mercredi, octobre 28, 2026
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Casablanca : qui protège le patrimoine lorsque l’immobilier croise les réseaux d’influence ? Et qui protège les fonctionnaires lorsqu’on fait pression sur leur signature ?

Dans une publication qui interpelle, le journaliste Mustapha El Fenn, auteur de l’idée et source des propos et accusations rapportés dans cette analyse, soulève une question qui dépasse le sort d’un immeuble situé au cœur de Casablanca : les institutions sont-elles en mesure de protéger le patrimoine et les droits des habitants lorsque des intérêts immobiliers croisent des influences politiques et administratives ?

Le fond de son interpellation porte sur le risque de voir des décisions relatives à la sécurité des bâtiments servir des intérêts immobiliers, au détriment des habitants, avec, selon ses affirmations, des pressions exercées sur de jeunes fonctionnaires, des soupçons de collusion et des enjeux financiers considérables. De telles accusations exigent des vérifications rigoureuses et une enquête impartiale. Elles ne sauraient être considérées comme des faits judiciairement établis sans preuves.

La réflexion de Mustapha El Fenn renvoie également à une interrogation persistante sur Casablanca : que reste-t-il des attentes suscitées par le discours royal qui avait placé la responsabilité et la reddition des comptes au centre des préoccupations ? Les autorités territoriales, les élus et les services administratifs peuvent-ils démontrer que la loi prime sur les intérêts particuliers et que la protection du patrimoine constitue une véritable obligation institutionnelle, indépendante des calculs immobiliers et électoraux ?

Son message interpelle directement le ministère de l’Intérieur, le wali de la région de Casablanca-Settat, le Conseil de la ville et les services chargés du patrimoine culturel. Qui contrôle la régularité des procédures ? Qui vérifie les rapports et les expertises techniques justifiant l’évacuation ou la démolition d’un immeuble ? Et surtout, quelles garanties protègent le fonctionnaire qui refuse de signer une décision qu’il estime contraire à la loi ?

Car un agent public soumis à des pressions ne peut être protégé par de simples discours sur l’intégrité. Il a besoin de garanties concrètes assurant son indépendance, la sécurité de sa position et la protection de sa responsabilité juridique.

La question stratégique dépasse donc largement le sort d’un seul immeuble : le Maroc veut-il une dynamique immobilière créatrice de richesse, respectueuse de la loi, de la mémoire urbaine et des droits des habitants, ou risque-t-il de voir le pouvoir administratif devenir, dans certains cas, un instrument au service d’intérêts privés ?

Les accusations formulées par Mustapha El Fenn, notamment celles relatives à l’existence d’un réseau d’influence et à la circulation de sommes importantes, doivent être confrontées aux preuves, faire l’objet de vérifications indépendantes et respecter le droit de réponse des personnes concernées. Mais la gravité des questions soulevées impose que le dossier ne se perde pas dans les controverses politiques.

L’enjeu est clair : établir les faits, protéger les habitants et les fonctionnaires, vérifier les expertises et les décisions administratives, puis déterminer les responsabilités si des irrégularités sont établies.

Tout le mérite revient au journaliste Mustapha El Fenn, auteur de cette réflexion et de cette interpellation, qui ramène le débat à l’essentiel : à Casablanca, la reddition des comptes est-elle un principe institutionnel applicable à tous, ou certains dossiers restent-ils en suspens lorsque les intérêts et les réseaux d’influence s’entrecroisent ?

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