L’opération de sécurité qui s’est soldée lundi 7 septembre à Imzouren par la mort du gardien de la paix Hamza Zaâm n’avait rien d’une simple intervention de routine visant à interpeller une personne recherchée.
Selon les premières données de l’enquête, rapportées par une source sécuritaire et relayées par l’Agence Maghreb Arabe Presse, le suspect, âgé de 25 ans, faisait l’objet de 20 mandats de recherche à l’échelle nationale dans des affaires et dossiers qualifiés de graves. Une unité de la Gendarmerie royale est intervenue dans la région d’Imzouren pour procéder à son arrestation, avant d’être appuyée par des éléments de la Brigade de lutte contre les bandes criminelles relevant de la sûreté régionale d’Al Hoceïma.
Puis, la situation a basculé.
D’après la version sécuritaire préliminaire, le suspect aurait opposé une résistance violente lors de la tentative d’interpellation, avant d’utiliser un fusil de chasse et d’ouvrir le feu en direction des éléments de la Sûreté nationale et de la Gendarmerie royale. Le gardien de la paix Hamza Zaâm a été atteint par balle. Un technicien chargé de l’ouverture des portes a également été blessé.
Le policier a été évacué vers l’hôpital, mais il a succombé à ses blessures pendant son transfert.
تنعي المديرية العامة للأمن الوطني شهيد الواجب حارس الأمن حمزة الزعام، الذي وافته المنية نتيجة اعتداء إجرامي غاشم خلال مشاركته في تدخل أمني بمدينة إمزورن.
وتكريما لروحه الطاهرة، قرر المدير العام للأمن الوطني ولمراقبة التراب الوطني منحه ترقية استثنائية، اعترافاً بتضحيته الجسيمة… pic.twitter.com/s4W6fjOtyb— DGSN MAROC (@DGSN_MAROC) September 7, 2026
L’affaire ne se résume donc pas à la présence, à Imzouren, d’une personne faisant l’objet de recherches. Elle montre surtout jusqu’où peut dégénérer une opération d’interpellation lorsque la résistance passe de la tentative de fuite ou d’opposition à l’usage d’une arme à feu contre les forces de l’ordre.
Dans les éléments rendus publics, un chiffre suffit à mesurer le niveau de dangerosité de l’opération : vingt mandats de recherche au niveau national.
Mais ce chiffre ne signifie pas, à lui seul, que la personne est juridiquement reconnue coupable de l’ensemble des faits ayant donné lieu à ces mandats. La procédure en est encore au stade de l’enquête, et le suspect demeure présumé innocent jusqu’à ce que la justice se prononce. Ce qui est établi à ce stade, c’est qu’il faisait l’objet de ces mandats et que son interpellation a débouché sur une confrontation armée.
Les données sécuritaires indiquent que les dossiers pour lesquels il était recherché concernent notamment des affaires liées aux stupéfiants, à la tentative de meurtre avec préméditation, à la constitution d’une bande criminelle, à la séquestration et aux violences.
L’enquête judiciaire devra également déterminer s’il existait des liens réels entre le suspect et d’éventuels réseaux de trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes, ainsi que la nature exacte de ces éventuelles connexions.
Cette précision compte, car certaines premières formulations de l’affaire ont réduit les événements à une « confrontation entre la police et une bande de trafiquants de drogue ». Les éléments officiels disponibles sont plus prudents. Ils évoquent un suspect recherché dans plusieurs affaires et la possibilité de liens criminels qui doivent encore être vérifiés. Ils ne présentent pas, à ce stade, l’enquête comme une vérité définitivement établie.
Sur le terrain, en revanche, la chronologie disponible est plus claire.
Les éléments de la Brigade de lutte contre les bandes criminelles d’Al Hoceïma apportaient leur concours à la Gendarmerie royale dans l’opération d’interpellation. Le suspect a utilisé un fusil de chasse et atteint le gardien de la paix Hamza Zaâm ainsi qu’un technicien participant à l’ouverture d’une porte. Le suspect a finalement été maîtrisé et interpellé.
La suite de l’affaire s’est alors déplacée du terrain sécuritaire vers le judiciaire.
Le parquet compétent a ordonné que le suspect soit soumis à une enquête afin d’établir les circonstances précises des faits, de déterminer la nature des actes qui lui sont reprochés et de vérifier d’éventuelles ramifications dans le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes ainsi que dans la criminalité violente.
Le même jour, le directeur général de la Sûreté nationale et de la Surveillance du territoire a décidé d’accorder à titre exceptionnel une promotion posthume à Hamza Zaâm.
L’affaire d’Imzouren comporte désormais deux trajectoires parallèles : une trajectoire sécuritaire, qui s’est achevée par la mort d’un membre de la Brigade de lutte contre les bandes criminelles alors qu’il accomplissait sa mission, et une trajectoire judiciaire qui est encore en cours.
C’est cette dernière qui devra déterminer si la personne interpellée agissait seule ou si les vingt mandats de recherche s’inscrivent dans une organisation plus large, et quelle est exactement la nature des faits qui pourront éventuellement être retenus par la justice.
Le fait divers, à lui seul, ne permet pas encore de répondre à ces questions.
Ce qui est établi, c’est qu’un policier a perdu la vie lors d’une opération visant une personne recherchée dans des affaires graves. Une arme à feu a été utilisée contre les forces de l’ordre. Le suspect a été interpellé et se trouve désormais entre les mains de la justice.
Le reste — l’ampleur d’un éventuel réseau, ses ramifications et ses responsabilités — relève précisément des investigations qui doivent encore être menées, et non des certitudes que les titres pourraient annoncer avant elles.


