Une seule rencontre a réuni, lundi matin, Fatima Zahra Mansouri et Mohamed Nabil Benabdallah. Pourtant, elle a suffi à faire entrer les consultations pour la formation du prochain gouvernement dans une phase plus lisible. Le Parti du progrès et du socialisme, dirigé par Benabdallah, doit en effet réunir mardi sa commission centrale en session extraordinaire, appelée à examiner le bilan des consultations et à se prononcer sur une éventuelle participation au gouvernement.
L’information essentielle n’est donc pas le nombre de rencontres tenues par Mansouri, mais le fait que le PPS se trouve désormais devant une décision institutionnelle imminente, après que les échanges avec Benabdallah sont passés du contact politique à une étape où leurs résultats doivent être soumis à la plus haute instance décisionnelle du parti.
Selon une source dirigeante du Parti authenticité et modernité, Mansouri a eu lundi matin une seule rencontre avec Benabdallah. Les consultations doivent se poursuivre avec d’autres formations, selon ce que décideront Mansouri et la commission chargée par le bureau politique de piloter ce processus. La même source évoque une orientation vers un nouveau gouvernement politique, dans lequel les trois formations de la Koutla nationale — l’Istiqlal, le PPS et l’Union socialiste des forces populaires — constitueraient un élément central de la future majorité.
Mais la configuration de cette majorité n’est pas encore officiellement arrêtée.
La présence de la Koutla dans les calculs ne signifie donc pas que sa composition constituera nécessairement, à elle seule, la majorité finale. Les données qui circulent laissent ouverte la possibilité d’un élargissement à l’Union constitutionnelle ou au Mouvement populaire, tandis que la position du Rassemblement national des indépendants demeure plus complexe, plusieurs formations affichant leur opposition à sa participation, parmi lesquelles le PPS.
C’est précisément là que les consultations actuelles dépassent la simple addition des sièges. Mansouri doit construire une majorité capable de réunir les chiffres nécessaires, mais elle évolue aussi dans un paysage partisan où certaines formations ont déjà des positions arrêtées les unes vis-à-vis des autres. Chaque parti ajouté à la future coalition ne représente donc pas seulement des sièges supplémentaires. Il modifie aussi les équilibres politiques à l’intérieur même de la majorité.
Le PPS, de son côté, ne donne pas l’impression de considérer sa participation comme acquise. Un membre de son bureau politique a indiqué que le contenu de la rencontre entre Mansouri et Benabdallah servira de base aux discussions de la commission centrale. Il a également rappelé que toute coordination autour de la coalition gouvernementale tiendra compte du parcours du parti et de son expérience, aussi bien dans la majorité que dans l’opposition, afin qu’il puisse jouer un rôle actif, qu’il choisisse finalement de participer au gouvernement ou de rejoindre l’opposition.
La formulation est importante parce qu’elle laisse ouvertes les deux options et ne présente pas la participation gouvernementale comme une conclusion automatique. Selon les éléments disponibles, la décision doit désormais revenir à l’instance partisane qui examinera le bilan des consultations avant de prendre position.
Du côté du PAM, une évaluation de l’étape actuelle se prépare également. La commission désignée par le bureau politique pour conduire les consultations doit se réunir lundi soir afin d’examiner le bilan de la rencontre avec Benabdallah. Une autre source estime que Mansouri dispose désormais d’une vision relativement claire de la configuration finale du gouvernement. Mais elle souligne également que la validation de cette formule et sa communication au Roi Mohammed VI, avant toute annonce officielle, constitueront l’étape décisive.
Cette précision permet surtout de maintenir une distinction entre la « carte préliminaire » et le gouvernement qui sera effectivement annoncé. Même si les négociations entre les partis aboutissent à une formule déterminée, l’annonce finale devra intervenir au terme du processus politique et constitutionnel lié à la formation du gouvernement.
À ce stade, le scénario semble davantage s’orienter vers une majorité construite autour d’un noyau partisan identifiable, avec la possibilité de l’élargir en fonction des équilibres finaux. La Koutla nationale apparaît au centre de ces calculs, tandis que la présence d’autres formations dépendra des négociations et de la capacité de la formule retenue à réunir à la fois majorité numérique et compatibilité politique.
Le cas du Rassemblement national des indépendants reste, lui, plus sensible que celui des autres formations citées. La question ne consiste pas uniquement à savoir si Mansouri lui proposera de participer, mais aussi à déterminer si la future majorité pourra absorber les objections de partis qui considèrent son entrée dans la coalition comme inacceptable.
Alors que Mansouri entame la deuxième phase des consultations, après avoir reçu samedi dernier le mandat de son Conseil national pour conduire les négociations et préparer la prochaine étape politique, la décision commence progressivement à se déplacer de la table des rencontres bilatérales vers les instances dirigeantes des partis.
Mardi, la position de la commission centrale du PPS constituera un premier test pour savoir si le noyau de majorité qui se dessine autour de la Koutla peut se transformer en accord politique concret. Les décisions qui suivront permettront ensuite de mesurer le rôle des autres formations envisagées et de déterminer si l’élargissement de la majorité répond à un choix politique ou à une nécessité arithmétique.
Pour l’instant, il existe une carte préliminaire, pas encore un gouvernement définitif. La différence entre les deux se jouera dans les décisions que prendront les instances partisanes et dans la formule que Mansouri finira par arrêter avant qu’elle ne soit soumise au Roi.


