vendredi, septembre 11, 2026
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Du TGV au tracteur… Lekjaa accélère la campagne et retourne le terrain électoral

Il faut bien l’avouer cette fois : nous, à « Maroc Maintenant », média d’information généraliste, n’avons pas réussi à suivre tous les déplacements de Fouzi Lekjaa à la vitesse à laquelle l’homme et son équipe enchaînent les étapes de cette campagne électorale.

À Azrou, vendredi 11 septembre, c’est lui-même qui a lancé la formule : « Nous voulons que le Maroc avance à la vitesse du TGV ». Puis il est revenu au symbole que les Marocains connaissent bien : « Beaucoup sont déjà montés dans le tracteur, il reste encore des places, celui qui veut monter est le bienvenu. »

Le paradoxe, c’est que le tracteur, dans sa fonction première, n’a rien à voir avec la vitesse. C’est une machine agricole. Elle avance lentement, mais elle entre dans la terre et la retourne de l’intérieur.

Et cette image choisie par Lekjaa peut finalement être lue au-delà de la simple métaphore électorale.

Depuis son arrivée au sein du Parti authenticité et modernité, sa présence ne s’est pas limitée à l’annonce de son adhésion. Il est apparu dans les activités du parti, puis dans la présentation de son programme, dans des rencontres avec les acteurs économiques et, avec le lancement officiel de la campagne, dans des déplacements au contact des électeurs.

Le 10 septembre, il participait ainsi au lancement officiel de la campagne du PAM à Casablanca. Le lendemain, il était à Azrou.

Entre les deux rendez-vous, il y avait des dossiers, des chiffres, des programmes et des promesses électorales qu’il faut parfois suivre à une vitesse qui met même le journaliste à l’épreuve.

Le programme du PAM, lui aussi, n’est pas présenté comme un simple document électoral. Lekjaa insiste sur l’idée d’un contrat politique, avec des chiffres, des échéances et un coût, sur lequel le parti pourrait être jugé s’il arrivait aux responsabilités.

À Azrou, le langage a toutefois changé.

Il ne s’agissait plus seulement de chiffres. L’école, la santé, le pouvoir d’achat, les retraités, la jeunesse et la famille sont entrés dans le discours. Puis le TGV est venu condenser le tout en une seule image : un Maroc qui doit accélérer et un parti qui affirme vouloir remplacer la logique des promesses par celle du travail.

Mais la vitesse politique a un problème : plus elle augmente, plus la vérification devient nécessaire.

Un programme électoral peut annoncer que le minimum des pensions devrait atteindre 3 000 dirhams. Il peut fixer l’ambition d’amener l’éducation et la santé vers des niveaux internationaux élevés. Il peut promettre d’accompagner le jeune depuis ses années d’études jusqu’à l’emploi ou à la création de son entreprise.

Entre le chiffre annoncé dans un meeting et le chiffre qui arrive réellement dans la poche du citoyen, il y a pourtant tout un État : des lois, un budget, des institutions, des délais, des ressources et surtout l’exécution.

C’est précisément ce qui donne une autre dimension à la formule du TGV.

Un TGV ne circule pas vite uniquement parce qu’il est rapide. Il circule sur une voie déterminée.

En politique, il ne suffit donc pas d’accélérer l’annonce des engagements. Il faut aussi montrer sur quelle voie ils vont circuler, avec quels moyens, selon quel calendrier et à quel moment le citoyen pourra demander des comptes.

Lekjaa connaît particulièrement bien cette question, compte tenu de sa responsabilité gouvernementale dans le domaine du Budget. Son choix de défendre le programme du PAM à travers les chiffres, les engagements et les échéances n’est donc pas un élément secondaire de sa campagne.

Mais il y a un autre aspect de l’image.

Le tracteur dont parle Lekjaa ne transporte pas seulement des passagers. Un tracteur laisse aussi des traces dans la terre.

Lorsqu’il affirme que « beaucoup sont déjà montés » et qu’il ajoute « celui qui veut monter est le bienvenu », il ne fait pas seulement une plaisanterie électorale autour du symbole du parti. Il adresse aussi un message politique assez clair sur l’ouverture du parti à ceux qui souhaitent rejoindre son projet.

Surtout, l’arrivée d’une personnalité du poids de Lekjaa au sein du bureau politique du PAM constituait déjà, en elle-même, l’un des mouvements politiques les plus commentés à l’approche de ce scrutin.

Pour autant, il serait journalistiquement imprudent de passer de l’intensité des déplacements de Lekjaa à l’idée que l’élection serait jouée d’avance, ou que le parti aurait déjà assuré son résultat.

Nous ne disposons pas d’éléments électoraux permettant de tirer une telle conclusion.

Ce qui est établi, en revanche, c’est que la campagne officielle est entrée dans sa phase active le 10 septembre, que le scrutin est prévu le 23 septembre et que le PAM a placé Lekjaa au premier rang de sa machine de communication pour défendre son programme.

Quant à nous, à « Maroc Maintenant », nous allons continuer à essayer de suivre.

Nous n’arriverons peut-être pas toujours à temps à chaque étape si le TGV continue à cette cadence.

Mais nous avons peut-être un avantage avec le tracteur : nous ne promettons pas seulement de courir derrière lui ; nous essayons aussi de regarder ce qu’il retourne lorsqu’il passe.

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