Alors que le gouvernement entre dans ses derniers mois de mandat en 2026, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a supervisé ce samedi 4 avril 2026, le lancement des services de nouvelles infrastructures de santé dans la province d’Al Haouz, à savoir l’hôpital de proximité d’Aït Ourir et le centre de santé rural de niveau II à Tizart. Ces projets s’inscrivent dans un programme ambitieux de réhabilitation des établissements de soins de santé primaire, comprenant la reconstruction, la modernisation et l’équipement de 1400 centres de santé à travers le Royaume.
La visite d’Akhannouch à Al Haouz ne se limite pas à un événement protocolaire : elle représente un moment médiatique planifié, s’inscrivant dans un contexte de mobilisation autour des grands dossiers sociaux, notamment la santé et l’éducation, qui ont fortement impacté la vie des citoyens ces dernières années et sont devenus des indicateurs clés pour évaluer l’efficacité gouvernementale à l’approche de 2026.
La santé au cœur du discours : du programme à la réalité
Lors de son allocution, Akhannouch a souligné que la mise en service de ces infrastructures répond aux orientations royales visant à renforcer le système de santé et à rapprocher les services des citoyens, notamment dans les zones reculées, longtemps confrontées à un déficit d’infrastructures médicales.
L’hôpital de proximité d’Aït Ourir, dont le financement total s’élève à 85 millions de dirhams, dispose de 45 lits et offrira des services variés : gynécologie-obstétrique, maladies chroniques, pédiatrie, chirurgie générale, radiologie et analyses biologiques, au profit de 278 000 habitants répartis sur 16 communes. Parallèlement, le centre de santé rural de Tizart vise à desservir 22 000 personnes avec des prestations de soins primaires variés.
Ces infrastructures portent un double message : d’une part, confirmer l’engagement gouvernemental à améliorer les services essentiels ; d’autre part, répondre aux critiques historiques sur les infrastructures sanitaires dans les provinces, surtout après le tremblement de terre de 2023, qui a mis en lumière l’urgence de besoins médicaux et psychologiques dans les zones affectées.
Politique et santé : lecture à l’échelle nationale
Cet événement sanitaire ne peut être dissocié des arrières-plans politiques de fin de mandat. Après des années axées sur les réformes sociales, telles que la généralisation de la couverture médicale et les projets éducatifs, le gouvernement cherche à concrétiser des investissements visibles, laissant un héritage tangible avant les échéances électorales à venir.
De plus, ces projets constituent un outil pour restaurer la confiance des citoyens dans l’État, car des services de santé proches et modernes peuvent réduire les inégalités régionales et promouvoir la justice sociale, notamment dans les zones montagneuses ou isolées.
Entre directives royales et défis locaux
Le discours gouvernemental insiste sur la traduction des directives royales en réalisations concrètes, surtout dans le domaine de la santé en tant que droit social fondamental. Cependant, la question centrale reste : la réussite des infrastructures ne se mesure pas seulement par des inaugurations, mais par la qualité et la pérennité des services offerts au quotidien aux citoyens.
Malgré l’équipement moderne et la conformité aux standards élevés, le défi majeur reste le recrutement et la rétention de personnels qualifiés, ainsi que la capacité de ces structures à offrir des services efficaces de manière continue, surtout dans les zones reculées.
Conclusion : la santé comme test de fin de mandat
La visite d’Akhannouch à Al Haouz n’est pas un simple événement administratif ; elle est un épisode du paysage politique marocain actuel, où politique et services sociaux se croisent, et où la santé constitue un véritable test pour le gouvernement dans ses derniers mois.
Face à l’attention des citoyens, des partis et des observateurs, la grande question demeure : ces projets passeront-ils du stade des inaugurations à un impact réel sur la vie quotidienne des populations, ou resteront-ils des initiatives ponctuelles sans résoudre les défis sociaux structurels ?


