samedi, septembre 5, 2026
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La candidature de Lakhssem a-t-elle été rejetée avant que son « divorce » avec Ouazine ne soit consommé ?.. De la « Gerbe » à la « Palme », le dossier arrive aux portes des élections

De la « Gerbe » à la « Palme » : le divorce entre Lakhssem et Ouazine arrive à l’épreuve de la candidature

Le différend entre Mustapha Lakhssem et Mohamed Ouazine ne se résume désormais plus à une simple question d’investiture électorale.

L’histoire avait pourtant commencé par une situation qui pouvait sembler relativement simple : le président de la commune d’Imouzzer Kandar souhaitait se présenter aux élections législatives sous les couleurs du parti qui l’avait porté à la tête de la commune. Le Mouvement populaire ne lui accorde finalement pas l’investiture. Mais ce qui a suivi a progressivement déplacé le dossier : d’un désaccord interne au parti, il est devenu un conflit autour de l’appartenance politique, puis une affaire judiciaire, avant que Lakhssem ne se retrouve candidat sous les couleurs d’une autre formation, le Mouvement démocratique et social, avec le symbole de la « Palme ».

Et aujourd’hui, alors que circulent des informations faisant état d’un problème concernant l’acceptation de sa liste électorale, la question initiale revient sous une autre forme : le « divorce » entre Lakhssem et le Mouvement populaire a-t-il été juridiquement consommé de manière à lui permettre de rejoindre un autre parti, ou le divorce politique a-t-il précédé la régularisation de sa situation juridique ?

À ce stade, les sources ouvertes consultées ne permettent pas d’établir l’existence d’une décision officielle publiée confirmant le rejet définitif de la liste conduite par Lakhssem au nom du Mouvement démocratique et social.

Il est donc plus rigoureux de parler d’un problème concernant l’acceptation ou la régularisation de sa candidature, plutôt que d’un rejet définitif tant que le document officiel n’est pas disponible.

Mais la trajectoire du conflit, elle, est suffisamment documentée.

En avril, Mustapha Lakhssem annonçait publiquement vouloir mettre fin à sa relation avec le Mouvement populaire. Il demandait même à son secrétaire général, Mohamed Ouazine, de prendre la décision de l’exclure et de le radier du parti, après l’absence de décision concernant son investiture pour les élections législatives.

Lakhssem expliquait alors qu’il ne se considérait plus, de son côté, comme membre du parti et qu’il souhaitait conserver la possibilité de se présenter sous une autre couleur politique ou comme candidat indépendant.

C’était le premier signe public que la relation politique ayant conduit Lakhssem à la tête d’Imouzzer Kandar était arrivée à un point de rupture.

Ouazine est ensuite intervenu de manière plus directe.

Le secrétaire général du Mouvement populaire a contesté l’idée selon laquelle le parti aurait simplement renoncé à une promesse faite à Lakhssem. Selon les déclarations rapportées par plusieurs médias, la question de son investiture était liée, du point de vue de la direction du parti, à sa situation judiciaire et aux procédures dont il faisait l’objet.

Autrement dit, le refus d’investiture ne se présentait plus seulement comme une décision politique.

Il était désormais accompagné d’un argument juridique.

Lakhssem, de son côté, considérait que le problème dépassait la question juridique et relevait également d’une décision politique prise à son encontre.

Puis le conflit a changé de terrain.

Ouazine a annoncé son intention de saisir la justice à la suite de déclarations de Lakhssem qu’il considérait comme portant atteinte à sa personne et à sa réputation. Le 2 juin, le tribunal de première instance de Rabat a convoqué Lakhssem dans le cadre de cette plainte directe, avec une audience fixée au 7 juillet, selon des informations publiées par la presse.

Le conflit entre les deux hommes s’est alors développé sur deux lignes parallèles : une ligne électorale autour de l’investiture, et une ligne judiciaire autour des déclarations et accusations échangées.

Pendant ce temps, la situation de Lakhssem au sein de la commune d’Imouzzer Kandar connaissait elle aussi des évolutions importantes.

Le 22 juin, le tribunal administratif de première instance de Fès a prononcé la déchéance de six conseillers du conseil communal, dont trois vice-présidents, dans des affaires liées à des votes considérés comme contraires aux orientations de leurs formations politiques.

Le jugement ne concernait pas Lakhssem lui-même. Cette précision est essentielle.

Mais il intervenait dans le même conseil communal que celui présidé par Lakhssem et rappelait, dans les faits, que les relations entre un élu et la formation politique sous laquelle il a été élu peuvent produire des conséquences juridiques.

Quelques jours plus tard, le 24 juin, Lakhssem annonçait qu’il comptait se présenter comme indépendant aux élections législatives. Il évoquait même la possibilité de créer un nouveau parti politique.

Cette perspective ne durera pas longtemps.

Le 6 août, Lakhssem annonçait son adhésion au Mouvement démocratique et social et son choix de se présenter aux élections législatives dans la circonscription de Sefrou sous le symbole de la « Palme ».

Selon son propre récit, il avait envisagé la candidature indépendante, mais plusieurs partis avaient pris contact avec lui. Sa rencontre avec Abdessamad Archane aurait finalement conduit à son choix du Mouvement démocratique et social.

Politiquement, la trajectoire était alors lisible : la « Gerbe » n’était plus le choix de Lakhssem ; la « Palme » devenait son nouveau véhicule électoral.

Juridiquement, en revanche, une question restait ouverte.

Lakhssem n’était pas un simple adhérent.

Il est président d’une commune, élu sous les couleurs du Mouvement populaire. Son passage vers une autre formation politique pose donc une question différente de celle d’un citoyen qui change librement de parti.

C’est précisément sur ce terrain que le Mouvement populaire a commencé à se positionner.

Après l’annonce du passage de Lakhssem au Mouvement démocratique et social, une source du parti citée par le quotidien Adyare indiquait que le Mouvement populaire envisageait de saisir le tribunal administratif afin de demander la déchéance de Lakhssem de son mandat au conseil communal d’Imouzzer Kandar, avec les conséquences qui pourraient en découler sur sa présidence.

La référence avancée était notamment l’article 20 de la loi organique relative aux partis politiques.

La même source indiquait que le parti attendait que Lakhssem finalise les procédures liées à sa candidature officielle sous les couleurs du Mouvement démocratique et social avant d’engager cette procédure.

Cette information change la lecture du dossier.

La question n’est plus seulement : pourquoi Ouazine n’a-t-il pas accordé l’investiture à Lakhssem ?

Elle devient : que se passe-t-il lorsqu’un élu change de formation politique alors qu’il exerce toujours un mandat obtenu sous les couleurs de son ancien parti ?

Le droit électoral marocain ne traite pas nécessairement cette situation comme un simple changement d’étiquette politique.

L’article 20 de la loi organique n° 29.11 a notamment servi de fondement à des procédures visant des élus accusés d’avoir abandonné leur appartenance politique ou d’avoir contrevenu aux obligations qui en découlent.

Le jugement rendu en juin à propos de plusieurs élus d’Imouzzer Kandar montre également que le contentieux administratif peut avoir des conséquences directes sur les mandats électifs.

Mais il faut éviter une conclusion que les textes ne permettent pas, à eux seuls, d’établir.

La disposition relative à l’abandon de l’appartenance politique ne signifie pas automatiquement que tout élu qui quitte son parti est interdit de se présenter aux élections législatives sous les couleurs d’un autre parti.

La perte éventuelle d’un mandat communal et les conditions d’éligibilité à une nouvelle élection sont deux questions juridiquement distinctes.

C’est précisément ce qui rend le dossier Lakhssem plus complexe que le simple affrontement entre la « Gerbe » et la « Palme ».

Le Mouvement démocratique et social l’a effectivement investi.

À la fin du mois d’août, plusieurs médias continuaient de présenter Lakhssem comme tête de liste de la « Palme » dans la province de Sefrou.

Puis sont apparues des informations faisant état d’un problème concernant l’acceptation de sa candidature en raison de sa situation antérieure avec le Mouvement populaire.

Si un rejet officiel de la liste devait être confirmé, la question suivante serait déterminante : sur quel fondement précis la décision aurait-elle été prise ?

S’agirait-il d’une question d’appartenance politique ?

D’une incompatibilité liée à son mandat communal ?

D’un problème dans les documents déposés ?

Ou simplement d’une irrégularité procédurale susceptible d’être corrigée avant l’expiration des délais ?

Ce ne sont pas les mêmes choses.

Et les réunir sous une seule explication sans disposer de la décision administrative reviendrait à aller plus vite que les faits.

Le conflit personnel entre Lakhssem et Ouazine, lui, avait commencé bien avant cette nouvelle étape.

En mai, une instance interne au Mouvement populaire avait critiqué les déclarations de Lakhssem à l’égard de Ouazine, considérant que le différend révélait une tension politique au sein du parti.

Dans le même temps, Ouazine annonçait son intention de saisir la justice, tandis qu’il défendait la position de son parti sur la non-investiture de Lakhssem en invoquant notamment sa situation judiciaire.

Puis le Mouvement populaire a présenté Mohamed Bousta comme son candidat dans la circonscription de Sefrou.

Le choix était devenu difficilement réversible.

Le problème n’était plus de savoir si Lakhssem retournerait au Mouvement populaire.

Il fallait désormais savoir sous quelle bannière il continuerait son parcours politique.

Il a choisi la « Palme ».

Mais ce changement de couleur n’a pas nécessairement effacé les conséquences de la période précédente.

C’est là que le dossier prend une dimension plus institutionnelle.

Trois niveaux se croisent désormais : le conflit politique avec la direction du Mouvement populaire, le contentieux judiciaire entre Lakhssem et Ouazine, et la situation juridique d’un élu local qui cherche à participer aux élections législatives sous les couleurs d’une autre formation.

Rien, dans les éléments publiquement vérifiables à ce stade, ne permet d’affirmer que Mohamed Ouazine aurait personnellement décidé du rejet de la liste du Mouvement démocratique et social.

Rien ne permet non plus d’établir que l’éventuel rejet serait directement la conséquence de leur conflit personnel.

Pour établir un tel lien, il faudrait disposer d’une décision officielle, d’un document administratif ou d’une déclaration explicite de l’autorité compétente.

Ce qui est établi, en revanche, c’est que Ouazine a été un acteur central du processus ayant conduit au refus d’investiture de Lakhssem, que les deux hommes ont ensuite engagé une confrontation judiciaire, et que Lakhssem a quitté politiquement le Mouvement populaire pour rejoindre le Mouvement démocratique et social.

Ce qui reste à établir, c’est si ce divorce politique a été entièrement régularisé sur le plan juridique avant d’arriver devant l’administration chargée de recevoir les candidatures.

C’est peut-être là que se trouve aujourd’hui la véritable ligne de tension du dossier.

Pas simplement dans le passage de la « Gerbe » à la « Palme », mais dans l’écart éventuel entre l’appartenance politique proclamée et la situation juridique que les documents doivent établir.

Et pour l’instant, cette dernière question appartient encore aux pièces du dossier.

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