mercredi, septembre 9, 2026
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Rabat-Challa : trois sièges, cinq noms en vue — la carte de 2021 peut-elle basculer ?

Trois sièges seulement, mais cinq noms qui entrent dans la course avec des calculs plus complexes que la simple reconquête ou conservation d’un mandat parlementaire.

Dans la circonscription de Rabat-Challa, la compétition s’approche du 23 septembre 2026 avec une configuration dans laquelle les résultats de 2021 ne suffisent plus, à eux seuls, à prévoir ce qui va se passer. Le Rassemblement national des indépendants (RNI) défend le siège qui lui avait permis d’arriver en tête lors du précédent scrutin. Le Parti authenticité et modernité (PAM) mise de nouveau sur Adib Benbrahim. L’Union socialiste des forces populaires (USFP) reconduit Hassan Lachgar. Le Parti de l’Istiqlal aligne Abdelaziz Derouiche, tandis que le Parti de la justice et du développement (PJD) revient dans la circonscription avec Mohamed Tahri.

La question n’est donc pas seulement : qui va gagner ?

Elle est plus précisément de savoir si les forces qui s’étaient partagé les trois sièges de Challa en 2021 seront capables de reproduire cette répartition en 2026, ou si l’entrée de Derouiche et le retour du PJD suffiront à déplacer les voix avant de déplacer les sièges.

En 2021, le RNI était arrivé en tête avec 10 829 voix, devant le PAM avec 7 641 voix et l’USFP avec 5 934 voix. Le Parti de l’Istiqlal avait terminé quatrième avec 5 494 voix. L’écart entre le troisième et le quatrième était suffisamment réduit pour laisser ouverte la bataille du dernier siège.

C’est précisément à partir de cette donnée que commence l’élection de 2026.

Alaa Eddine El Bahraoui revient défendre son avance

Alaa Eddine El Bahraoui n’est pas un nouveau venu dans la circonscription. Il est le député actuel de Rabat-Challa sous les couleurs du RNI, et le parti l’a de nouveau investi comme tête de liste.

Cette fois, il ne s’agit donc plus de conquérir la circonscription, mais de défendre un résultat qui avait placé le RNI en première position en 2021.

Cela ne constitue toutefois pas, en soi, une garantie électorale pour 2026. Une élection ne reconduit pas automatiquement les résultats de la précédente : les candidats changent, les réseaux locaux évoluent et les rapports de force peuvent se déplacer au cours d’une législature.

Les données parlementaires disponibles montrent par ailleurs qu’El Bahraoui a occupé différentes responsabilités au sein de la Chambre des représentants et porté des questions relatives à des dossiers locaux.

Quant à l’idée selon laquelle son poids électoral reposerait principalement sur son nom de famille ou sur l’héritage politique de son père, elle demande des éléments indépendants permettant de mesurer cette influence. La filiation politique, à elle seule, ne permet pas d’établir le niveau d’un capital électoral.

Adib Benbrahim ne défend pas seulement un siège

Face à lui, le PAM reconduit Adib Benbrahim.

Le choix s’inscrit dans la continuité de son parcours durant la précédente législature. Benbrahim avait remporté l’un des trois sièges de Rabat-Challa en 2021, avant d’occuper des fonctions gouvernementales en tant que secrétaire d’État chargé du Logement.

Cette fois encore, le PAM le présente dans la circonscription.

La différence est que Benbrahim revient dans la compétition avec une expérience parlementaire et gouvernementale accumulée au cours des cinq dernières années. Reste à savoir si cette expérience se traduira effectivement en voix dans la circonscription. Une fonction gouvernementale ne constitue pas automatiquement un transfert électoral.

Derouiche arrive par la porte restée ouverte en 2021

Le nom qui modifie le plus directement les calculs est celui d’Abdelaziz Derouiche.

Le Parti de l’Istiqlal lui a accordé son investiture à Rabat-Challa. Il préside actuellement le Conseil préfectoral de Rabat ainsi que l’Association marocaine des présidents des conseils préfectoraux et provinciaux.

Mais le parcours politique qui précède cette candidature compte également.

Derouiche avait auparavant évolué au sein de l’USFP avant de rejoindre l’Istiqlal. Sa candidature à Challa se trouve ainsi directement liée à la bataille autour du siège que les socialistes avaient conservé en 2021.

À cette époque, l’Istiqlal avait terminé quatrième, à seulement quelques centaines de voix de l’USFP.

Il ne faudrait cependant pas en déduire que les voix socialistes pourraient mécaniquement suivre Derouiche. Rien, dans les données disponibles, ne permet d’établir un tel transfert.

Pour l’Istiqlal, le calcul est néanmoins clair : passer de la quatrième position aux trois premières.

Lachgar face à l’épreuve de la conservation

Hassan Lachgar aborde lui aussi cette élection avec un statut particulier : celui de député sortant de Rabat-Challa.

L’USFP l’a reconduit comme candidat, après qu’il eut remporté le troisième siège de la circonscription en 2021.

Le problème du parti socialiste est donc très concret : conserver le siège.

Le résultat de 2021 ne lui offre pas une marge considérable. Le nombre de voix qui séparait alors l’USFP de l’Istiqlal était relativement faible. Toute modification significative de la répartition des voix peut donc remettre le troisième siège en jeu.

C’est aussi ce qui donne une importance particulière à la candidature de Derouiche, sans pour autant rendre son issue prévisible.

Le PJD tente de revenir dans le jeu

Mohamed Tahri porte cette fois les couleurs du Parti de la justice et du développement à Rabat-Challa, après la validation de sa candidature par le parti.

Le retour du PJD dans la compétition ne peut pas être réduit à une simple tentative de retrouver ses performances passées.

Le parti disposait autrefois d’une présence électorale importante à Rabat, mais il n’avait obtenu aucun des trois sièges de Challa en 2021.

Son problème est donc double : retrouver une base électorale suffisante et, surtout, atteindre un niveau de voix susceptible de perturber le classement des quatre forces arrivées en tête lors du précédent scrutin.

À ce stade, les données disponibles ne permettent pas de transformer cette possibilité en pronostic.

Trois sièges pour cinq prétendants

La configuration est désormais plus lisible : le RNI cherche à conserver la première place, le PAM à protéger son siège, l’USFP à défendre le troisième, l’Istiqlal veut passer de la quatrième position aux sièges gagnants, tandis que le PJD tente de réintégrer l’équation.

Mais une élection ne se joue pas avec le classement de 2021.

Les premiers mouvements de la campagne montrent déjà des recompositions locales. Des sources médiatiques ont notamment rapporté la démission d’un acteur associatif et politique du parti de l’Inصاف et son soutien au candidat de l’Istiqlal, Abdelaziz Derouiche. Ce type de mouvement ne suffit évidemment pas à mesurer une tendance électorale générale, mais il montre que la campagne ne se contente pas de reproduire les listes et les alliances de la précédente élection.

À l’inverse, il serait tout aussi imprudent de transformer chaque ralliement individuel en « vague électorale ». Entre les deux, il y a le scrutin.

Ce que l’on peut dire aujourd’hui, c’est que Rabat-Challa entre dans l’élection de 2026 avec quatre partis disposant de raisons réelles de croire à une conquête des trois sièges, et un cinquième qui cherche à modifier l’équilibre.

Pour le reste, les noms des futurs élus ne peuvent pas être déduits des seuls chiffres de 2021, pas plus qu’ils ne peuvent l’être des fonctions gouvernementales ou locales des candidats.

Le 23 septembre dira si Challa a simplement reconduit sa carte électorale, ou si le siège qui séparait l’USFP de l’Istiqlal il y a cinq ans aura finalement été le point de départ d’un changement plus large.

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