À quelques semaines des élections du 23 septembre, Mohamed Houar, député de Oujda et membre du Conseil national du Rassemblement national des indépendants (RNI), rejoint le Parti authenticité et modernité (PAM).
L’information a d’abord commencé par une lettre de démission.
Dans un document daté du 2 septembre 2026, Houar a informé le président du RNI de sa décision de quitter le parti, l’ensemble de ses structures centrales et locales ainsi que ses organisations parallèles. Il annonce également son retrait des responsabilités électives qu’il exerce sous l’étiquette du parti, en se référant aux dispositions de la loi organique n° 29.11 relative aux partis politiques, notamment à son article 22.
Puis est venue la dimension politique de la démarche : l’annonce de son adhésion au PAM.
Houar n’est pas un simple militant dans cette opération. Il est député et membre du Conseil national du RNI. Son départ, compte tenu surtout de son calendrier, dépasse donc le simple changement d’étiquette politique. Il s’agit d’un élu qui quitte le parti sous lequel il s’était présenté pour rejoindre une autre formation à quelques semaines d’une échéance électorale précise.
La lettre de démission, à elle seule, ne fournit toutefois aucune explication sur les raisons de cette décision. Il serait donc difficile d’affirmer qu’il s’agit d’un désaccord interne, d’un calcul électoral local ou d’un choix politique plus large. Ce qui est établi, c’est le départ et son calendrier.
C’est précisément ce calendrier qui donne à cette décision sa portée politique.
Houar rejoint le PAM alors que, ces dernières semaines, plusieurs autres noms issus du RNI ont également fait le chemin vers le Parti authenticité et modernité. Ces éléments ne suffisent pas, à eux seuls, pour parler d’un changement des rapports de force entre les deux partis à l’échelle nationale. Ils placent néanmoins le transfert d’un député comme Houar dans une série qui mérite d’être suivie, notamment dans les villes et les circonscriptions appelées à être au cœur de la compétition électorale.
À Oujda, la question relève davantage de la géographie politique locale que des slogans nationaux. Une élection ne se joue pas uniquement à travers les programmes définis par les directions centrales des partis. Elle se joue aussi avec des candidats disposant d’une implantation électorale, de réseaux relationnels et d’une expérience acquise au sein des institutions élues.
Pour autant, le départ d’un député avant une élection ne signifie pas automatiquement que ses voix le suivent. Une telle conclusion ne peut être établie à partir d’une démission. Mais lorsqu’un élu ayant fait partie de l’appareil organisationnel et politique du RNI rejoint un concurrent direct, cela modifie au moins la configuration de la bataille dans la circonscription à laquelle il appartient.
Et cette fois, c’est le PAM qui en tire directement bénéfice.
Ces dernières semaines, le parti est devenu une destination pour plusieurs personnalités venues du RNI, selon les informations qui circulent autour de ces transferts. Mais l’ampleur du phénomène et son impact réel sur la carte électorale nécessitent davantage qu’un simple décompte des noms. Tous les transferts politiques n’ont pas le même poids, et tout élu qui quitte un parti ne conserve pas nécessairement la force électorale qu’il y avait accumulée.
Dans le cas de Houar, ce que l’on peut établir est plus précis : le PAM a réussi à attirer un député qui était encore récemment membre du Conseil national du RNI, à un moment particulièrement sensible de la préparation des prochaines échéances électorales.
Quant à ce que ce transfert représentera dans les urnes, ce sont les électeurs, et non les communiqués de démission, qui en décideront.
Pour le RNI, cette décision intervient dans un contexte différent. Le parti, qui aborde la séquence électorale avec un réseau d’élus et de figures locales, perd à Oujda l’un de ses députés, lequel rejoint désormais une formation engagée dans la même compétition électorale.
Les éléments disponibles ne permettent pas, à ce stade, d’affirmer que ce départ traduit une crise organisationnelle au sein du RNI ou une vaste campagne de recrutement menée par le PAM. Mais si les transferts devaient se poursuivre, la question dépasserait progressivement le cas individuel.
S’agit-il d’un repositionnement politique ordinaire à l’approche des élections, ou les partis sont-ils réellement en train de redessiner leurs positions en attirant des personnalités ayant déjà construit leur présence au sein de formations concurrentes ?
Dans le cas de Mohamed Houar, un fait demeure clairement établi : il a démissionné du RNI le 2 septembre et rejoint le PAM à quelques semaines des élections du 23 septembre.
La suite dira si cette décision restera un transfert politique parmi d’autres, ou si elle apparaîtra plus tard comme l’un des signes d’une carte électorale qui commençait déjà à se recomposer avant même l’ouverture des bureaux de vote.



