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44 médailles… mais le sport marocain ne se résume pas à 10 disciplines !

44 médailles, dont 16 en or, et une septième place pour le Maroc aux Jeux méditerranéens de Tarente. Un bilan qui mérite d’être salué, d’autant que l’athlétisme à lui seul a offert au Maroc sept médailles d’or, tandis que la boxe, le karaté, le taekwondo, le tennis et la gymnastique ont également contribué à enrichir le tableau des médailles.

Personne ne peut contester la valeur de cette performance, ni le droit des athlètes qui l’ont réalisée à être célébrés.

Mais lire ces résultats sous un seul angle risque de donner une image incomplète du sport marocain.

Les communiqués officiels peuvent facilement compter les médailles : 16 en or, 9 en argent et 19 en bronze, obtenues dans dix disciplines. Mais le journalisme sportif est censé aller un peu plus loin : regarder aussi ce qui ne figure pas dans le tableau.

Car les Jeux méditerranéens ne se limitent pas à dix disciplines, et le sport marocain ne se résume pas aux sports qui ont réussi à revenir de Tarente avec des médailles.

Le judo, par exemple, a obtenu une médaille d’argent, la lutte une médaille de bronze et le taekwondo trois médailles. D’autres disciplines, en revanche, sont restées loin du podium. La natation, qui fait pourtant partie des grandes disciplines olympiques, ne figure pas dans le bilan marocain dont on célèbre aujourd’hui les résultats.

Ce n’est pas une manière de minimiser la valeur de ceux qui ont gagné. C’est une tentative de comprendre la nature même de cette performance.

Car les 44 médailles ne signifient pas automatiquement que le système sportif marocain est devenu performant dans l’ensemble des disciplines. Elles signifient, plus précisément, que le Maroc a été performant dans un groupe déterminé de sports et que certaines fédérations ont réussi à produire des résultats solides dans cette compétition.

La nuance est importante.

Et c’est précisément la force du résultat qui rend la question plus légitime : pourquoi certaines disciplines parviennent-elles à produire des champions et des médailles, alors que d’autres n’arrivent pas à atteindre le même niveau ?

Il n’existe pas suffisamment d’éléments pour attribuer cette situation à une seule institution, ni pour réduire les absences au financement, à la gestion ou à la formation. Mais cela ne dispense pas pour autant les institutions chargées du sport marocain de poser la question et d’en assurer le suivi.

C’est précisément là que le rôle du Comité national olympique marocain devrait apparaître.

Le Comité n’est pas seulement un appareil de communication sportive, et sa mission ne devrait pas s’arrêter à la publication des résultats et à la célébration des champions. Sa fonction plus large consiste à regarder le sport national comme un système olympique composé de multiples disciplines, à identifier ses forces et ses faiblesses et à contribuer au développement des sports qui ne sont que rarement sous les projecteurs.

Les fédérations sportives sont concernées au même titre.

Une médaille ne commence pas à Tarente. Elle commence des années auparavant, dans les clubs, les catégories de jeunes, les compétitions nationales, la formation des entraîneurs, la détection des talents et les conditions d’entraînement et de compétition.

Lorsqu’un athlète ou une équipe ne monte pas sur le podium, il ne suffit donc pas de constater son absence. Il faut aussi chercher à savoir à quel moment le parcours s’est interrompu.

Quant à la Direction des sports, son rôle ne peut être réduit à l’application des textes, des lois et des procédures. L’administration est une composante du fonctionnement sportif, mais elle n’en constitue pas la finalité.

Si l’État investit dans le sport, il est en droit — et il a le devoir — de savoir ce que produit cet investissement, dans quelles disciplines, pour quelles raisons, et ce qui empêche d’autres sports d’obtenir des résultats comparables.

Le problème n’est donc pas que le Maroc ait remporté 44 médailles.

Le problème apparaîtrait seulement si nous considérions ce chiffre comme le verdict définitif sur l’état du sport marocain.

Même à l’intérieur de ce bilan, il y a matière à lecture. L’athlétisme demeure le principal moteur de l’or. Les sports de combat et plusieurs disciplines individuelles affichent une présence forte. Le tennis et la gymnastique apportent des résultats remarquables. Le judo et la lutte sont présents, même avec un bilan plus limité. Et, parallèlement, certaines disciplines restent absentes du tableau final.

C’est cette image d’ensemble qui devrait nous intéresser.

Il ne s’agit pas de chercher l’échec dans chaque réussite, ni de gâcher la célébration des athlètes par des interrogations institutionnelles. Il s’agit simplement de comprendre ce que ces médailles nous disent du sport qui les a produites.

Si dix disciplines sont capables de conduire le Maroc à la septième place, c’est une réussite sur laquelle il faut construire.

Mais si le sport marocain compte des dizaines de disciplines, le succès de dix d’entre elles ne devrait pas devenir une raison de ne pas interroger le sort des autres.

Le meilleur hommage aux 16 médailles d’or consiste peut-être à ne pas se contenter de les compter.

Il faut aussi comprendre pourquoi elles viennent précisément de ces disciplines, comment consolider leurs performances et comment permettre à d’autres sports d’intégrer le tableau lors de la prochaine édition.

Car la septième place est un résultat.

La force du sport marocain, elle, est quelque chose de plus vaste qu’un classement, plus large que 44 médailles, et beaucoup plus difficile à résumer dans une simple photo collective devant un podium.

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