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Rabat ouvre la session d’octobre sur l’habitat, la culture et la coopération africaine… le véritable test financier est reporté au 21 octobre

La première séance de la session ordinaire d’octobre du Conseil communal de Rabat, présidée mercredi 7 octobre par Fatiha El Moudni, n’était pas consacrée au budget de la ville, alors même que celui-ci constituera le point le plus lourd de la deuxième séance prévue le 21 octobre. La première réunion a surtout permis au Conseil d’avancer sur une série de dossiers permettant à la commune de poursuivre certains engagements et partenariats, avant d’aborder le document qui donnera une lecture beaucoup plus précise de la manière dont Rabat entend affecter ses ressources en 2027.

La séance s’est tenue en présence des membres du Bureau et des conseillers communaux, ainsi que du Pacha représentant le Wali de la région Rabat-Salé-Kénitra, Gouverneur de la préfecture de Rabat, du directeur général des services, des chefs de divisions et services communaux et de plusieurs cadres de la Wilaya. Après présentation des rapports des commissions permanentes, les élus ont examiné les différents points inscrits à l’ordre du jour. Tous les points soumis au vote ont finalement été approuvés.

Mais la portée de cette approbation ne tient pas seulement au nombre de dossiers adoptés. Elle tient surtout à leur nature.

Parmi eux figurait l’avenant n°1 à la convention de partenariat consacrée au traitement des bâtiments menaçant ruine. C’est un dossier qui touche directement à l’un des aspects les plus sensibles de la gestion urbaine : la sécurité des constructions et l’intervention sur un tissu bâti déjà existant. La commune est par ailleurs engagée dans différents dossiers liés au foncier et à l’aménagement, notamment dans certaines procédures d’expropriation pour cause d’utilité publique. Cela montre que la gestion de la capitale ne passe pas uniquement par la réalisation de nouveaux projets, mais aussi par le traitement de situations accumulées au sein du tissu urbain.

Sur le volet culturel, le Centre culturel Mehdi Ben Barka apparaît à travers une convention spécifique relative à sa gestion. Le dossier peut sembler institutionnel dans sa formulation, mais il renvoie à une question plus large : la place accordée à la culture dans la gestion de la capitale. Rabat n’est pas seulement une ville administrative. Elle est également portée, depuis plusieurs années, par une politique qui associe son développement urbain à une vocation culturelle, notamment à travers le programme « Rabat, Ville Lumière, Capitale Marocaine de la Culture » et plusieurs projets concernant les espaces culturels et ceux destinés à la jeunesse.

Puis une autre dimension apparaît dans l’ordre du jour, moins directement liée à la gestion quotidienne des quartiers et davantage à la place de Rabat dans les réseaux de coopération entre villes africaines.

Le Conseil a ainsi examiné des conventions portant sur le financement, l’ouverture de comptes spéciaux et les programmes d’utilisation liés à la coopération internationale décentralisée, dans le cadre de partenariats avec plusieurs collectivités africaines à travers le Fonds africain d’appui à la coopération décentralisée des collectivités territoriales. Ce dispositif, mis en place par le ministère de l’Intérieur à travers la Direction générale des collectivités territoriales, ne repose pas uniquement sur le principe symbolique du jumelage. Il associe la coopération entre collectivités à des programmes et projets liés au développement local, au renforcement des capacités, à l’amélioration des services et au partage d’expertise.

Ce point permet de comprendre une partie de ce que Rabat cherche à faire au-delà de ses limites administratives. Dans la logique de ce Fonds, la collectivité marocaine devient un partenaire autour duquel peuvent être construits des projets concrets avec une collectivité africaine, avec des financements, un accompagnement technique et un transfert d’expérience. La coopération décentralisée prend ainsi une dimension opérationnelle qui dépasse les visites officielles et les échanges protocolaires.

Cette orientation intervient alors que la présence extérieure de la présidente du Conseil communal de Rabat s’est également renforcée. Fatiha El Moudni a été réélue en juin 2026 à la présidence de Metropolis pour le mandat 2027-2029, réseau international de grandes villes et de gouvernements métropolitains dont les travaux portent notamment sur la gouvernance urbaine, la résilience, la durabilité et la planification des grandes villes.

Mais ces dossiers restent d’une nature différente de celui qui attend le Conseil lors de la prochaine séance.

Le 21 octobre, les élus devront se prononcer sur le projet de budget de la commune pour 2027, ainsi que sur l’annulation et la programmation des crédits. Le débat changera alors de nature. Il ne s’agira plus seulement d’examiner des conventions ou des programmes déterminés, mais de regarder comment les ressources de la commune seront effectivement réparties.

Certains éléments du débat budgétaire sont déjà apparus à travers les données publiées sur le projet. Selon des informations rendues publiques le 7 octobre, le crédit consacré aux carburants et lubrifiants passerait de 3,7 millions de dirhams en 2026 à 3,9 millions dans le projet 2027, tandis que d’autres crédits sont prévus pour l’entretien et la réparation des véhicules et engins, les pièces de rechange, les pneumatiques, l’assistance qui leur est liée ainsi que la taxe spéciale sur les véhicules.

Ces chiffres, pris isolément, ne permettent évidemment pas de porter un jugement sur l’ensemble du projet de budget. La progression d’une ligne budgétaire ne suffit pas à déterminer l’orientation générale des dépenses. Elle place néanmoins une partie du débat devant les conseillers : quelle part ira au fonctionnement, quelle part restera consacrée à l’investissement, et quels projets la commune considérera comme prioritaires lorsqu’il faudra transformer les programmes annoncés en crédits réellement mobilisables ?

L’exercice précédent avait déjà montré l’étendue des domaines couverts par la session d’octobre. En 2025, les débats avaient notamment porté sur le transport urbain, le traitement des bâtiments menaçant ruine, les abattoirs, l’aménagement des façades, la coopération avec Mogadiscio, le Jardin d’Essais Botaniques, les espaces dédiés à la jeunesse ou encore la redynamisation de la zone industrielle Takaddoum, avant l’adoption du budget 2026 et l’annulation puis la reprogrammation de certains crédits.

La séance du 7 octobre ne donne donc pas, à elle seule, une image complète de la trajectoire du Conseil communal de Rabat. L’adoption des conventions permet au Conseil de poursuivre plusieurs engagements et programmes déjà inscrits dans son agenda. Mais le budget 2027 montrera autre chose : non seulement ce que la commune souhaite réaliser, mais aussi ce qu’elle est réellement en mesure de financer, ce qu’elle choisira de maintenir et ce qu’elle pourrait reporter ou reprogrammer.

Cette partie de la session d’octobre reste encore à venir.

La première séance s’est achevée par l’adoption de l’ensemble des points soumis au Conseil. La deuxième, le 21 octobre, placera cette fois les chiffres au centre du débat. C’est à ce moment que les priorités de Rabat pour 2027 devront passer du langage des conventions et des programmes à celui des crédits, des arbitrages et des choix budgétaires.

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