mardi, octobre 6, 2026
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Les fauteuils du gouvernement bougent : Benabdallah monte dans le « tracteur »… les RNI à l’extérieur, l’Istiqlal attend son tour

C’est du siège du Parti authenticité et modernité (PAM), rue du 16-Novembre à Agdal, à Rabat, que parviennent les nouveaux éléments qui dessinent, à ce stade, les contours d’une majorité gouvernementale différente de celle de la précédente législature.

L’information la plus importante, selon des sources au sein du bureau politique du PAM ayant préféré garder l’anonymat, concerne Nabil Benabdallah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS).

Son entretien avec la présidente du gouvernement désignée, Fatima Zahra Mansouri, se serait déroulé dans de bonnes conditions. Le principe de la participation du PPS au gouvernement aurait été accepté et le parti aurait été invité à transmettre des propositions de noms susceptibles d’être nommés ministres.

Mais l’élément intéressant de cette rencontre ne réside peut-être pas seulement dans l’entrée du PPS au gouvernement. Il tient aussi à la manière dont les parts des différents partis pourraient être négociées.

Selon la même source, Mansouri aurait reçu des assurances selon lesquelles le PAM serait traité, dans la répartition des portefeuilles, selon une logique politique et non selon un simple calcul arithmétique fondé sur le nombre de sièges parlementaires.

Ce point doit évidemment être considéré avec prudence, puisque les négociations ne sont pas achevées. Mais s’il se confirme, il indique une volonté de construire la future majorité selon une logique différente de celle qui consiste à attribuer à chaque parti un nombre de ministères correspondant mécaniquement à son poids électoral.

Après Benabdallah, ce fut au tour du premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), reçu dans l’après-midi par Mansouri. Selon notre source, l’USFP aurait donné son accord pour participer à la majorité.

Le Parti de l’Istiqlal doit, lui, entrer dans les négociations demain.

C’est à partir de là que les choses deviennent plus compliquées. Accepter le principe d’une participation est une chose. Répartir les portefeuilles en est une autre.

Une source du PAM évoque une tendance, au sein du groupe restreint chargé de réfléchir à l’architecture gouvernementale aux côtés de Mansouri, à privilégier une organisation par pôles ministériels.

L’idée, dans la formule actuellement évoquée, serait de confier à chaque parti participant à la majorité un pôle déterminé, plutôt que de procéder à une distribution ministère par ministère.

Le pôle social pourrait ainsi regrouper le Travail, la Femme, la Solidarité sociale et la Santé, sous la responsabilité d’un même parti, avec plusieurs ministres et secrétaires d’État relevant de cet ensemble.

Si cette formule se concrétise, la négociation ne portera plus uniquement sur la question de savoir qui obtient tel ou tel ministère. Elle portera aussi sur la capacité d’un parti à piloter un domaine gouvernemental complet.

La deuxième information concerne la taille du gouvernement.

Selon les éléments recueillis, l’orientation serait celle d’un gouvernement relativement resserré, compris entre 21 et 24 ministres, en incluant les départements traditionnellement considérés, dans la pratique politique marocaine, comme relevant des domaines de souveraineté.

Cette notion relève des usages politiques et non d’une catégorie constitutionnelle formellement définie comme telle.

Si ce format se confirme, Mansouri abordera donc la phase décisive des négociations avec un nombre limité de portefeuilles à distribuer.

Et plus le nombre de partis participant à la majorité augmente, plus la répartition devient sensible.

C’est là qu’apparaît la question de la présidence de la Chambre des représentants.

Selon les informations recueillies, le PAM ne souhaiterait pas, à l’origine, occuper ce poste. Mais le problème ne dépend pas uniquement de la volonté du parti.

L’Istiqlal dispose de personnalités susceptibles de convenir à la présidence de la première Chambre, alors même que la possibilité de le voir conserver la présidence de la Chambre des conseillers est également évoquée.

Accorder à l’Istiqlal les deux présidences parlementaires deviendrait alors politiquement difficile.

Quant au PPS et à l’USFP, notre source estime qu’ils ne disposent pas, à ce stade, de personnalités apparaissant comme des candidates naturelles à cette fonction.

Le PAM pourrait donc se retrouver à la tête de la Chambre des représentants, même si ce n’est pas nécessairement son premier choix.

Et cette présidence aurait un prix dans la négociation gouvernementale.

Si le PAM obtient la présidence de la Chambre, sa part au sein du gouvernement pourrait être réduite d’un ou deux portefeuilles afin de maintenir un équilibre global entre les différents partenaires.

Rien n’est encore arrêté. Mais cette question fait désormais partie des équations qui apparaissent à mesure que les discussions passent du principe des alliances à la répartition concrète des postes.

De l’autre côté, la position du Rassemblement national des indépendants (RNI) semble, selon nos sources, de plus en plus claire : le parti se dirige vers l’opposition.

Les mêmes sources confirment cette orientation, malgré la persistance de voix au sein du parti, liées à l’ancienne configuration, qui continueraient de contester ou de brouiller la position de Fatima Zahra Mansouri.

Mais même si cette contestation se poursuit, son effet sur les négociations actuelles paraît limité. Mansouri négocie avec des partis susceptibles d’entrer au gouvernement, et non avec les voix qui cherchent à modifier l’équilibre interne d’une autre formation.

Le Mouvement populaire (MP), lui, reste encore à la table des négociations.

Le parti n’est pas sorti du processus, mais le niveau de ses exigences pourrait être déterminant pour son sort final.

Mansouri se trouve ici devant une équation délicate : intégrer le Mouvement populaire permettrait d’élargir la majorité et d’augmenter sa marge de sécurité parlementaire. Mais cela signifie aussi élargir le cercle des demandes en matière de portefeuilles.

Si les revendications deviennent trop élevées, deux options pourraient alors se présenter.

La première serait de se passer du MP et de s’en tenir à une majorité de 207 députés.

Sur le papier, le chiffre est suffisant. Politiquement, il offre moins de garanties, notamment dans un contexte où la discipline parlementaire de plusieurs élus du PAM pourrait poser problème.

L’autre possibilité serait de rechercher une forme de soutien auprès de l’Union constitutionnelle.

Pas nécessairement une participation au gouvernement, mais une forme de « soutien critique ».

Cette dernière expression relève toutefois d’un scénario politique, et non d’une information établie.

Reste surtout un élément que les négociations ne peuvent pas repousser indéfiniment : le calendrier.

L’ouverture de la session parlementaire, vendredi prochain, constitue une première échéance politique.

Mais la véritable contrainte vient ensuite.

Le projet de loi de finances doit passer par le Conseil des ministres, puis par le Conseil de gouvernement, avant son dépôt au Parlement dans le délai constitutionnel, fixé au 20 octobre.

La formation du gouvernement est donc désormais liée à un calendrier beaucoup plus serré que ne le laissent penser les déclarations politiques.

Les discussions sur les noms, les portefeuilles et les pôles peuvent encore durer quelques jours. Le calendrier budgétaire, lui, n’attendra pas que toutes les équations partisanes soient réglées.

Selon les éléments disponibles, le nouveau gouvernement ne devrait pas voir le jour avant l’ouverture du Parlement, mais il devrait être constitué avant le 18 octobre afin de pouvoir engager le processus institutionnel nécessaire autour du projet de loi de finances.

À ce stade, certains partis ont donc avancé vers la majorité, d’autres négocient encore, un autre semble se diriger vers l’opposition, tandis qu’un parti reste suspendu au niveau des concessions qu’il pourra obtenir.

La question n’est désormais plus seulement de savoir qui entrera dans le gouvernement de Mansouri.

Elle devient aussi beaucoup plus concrète : combien de portefeuilles restera-t-il à distribuer après avoir pris en compte les partis, les pôles ministériels et la présidence de la Chambre des représentants ? Et quelle majorité pourra ensuite traverser son premier véritable test avec le projet de loi de finances ?

Rien de tout cela n’est encore définitivement arrêté.

Dans les prochains jours, ce ne sera donc pas seulement le nombre de partis disant « oui » au gouvernement qui comptera, mais aussi le prix politique demandé par chacun en échange de ce « oui ».

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