La déclaration présentée par le Maroc devant le Conseil des droits de l’homme à Genève n’était pas seulement une nouvelle annonce sur le nombre de pays qui soutiennent le Royaume dans la question du Sahara marocain. Ce qui retient l’attention, c’est que quarante pays ont choisi d’affirmer, au sein même de l’une des principales institutions onusiennes chargées des droits de l’homme, leur soutien à la souveraineté pleine et entière du Maroc sur ses provinces du Sud, tout en rattachant directement cette position au processus politique conduit par le Conseil de sécurité.
"Nous n’abandonnerons jamais personne."
À l’ouverture de la 63e session du Conseil des droits de l’homme ce matin, @volker_turk a rappelé que les droits humains sont une boussole en ces temps troublés. Ils sont porteurs d’espoir et apportent des solutions concrètes à nos défis. pic.twitter.com/UGE4jWb2gS
— ONU Genève (@ONUGeneve) September 7, 2026
Lors du débat général de la 63e session du Conseil des droits de l’homme, l’ambassadeur Omar Zniber, représentant permanent du Maroc auprès de l’Office des Nations unies et des organisations internationales à Genève, a annoncé qu’il s’exprimait au nom d’un groupe de quarante pays soutenant la souveraineté marocaine sur les provinces du Sud.
La déclaration ne laisse guère de place à l’ambiguïté quant à la nature de cette position. Les signataires ont affirmé que la question du Sahara marocain demeure un différend politique relevant du Conseil de sécurité et que son règlement doit se poursuivre dans le cadre du processus politique onusien qui lui est consacré, à l’écart de toute instrumentalisation politique des mécanismes du Conseil des droits de l’homme.
Cette position prend une importance particulière parce que la déclaration ne se limite pas à exprimer un soutien au Maroc. Elle inscrit ce soutien dans le cadre de référence qui structure désormais le processus onusien, à savoir la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025.
Les quarante pays ont ainsi exprimé leur soutien à la mise en œuvre de cette résolution et à la relance du processus politique. Ils ont également renouvelé leur appui à l’initiative marocaine d’autonomie sous souveraineté marocaine, présentée comme une solution réaliste sur laquelle peuvent s’appuyer les efforts visant à parvenir à un règlement définitif du différend.
Les signataires ont également salué ce qu’ils ont qualifié d’actualisation de l’initiative marocaine d’autonomie et son élaboration plus détaillée, considérant que la proposition marocaine constitue une base concrète sur laquelle peuvent s’appuyer les efforts visant à mettre fin au différend.
L’autonomie n’apparaît donc pas, dans cette déclaration, comme une idée isolée du processus onusien. Elle est inscrite dans le débat politique que la dernière résolution du Conseil de sécurité place au cœur de la recherche d’un règlement.
À Genève, le Maroc a également tenu à réaffirmer un autre principe : les droits de l’homme ne doivent pas devenir un moyen de modifier la nature du différend ou de transférer le dossier du Conseil de sécurité vers d’autres mécanismes des Nations unies.
La déclaration appelle les États membres à préserver leurs échanges avec le Conseil des droits de l’homme et le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de toute instrumentalisation politique, tout en insistant sur l’indépendance des mécanismes des droits de l’homme à l’égard des différends politiques.
La position marocaine ne signifie pas une quelconque remise en cause de l’importance des droits de l’homme. Elle vise plutôt à défendre les compétences respectives des institutions onusiennes et à rappeler le cadre dans lequel chacune d’elles est appelée à agir. Le différend autour du Sahara marocain dispose, selon l’approche réaffirmée par le Maroc et ses partenaires dans cette déclaration, d’un cadre politique clairement établi au sein du Conseil de sécurité. Les mécanismes des droits de l’homme doivent, pour leur part, exercer leur mandat sans être transformés en nouvelle arène du conflit politique.
Les signataires de la déclaration ne se sont pas limités à la dimension politique. Ils ont également salué l’engagement du Maroc à garantir le retour des populations des camps de Tindouf et leur réintégration, sur la base de l’égalité avec les autres citoyens marocains et dans le respect de garanties internationales.
Cette question s’inscrit dans une conception plus large du règlement, qui ne considère pas les populations des camps comme un simple élément d’un dossier politique, mais comme une composante humaine de toute solution réelle appelée à mettre fin à une situation qui se prolonge depuis des décennies.
Le Maroc relie également cette perspective à l’avenir régional. La fin du différend, selon la vision réaffirmée par le Royaume devant le Conseil des droits de l’homme, ne constituerait pas uniquement la clôture d’un dossier politique ancien, mais ouvrirait également la voie à davantage de coopération, d’intégration et de développement dans les espaces africain et arabe.
Cette approche intervient alors que les provinces du Sud occupent une place croissante dans les relations africaines et internationales du Maroc, à travers les investissements, les projets de développement et l’implantation diplomatique croissante dans les villes de Laâyoune et Dakhla.
La déclaration soutenue par quarante pays ne règle pas, à elle seule, le différend et ne dispense pas de la poursuite du processus politique conduit sous l’égide du Conseil de sécurité. Elle révèle toutefois une orientation diplomatique de plus en plus visible au sein des institutions internationales : soutien à la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud, soutien à l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine et reconnaissance du processus politique conduit par le Conseil de sécurité comme cadre du règlement.
À Genève, les quarante pays ont également affirmé que la question du Sahara marocain ne devait pas devenir un instrument de manœuvre au sein du système international des droits de l’homme. La défense des droits de l’homme n’a pas besoin de la politisation des mécanismes onusiens ni de leur utilisation en dehors de leurs compétences.
Pour le Maroc, l’enjeu demeure donc de consolider ce processus et d’élargir le cercle du soutien international à cette approche, tout en poursuivant les efforts visant à faire de l’initiative d’autonomie le cadre réaliste et concret d’un règlement définitif du différend.
Dans cette dynamique, le Maroc n’était pas seul à Genève. Quarante pays ont porté avec lui une déclaration réaffirmant que l’avenir du Sahara marocain passe par une solution politique réaliste sous souveraineté marocaine, et non par le déplacement du dossier d’une institution onusienne à une autre.


