mardi, novembre 3, 2026
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De Marrakech au monde… Le cinéma marocain ouvre ses portes aux expériences internationales et affirme la place du Royaume dans le paysage cinématographique mondial

La place du Maroc dans le paysage cinématographique international ne se mesure plus uniquement au nombre de films tournés sur son territoire, à la capacité de ses studios ou à l’ampleur des manifestations culturelles qu’il accueille. Elle se mesure également à sa capacité de construire un véritable espace cinématographique où la création nationale rencontre les expériences internationales, où les visions artistiques et les cultures se croisent, et où les professionnels du septième art peuvent échanger leurs savoir-faire.

À Marrakech, devenue au fil des années l’une des grandes destinations cinématographiques sur la carte culturelle internationale, cette ouverture se poursuit à travers des initiatives qui dépassent progressivement la simple logique de l’accueil pour s’inscrire dans une ambition de participation et de rayonnement.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit la rencontre organisée dans le cadre du Festival International du Film Très Court de Marrakech, en collaboration avec ELARAKI International School of Morocco. L’établissement accueillera, le jeudi 5 novembre 2026 à partir de 16h00, trois personnalités issues de différents horizons cinématographiques, marocain, canadien et italien, sur son campus ENNAKHIL.

Intitulée « Rencontre avec les artistes », cette manifestation réunira Hicham Ibrahimi, acteur et réalisateur marocain, Vanessa-Tatjana Beerli, réalisatrice canadienne, et Andrea Morghen, réalisateur italien.

Au-delà de la diversité des nationalités représentées, cette rencontre offre une occasion de mettre en dialogue différentes sensibilités artistiques et approches professionnelles. Elle permet également au cinéma marocain de renforcer ses échanges directs avec des créateurs issus d’autres environnements culturels et de production.

Des écoles cinématographiques différentes, un langage artistique universel

L’intérêt de cette rencontre réside notamment dans la confrontation des expériences. La présence d’un artiste marocain aux côtés d’une réalisatrice canadienne et d’un réalisateur italien ne constitue pas simplement une représentation de trois nationalités. Elle ouvre un espace de comparaison et de réflexion autour des différentes manières de concevoir le cinéma, depuis l’écriture et la mise en scène jusqu’à la direction d’acteurs, la construction de l’image et la maîtrise du temps dramatique.

Avec Hicham Ibrahimi, la rencontre accueille une voix issue de l’expérience cinématographique marocaine. Sa présence offre la possibilité d’aborder les évolutions de la pratique artistique nationale, ainsi que les réalités et les défis auxquels sont confrontés les acteurs et les réalisateurs marocains dans un environnement de production en constante transformation.

Vanessa-Tatjana Beerli, venue du Canada, et Andrea Morghen, venu d’Italie, apporteront pour leur part des regards nourris par d’autres contextes culturels et professionnels. Leur participation permettra d’élargir la discussion aux différentes approches de la création cinématographique, sans réduire l’échange à une simple présentation de parcours individuels.

L’enjeu est plutôt de faire de cette rencontre un véritable espace de dialogue autour des métiers du cinéma, de leurs mutations et des perspectives qu’offre aujourd’hui la coopération artistique internationale.

Le film très court : un format réduit, des ambitions cinématographiques considérables

Cette initiative prend une dimension particulière par son inscription dans le cadre du Festival International du Film Très Court de Marrakech. Le film très court repose sur une économie du temps et une forte concentration narrative. Dans un espace temporel limité, le réalisateur doit parvenir à construire une idée, organiser une image, installer un rythme et transmettre une émotion sans disposer de la durée généralement accordée aux formats plus longs.

Loin d’être uniquement une étape préparatoire vers le long métrage, le très court peut constituer un choix artistique autonome, exigeant une maîtrise particulière de la narration visuelle et une capacité à transformer les détails les plus simples en matière cinématographique porteuse de sens.

Ce format représente également un terrain d’expérimentation précieux pour les nouvelles générations de cinéastes. Il leur permet de tester leurs langages visuels, d’explorer de nouvelles formes de narration et de développer des propositions créatives, parfois avec des moyens de production plus accessibles.

Dans cette perspective, accueillir des professionnels du cinéma au sein d’un établissement scolaire ajoute une dimension pédagogique et culturelle à la manifestation. Le cinéma sort ainsi des salles de projection pour entrer dans les espaces de formation et de transmission, au contact direct des jeunes générations.

Il ne s’agit plus seulement de regarder des films, mais de comprendre comment ils se construisent, quels métiers les rendent possibles et quelles compétences sont nécessaires pour transformer une idée en œuvre audiovisuelle.

Le Maroc : d’une destination du cinéma mondial à un acteur de sa construction

Au cours des dernières décennies, le Maroc a accumulé plusieurs atouts qui ont renforcé sa visibilité cinématographique internationale. Ses infrastructures techniques, ses sites de tournage, ses compétences artistiques et techniques, ainsi que ses festivals ont contribué à faire du Royaume une destination recherchée par les productions étrangères.

Mais cette visibilité ne constitue qu’une partie de l’équation. L’ambition d’accéder au cercle des grandes nations du cinéma ne peut reposer uniquement sur l’accueil de tournages internationaux ou l’organisation de manifestations prestigieuses. Elle suppose également l’existence d’une industrie nationale capable de produire des œuvres compétitives, de les distribuer, de les promouvoir et de les inscrire durablement dans les circuits internationaux.

Cela implique le développement des formations spécialisées, le renforcement des mécanismes de financement, la protection des droits des créateurs, l’élargissement des opportunités de coproduction et une présence plus affirmée du film marocain dans les festivals, les marchés et les réseaux de distribution internationaux.

C’est précisément ce qui donne à cette rencontre de Marrakech une portée qui dépasse son programme immédiat. Elle s’inscrit dans une dynamique culturelle où le Maroc ne se contente plus d’observer les expériences étrangères, mais cherche à dialoguer avec elles, à partager ses propres compétences et à positionner ses artistes comme des partenaires dans un paysage cinématographique de plus en plus internationalisé.

Le véritable enjeu consiste désormais à transformer cette ouverture en un processus durable. Les rencontres professionnelles ne devraient pas rester des événements ponctuels, mais devenir des passerelles entre artistes, producteurs, institutions de formation et festivals, capables de favoriser de nouvelles collaborations et de créer des perspectives concrètes pour les talents marocains.

Depuis Marrakech, une nouvelle fois, le cinéma apparaît comme un langage qui dépasse les frontières géographiques et culturelles. Il offre au Maroc une occasion supplémentaire de faire connaître son identité et son dynamisme à travers la création, l’image et le dialogue.

L’ambition cinématographique du Royaume ne se limite donc plus à être un territoire qui accueille les grands noms du septième art. Elle consiste également à devenir un espace qui crée avec eux, participe aux évolutions de l’industrie et contribue à dessiner les contours du cinéma de demain.

Informations pratiques

  • Événement : Rencontre avec les artistes – Festival International du Film Très Court de Marrakech.
  • Date : Jeudi 5 novembre 2026.
  • Horaire : 16h00.
  • Lieu : ELARAKI International School of Morocco – Campus ENNAKHIL.
  • Invités :
    • Hicham Ibrahimi – acteur et réalisateur marocain.
    • Vanessa-Tatjana Beerli – réalisatrice canadienne.
    • Andrea Morghen – réalisateur italien.

Trois expériences cinématographiques, trois horizons culturels et une même passion pour le septième art. Car la force du cinéma ne réside pas uniquement dans les images offertes au public, mais aussi dans les dialogues qui se nouent derrière la caméra et dans les passerelles culturelles qui font du cinéma un langage universel ouvert sur l’avenir.

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