jeudi, octobre 8, 2026
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El Mahajri lit les consultations de Mansouri : l’exclusion du RNI est-elle devenue une option politique au sein du PAM ?

Hicham El Mahajri revient dans le débat sur la formation du prochain gouvernement par la porte ouverte lors de la réunion du Conseil national du Parti authenticité et modernité (PAM) à Skhirat : la position du parti à l’égard du Rassemblement national des indépendants (RNI).

Dans une déclaration à Hespress, le dirigeant du bureau politique du PAM estime que les contours presque définitifs de la prochaine coalition gouvernementale, si l’exclusion du RNI se confirme, correspondent à l’orientation exprimée au sein du parti. Il considère que la mobilisation qu’il a menée d’abord au sein du bureau politique, puis au Conseil national, semble, au regard des données actuellement disponibles, avoir « porté ses fruits ».

Mais entre cette lecture et une décision officielle du parti, une distance demeure.

Le Conseil national réuni le 3 octobre a mandaté Fatima Zahra Mansouri, cheffe du gouvernement désignée et coordinatrice générale de la direction collective du parti, pour poursuivre les consultations relatives à la formation de la majorité. Les éléments officiels communiqués après la réunion ont fait état d’un mandat confié à la commission chargée des consultations, tandis que les déclarations de Mansouri ont montré que le débat interne avait fait apparaître des positions différentes, certains évoquant des « lignes rouges », d’autres appelant à laisser davantage de marge au dialogue.

Cette nuance est importante, car El Mahajri ne présente pas ici une décision administrative prise par le Conseil national. Il livre la lecture politique d’un responsable qui estime que l’orientation qu’il a défendue au sein du parti a fini par trouver sa traduction dans les consultations.

Lors de la réunion de Skhirat, il figurait parmi les voix les plus clairement opposées à une participation du RNI au prochain gouvernement. D’autres interventions allaient dans le même sens, tandis que la nécessité de laisser une marge de manœuvre plus large à la commission chargée des consultations restait également présente dans les débats.

Quelques jours plus tard, la déclaration d’El Mahajri donne à cette discussion interne une lecture politique plus précise.

Il considère que le parti a pris en compte, à travers ses dirigeants et ses instances, ce qu’il interprète comme un message électoral et social lié au bilan du gouvernement sortant dirigé par le RNI. Selon lui, sa position ne serait donc pas née d’un simple calcul d’alliance, mais d’une appréciation politique de ce que les citoyens auraient vécu au cours de la précédente législature.

Il s’agit là d’une lecture politique assumée par El Mahajri. Elle ne peut cependant pas être transformée automatiquement en vérité électorale établie.

Les résultats du scrutin peuvent être interprétés de plusieurs manières et les seules données disponibles ne permettent pas d’affirmer que le vote du 23 septembre constituait exclusivement un vote dirigé contre un parti déterminé.

El Mahajri choisit néanmoins de lire le résultat dans ce sens.

Et surtout, il relie cette lecture au fonctionnement interne du PAM. À ses yeux, l’importance de ce qui s’est passé à Skhirat ne réside pas uniquement dans la possibilité de voir le RNI sortir de la prochaine majorité. Elle tient aussi au fait que la question des alliances a été portée devant une instance partisane et qu’elle en a fait émerger une position forte, défendue par plusieurs responsables.

C’est ici qu’apparaît l’une des questions qui pèseront sur la formation du prochain gouvernement : jusqu’où Fatima Zahra Mansouri pourra-t-elle articuler le mandat de négociation qui lui a été confié avec les positions exprimées au sein de son parti ?

Le mandat lui donne, politiquement, un espace de négociation. Les positions exprimées lors du Conseil national lui imposent en même temps un plafond politique qu’elle ne peut facilement ignorer, même si elles ne se sont pas transformées en une décision écrite interdisant toute discussion avec le RNI.

C’est précisément cette différence qui impose de manier avec prudence l’expression de « ligne rouge ».

Les éléments officiels relatifs aux conclusions du Conseil national ne disent pas que le parti a adopté une décision explicite excluant le RNI des consultations. Mansouri elle-même a évoqué l’existence de divergences au sein du Conseil, avant d’obtenir le mandat nécessaire à la poursuite des consultations.

En revanche, il serait tout aussi difficile d’ignorer que des voix importantes au sein du PAM ont clairement défendu la non-participation du RNI et qu’El Mahajri interprète aujourd’hui l’évolution des consultations comme une réponse à cette position.

De son côté, le RNI n’a pas donné le signal d’un retrait du jeu gouvernemental. Son Conseil national a affiché sa disponibilité à participer au prochain gouvernement et a mandaté son président, Mohamed Chouki, pour gérer les conditions de cette participation et poursuivre les consultations.

Deux partis se trouvent ainsi engagés dans des directions différentes.

Le RNI affirme être prêt à assumer des responsabilités gouvernementales, tandis que des responsables du PAM estiment que la nouvelle étape doit tenir compte des résultats du scrutin et de ce qu’ils considèrent comme le message exprimé par les électeurs.

Entre ces deux positions se trouve Mansouri.

C’est cette partie de l’équation qui reste ouverte.

El Mahajri lui-même déplace ensuite son propos de la bataille autour des noms des partis vers ce qu’il considère comme l’étape véritablement importante : ce que fera le gouvernement une fois constitué.

Il renvoie au discours royal à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle législature, puis au projet de loi de finances, au programme gouvernemental et aux engagements des cent premiers jours.

À partir de là, l’angle du récit change.

Le débat actuel porte sur les partis qui entreront au gouvernement et ceux qui resteront à l’extérieur. Mais l’épreuve politique commencera après l’annonce de la composition de l’exécutif.

À ce moment-là, il ne suffira plus de savoir si le RNI participe ou non. La question portera sur les programmes, la répartition des responsabilités et la capacité de la nouvelle majorité à traduire les résultats du 23 septembre en politiques publiques concrètes.

El Mahajri lui-même affirme que « ce qui vient sera décisif » et que les institutions continueront à fonctionner normalement une fois le gouvernement formé.

C’est probablement la partie la plus concrète de son intervention, parce qu’elle place une limite à la bataille actuelle avant qu’une autre ne commence.

Même si la sortie du RNI de la majorité se confirmait, cela ne répondrait pas à lui seul aux questions posées par les élections. Et si le parti revenait au gouvernement, sa seule participation ne signifierait pas que rien n’a changé.

Le véritable critère apparaîtra dans le premier projet de loi de finances, dans le programme gouvernemental et dans les décisions prises par la nouvelle majorité durant ses premiers mois.

Au sein du PAM, la question restera également liée à la manière dont Mansouri gérera l’équilibre entre ce qu’elle a entendu à Skhirat et les exigences politiques de la formation d’une majorité capable de gouverner.

Pour l’instant, El Mahajri estime que la dynamique évolue dans le sens de la position qu’il a défendue.

Mais le gouvernement n’est pas encore annoncé, et la différence entre une position politique forte et une décision définitive sur la composition de la coalition demeure.

Les prochains jours diront donc si le RNI est réellement sorti des calculs du gouvernement Mansouri, ou si le mandat confié à la cheffe du gouvernement désignée était finalement plus large que la lecture défendue par l’une des principales voix opposées à cette alliance.

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