou au lancement d’une activité. Il est également attendu qu’il contribue à l’emploi et qu’il respecte les obligations fiscales. En revanche, les éléments disponibles ne précisent pas les secteurs d’investissement ciblés à Tiznit, le nombre d’emplois envisagés ou les dispositifs concrets destinés à faciliter l’installation des investisseurs.

Ces précisions deviennent importantes lorsque le discours passe de l’appel à l’initiative à la question de sa mise en œuvre. L’emploi ne dépend pas de la seule volonté d’entreprendre. La capacité à lancer un projet est aussi liée au financement, au foncier, aux autorisations, à la demande économique et aux compétences disponibles. La déclaration, à elle seule, ne permet pas de déterminer comment ces facteurs seraient traités à l’échelle locale.

« Le sérieux et la confiance » dans un discours politique électoral

Avant d’aborder le message adressé aux entrepreneurs, Lekjaa a présenté sa conception de l’action politique, qu’il associe au « sérieux et à la confiance », ainsi qu’au service des citoyens. Il a expliqué que son engagement politique répondait à la volonté de mettre son expérience gouvernementale et son expertise dans la gestion budgétaire au service du Maroc et des Marocains, selon les comptes rendus de la rencontre.

Le responsable politique a également relié les priorités de la période à la création d’emplois, à l’amélioration des services de santé et au renforcement des infrastructures. Il a appelé à s’éloigner des affrontements et des surenchères électorales, en faveur d’un débat consacré aux idées, aux programmes et aux solutions.

C’est dans ce cadre politique que le discours sur l’investissement a été prononcé. La rencontre ne constituait pas une activité économique indépendante de la campagne électorale : elle s’inscrivait dans le soutien au candidat du Parti authenticité et modernité, Fouad El Mouden, en prévision des élections législatives du 23 septembre 2026, selon les comptes rendus publiés.

Cette circonstance ne suffit pas à considérer chaque déclaration économique comme une promesse électorale mesurable, ni chaque appel à l’investissement comme une politique déjà structurée. Le calendrier de la rencontre et sa fonction électorale permettent toutefois de poser une question sur le rapport entre les messages adressés aux acteurs économiques et les engagements présentés aux électeurs.

Emploi et fiscalité : des conditions qui nécessitent une politique d’exécution

La déclaration de Lekjaa est claire dans l’ordre des responsabilités qu’elle énonce : l’État encourage l’initiative, tandis que l’investisseur respecte la loi, crée des emplois et paie ses impôts. Mais la mise en œuvre de cette conception soulève des questions pratiques que la formulation rapportée ne détaille pas.

Quels secteurs souhaite-t-on attirer à Tiznit ? Quels dispositifs d’accompagnement ou mécanismes d’incitation sont envisagés ? Comment garantir que les projets se traduisent par des emplois stables, plutôt que par des opportunités temporaires ? Et quelles mesures permettraient de réduire l’écart entre les besoins des entreprises en main-d’œuvre qualifiée et les attentes des jeunes à la recherche d’un emploi ?

Le discours disponible n’apporte pas de réponses détaillées à ces questions. Attribuer à cette déclaration une stratégie de développement complète reviendrait donc à dépasser ce que les éléments établissent. Ce qui est documenté, c’est l’appel à l’initiative, associé au respect de la loi, à l’emploi et au paiement des impôts, dans le contexte de son intervention sur l’économie de la ville.

Cette question renvoie également à la manière dont les relations entre l’administration et l’investisseur sont organisées. L’exigence de conformité fiscale ne se dissocie pas de la clarté des règles, de l’efficacité des services publics et de la simplification des procédures. Ces dimensions relèvent de politiques et de dispositifs susceptibles d’être évalués, et non du seul discours.

Que dit Lekjaa de l’action politique ?

Lekjaa s’est également arrêté sur la nature de l’engagement politique. Il a estimé que le responsable politique devait être au service des citoyens et a affirmé que son entrée dans le champ partisan ne répondait pas à la recherche d’un poste ou d’une fonction, selon les déclarations rapportées par les médias. Il a aussi exprimé sa préférence pour un débat fondé sur l’échange d’idées et de programmes, plutôt que sur les appels directs au vote et les surenchères électorales.

Ces déclarations proposent une définition de l’action politique fondée sur la confiance, le service, les programmes et la capacité à transformer les engagements en actes. Mais l’évaluation de la réalisation de ces principes ne peut être déduite des déclarations seules. Elle suppose un suivi des décisions, des politiques publiques et des résultats, ainsi qu’une comparaison entre les promesses annoncées et leur mise en œuvre, lorsque les données seront disponibles.

À Tiznit, le message économique a donc rencontré le discours politique. Un appel à libérer les initiatives, accompagné d’une exigence de respect de la loi, de création d’emplois et de paiement des impôts ; un discours sur le service aux citoyens, associé à des engagements concernant la santé, les infrastructures et l’emploi.

Les effets concrets de ces appels — en matière de projets, d’emplois ou de mesures précises — dépendront des programmes qui seront annoncés, des dispositifs qui seront adoptés et de ce qui pourra être mesuré sur le terrain.

Articles connexes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -spot_imgspot_imgspot_imgspot_img

Les plus lus