Le deuxième round des consultations gouvernementales a apporté à Mohamed Ouzine une chose certaine : une nouvelle rencontre avec Fatima-Zahra Mansouri. Le portefeuille ministériel, lui, n’est pas encore arrivé.
Le secrétaire général du Mouvement Populaire a affirmé, à l’issue de cette deuxième rencontre, que son parti n’avait reçu, jusqu’à présent, aucune proposition officielle de participation au prochain gouvernement. Les discussions n’auraient pas encore atteint, selon lui, le stade de la répartition des portefeuilles. Une troisième rencontre est annoncée pour poursuivre les échanges.
Ce point suffit déjà à remettre quelques pendules à l’heure.
Car depuis plusieurs jours, certaines informations ont commencé à attribuer à Ouzine des demandes précises : la présidence de la Chambre des représentants, plusieurs portefeuilles ministériels et des secrétariats d’État. Ces informations ont circulé comme des éléments des coulisses des négociations, certains commentaires allant jusqu’à présenter les exigences supposées du Mouvement Populaire comme un facteur susceptible de compliquer sa participation au prochain gouvernement.
Mais le propos direct d’Ouzine introduit une distinction essentielle entre ce qui circule et ce qui peut être établi.
Pas d’offre officielle.
Pas encore de discussion sur les portefeuilles, selon sa propre version.
Et une troisième rencontre à venir.
La question devient alors un peu différente de celle que l’on entend partout : Ouzine entrera-t-il au gouvernement ou restera-t-il dans l’opposition ?
Depuis le début des consultations, la position publique du Mouvement Populaire s’est révélée plus prudente que certaines lectures médiatiques. Lors de sa première rencontre avec Fatima-Zahra Mansouri, Ouzine avait insisté sur la nécessité d’un « nouveau souffle » et d’une rupture positive avec certaines pratiques de la période précédente. Il a également répété que les militants du parti étaient prêts à servir le pays depuis n’importe quelle position, y compris dans l’opposition.
Le conseil national du Mouvement Populaire, réuni en session extraordinaire le 3 octobre, lui a par ailleurs confié la poursuite des consultations et la responsabilité de décider du positionnement du parti.
À ce stade, la décision politique n’était donc pas encore arrêtée.
Pourtant, le nom d’Ouzine s’est rapidement retrouvé au centre d’un autre marché : celui des rumeurs.
Un jour, on lui attribue un ministère.
Le lendemain, un autre.
Puis une fonction parlementaire.
Et parfois même plusieurs portefeuilles, avant même que, selon les déclarations publiques disponibles, une véritable négociation sur les postes n’ait commencé.
C’est là que le mécanisme devient intéressant.
Plus les consultations se prolongent, plus les noms deviennent eux-mêmes des objets d’interprétation. Une rencontre politique peut rapidement être transformée, dans le commentaire public, en négociation sur les postes, même lorsque les détails de cette négociation ne sont pas encore connus.
Ouzine avait pourtant posé une autre grille de lecture.
Pour lui, la place du Mouvement Populaire ne se résume pas au nombre de portefeuilles qu’il pourrait obtenir. Le parti affirme pouvoir travailler au service du pays depuis la majorité comme depuis l’opposition.
Cela ne signifie évidemment pas que la question des responsabilités ne sera pas abordée si les discussions entrent dans cette phase. Dans toute formation de majorité, les programmes, les rapports de force et les responsabilités finissent nécessairement par se croiser.
Mais la distinction journalistique reste importante : ce qui pourrait être discuté demain ne doit pas devenir une demande formulée aujourd’hui.
Le Mouvement Populaire dispose de 29 sièges issus du scrutin du 23 septembre. Son poids parlementaire existe donc dans les calculs de la prochaine majorité, même si son positionnement définitif n’est pas encore arrêté dans les déclarations publiques disponibles.
C’est pourquoi deux questions différentes se superposent autour d’Ouzine.
La première concerne le Mouvement Populaire et sa place dans la future majorité.
La seconde concerne Ouzine lui-même, dont le nom occupe désormais une place importante dans les commentaires politiques, parfois au-delà de ce que permettent les informations publiquement confirmées sur le contenu réel des consultations.
Pendant la campagne électorale, son style de communication avait contribué à donner au Mouvement Populaire une visibilité particulière.
Après le scrutin, l’attention s’est déplacée vers la place du parti dans la prochaine configuration gouvernementale.
Puis sont venues les consultations.
Et avec elles, les portefeuilles.
Ou plutôt, pour l’instant, les portefeuilles attribués à Ouzine dans les récits qui circulent.
C’est probablement là que se trouve le point le plus concret de cette séquence : Ouzine n’a pas, à ce stade, annoncé avoir demandé un portefeuille ministériel, mais son nom suffit déjà à faire circuler toute une liste de portefeuilles possibles.
La troisième rencontre permettra peut-être de voir si les discussions passent réellement des principes de participation et des orientations politiques aux détails de la future architecture gouvernementale.
D’ici là, il faut laisser aux consultations leur calendrier et aux faits leur place.
Le Mouvement Populaire discute encore de son positionnement.
Ouzine doit encore poursuivre les échanges.
Et le gouvernement, lui, n’est toujours pas formé.


