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Mohamed Daoudi lit le gouvernement depuis Laâyoune : représentation politique des provinces du Sud et épreuve de vérité pour la réforme du sport marocain

Lecture journalistique et analytique de l’intervention du militant sportif et des droits humains Mohamed Daoudi, publiée le 18 octobre 2026.

La représentation gouvernementale à l’épreuve de la participation électorale

L’intervention de Mohamed Daoudi, militant sportif et défenseur des droits humains originaire de Laâyoune, capitale des provinces du Sud du Royaume du Maroc, ne se réduit pas à une revendication locale. À travers sa lecture de la nouvelle configuration gouvernementale, il pose une question plus large : quel lien existe-t-il entre la participation politique des citoyens et leur capacité à être représentés au sein des centres de décision exécutifs ?

Dans sa vidéo publiée le 18 octobre 2026 sous le titre « Un peu de politique, un peu de sport : ce qui attend le ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports », Daoudi évoque la participation électorale qu’il considère comme un indicateur de l’implication des citoyens des provinces du Sud dans la vie nationale. Il rappelle la présence des partis politiques dans la région pendant la campagne, les rassemblements organisés et le poids électoral acquis par plusieurs formations participant à la majorité gouvernementale. Il formule ensuite la question qui structure son propos : pourquoi cette présence électorale et politique ne se traduit-elle pas, selon lui, par une représentation gouvernementale à la hauteur des attentes ?

La portée de cette interrogation ne réside pas dans l’idée qu’une région ayant enregistré une forte participation devrait automatiquement obtenir un portefeuille ministériel. La formation d’un gouvernement obéit à des équilibres parlementaires, politiques et institutionnels multiples. La représentation démocratique ne fonctionne pas selon un système automatique de quotas territoriaux. Toutefois, lorsque les chiffres officiels confirment une participation importante, celle-ci nourrit légitimement le débat sur la représentation et sur la capacité des citoyens à peser sur les politiques publiques.

La question dépasse donc la composition du gouvernement. Elle porte sur la distance éventuelle entre le vote exprimé, les responsabilités confiées et les décisions qui influencent la vie quotidienne des citoyens.

Les provinces du Sud : de la présence électorale à la formation des élites

Daoudi ne limite pas son analyse à l’absence de personnalités issues des provinces du Sud dans la composition gouvernementale qu’il examine. Il envisage également un problème plus profond : celui de la formation et du renouvellement des élites politiques capables d’accéder aux responsabilités nationales.

Selon son diagnostic, certaines pratiques partisanes auraient progressivement pris un caractère saisonnier, marqué par une mobilisation intense à l’approche des élections, suivie d’un recul du travail politique de proximité. Si ce constat se vérifie dans certains cas, il révèle un problème qui dépasse la nomination des ministres. Il interroge les mécanismes censés faire émerger les responsables politiques : formation, débat public, élaboration de programmes, renouvellement des cadres et accompagnement des nouvelles générations.

La représentation politique ne commence pas au moment de l’annonce d’un gouvernement. Elle se construit en amont, au sein des structures locales des partis, des conseils élus, des associations, des organisations professionnelles et des espaces où les jeunes et les femmes peuvent acquérir une expérience et accéder à des responsabilités.

Lorsque ces mécanismes fonctionnent de manière intermittente, la participation électorale risque de se dissocier de la capacité à influencer durablement les décisions publiques. Une région peut être fortement sollicitée pendant les campagnes sans que ses compétences locales disposent ensuite de voies suffisamment ouvertes vers les responsabilités nationales.

Cette interrogation revêt une importance particulière dans les provinces du Sud du Royaume, où le développement territorial, la participation citoyenne, la diplomatie parallèle et la défense de l’intégrité territoriale se croisent. Daoudi évoque les compétences originaires de la région qui participent au plaidoyer en faveur de la cause nationale à l’étranger, dans les domaines politique, culturel et économique. Il entend ainsi souligner que la question ne peut être ramenée à une supposée absence de compétences locales, mais doit aussi porter sur les mécanismes qui permettent de transformer ces compétences en responsabilités institutionnelles.

Une distinction reste néanmoins indispensable : l’absence d’une personnalité issue d’une région dans un gouvernement ne prouve pas, à elle seule, l’existence d’une exclusion délibérée. De même, les critiques adressées au fonctionnement des partis ne peuvent être généralisées sans données précises. Il faudrait examiner les parcours de candidature, le renouvellement des instances dirigeantes, la présence des compétences locales dans les organes partisans, la continuité du travail de terrain et l’accès des jeunes et des femmes aux postes de responsabilité.

La question concerne également les institutions locales, les universités, les organisations professionnelles et la société civile. Offrent-elles des parcours réels de formation et d’émergence de nouvelles générations de responsables ? La valeur d’un cadre politique se mesure-t-elle à sa capacité à mobiliser des électeurs pendant une campagne, ou à produire des initiatives, des idées et des programmes qui survivent à l’échéance électorale ?

L’unité nationale n’exclut pas le débat sur la représentation

Daoudi prend soin de présenter son interrogation comme une préoccupation nationale, et non comme une revendication régionaliste refermée sur elle-même. Cette précision est essentielle pour comprendre son raisonnement. Il relie la question de la représentation au contexte national, à ce qu’il considère comme une étape importante dans l’évolution du dossier du Sahara marocain et à la contribution des compétences issues des provinces du Sud à la défense de la cause nationale.

Le débat sur l’équité politique n’est pas contradictoire avec l’unité nationale. Il peut, au contraire, contribuer à la consolider. L’égalité citoyenne ne signifie pas que les questions relatives à la répartition des responsabilités doivent rester sans réponse. De la même manière, soulever ces questions ne revient pas automatiquement à défendre une logique de repli régional. Tout dépend du contenu de la revendication, des éléments qui l’étayent et des objectifs poursuivis.

Daoudi met également en garde contre le risque de voir cette question instrumentalisée par des voix hostiles au Maroc ou sortie de son cadre national. Cette vigilance ne doit cependant pas conduire à fermer le débat. Une approche journalistique rigoureuse doit empêcher les instrumentalisations sans priver les citoyens de leur droit à interroger les institutions.

Les partis politiques et le gouvernement sont ainsi confrontés à une double responsabilité : ne pas réduire les provinces du Sud à leur mobilisation pendant les campagnes électorales, et ne pas réduire le débat sur leur représentation au nombre de ministres originaires de la région. L’enjeu est de déterminer dans quelle mesure la participation politique se traduit par une amélioration des services publics, des possibilités d’emploi, de l’investissement productif et de l’accès des compétences locales aux responsabilités.

Mohamed Daoudi déplace le débat vers le sport : changer de ministre ou changer de méthode ?

Dans la seconde partie de son intervention, Daoudi se tourne vers le secteur sportif. Ce passage ne rompt pas avec son analyse politique : il montre plutôt que la gouvernance du sport constitue, à ses yeux, un test concret de la capacité du gouvernement à transformer les intentions réformatrices en décisions mesurables.

Il évoque la nomination de Mohamed Mehdi Bensaid à la tête du département chargé de la jeunesse, de la culture et du sport, et considère la séparation du sport d’avec la configuration ministérielle précédente comme un pas dans la bonne direction. Mais il ne présente pas cette évolution institutionnelle comme une fin en soi. Il la rapporte à ce qui suivra : la capacité du nouveau responsable à traiter les dossiers en suspens, à accélérer les décisions nécessaires et à dépasser la simple répétition de diagnostics déjà établis.

Le changement de structure gouvernementale constitue donc un point de départ. Il ne devient une réforme réelle que si les responsabilités sont mieux définies, les décisions plus rapides et les relations entre le ministère et les fédérations sportives plus transparentes.

Daoudi ne considère pas le nouveau ministre comme un responsable arrivant dans un secteur vierge. Il souligne l’existence de directions administratives, de services juridiques, de cadres et d’expériences accumulées. Il compare la situation à un dossier dont le diagnostic est déjà disponible, et pose la question du passage de la connaissance des problèmes à leur traitement effectif.

Le critère d’évaluation devient alors concret : la réussite se mesurera-t-elle au nombre de réunions, de déclarations et de commissions annoncées, ou aux dossiers effectivement résolus, aux délais respectés et aux résultats visibles sur le terrain ? Quels problèmes peuvent être réglés par l’application des textes existants, et lesquels nécessitent réellement une réforme législative ?

Le financement des fédérations : la transparence avant les chiffres

L’une des principales préoccupations exprimées par Daoudi concerne les subventions publiques accordées aux fédérations sportives. Il évoque un ensemble d’environ 56 ou 57 fédérations, fait état de situations très différentes et interroge les critères de répartition du soutien financier. Ces nombres et ces appréciations doivent rester attribués à l’intervenant tant qu’ils n’ont pas été confrontés à un inventaire officiel actualisé.

L’enjeu ne se limite pas au volume des crédits disponibles. Il porte sur la logique de leur répartition. Lorsque l’activité sportive bénéficie de financements publics, les citoyens doivent pouvoir comprendre pourquoi une fédération reçoit davantage qu’une autre, comment les programmes financés sont évalués et dans quelle mesure les ressources se traduisent par une augmentation du nombre de pratiquants, une meilleure formation des encadrants ou des résultats mesurables.

Les travaux du Conseil économique, social et environnemental marocain apportent un éclairage à cette interrogation. Son étude consacrée à la politique sportive a relevé que la stratégie nationale du sport à l’horizon 2020 n’avait pas atteint les objectifs attendus. Parmi les obstacles identifiés figurent les difficultés de mise en œuvre du cadre juridique, les insuffisances de gouvernance et les limites des ressources humaines et financières. Le Conseil a notamment recommandé des critères rationnels d’attribution des subventions, une meilleure gouvernance des fédérations et un renforcement du suivi et de l’évaluation.

Ces constats rejoignent la question soulevée par Daoudi, mais ne permettent pas d’accuser une fédération particulière ni d’affirmer l’existence de favoritisme sans éléments précis. Ils justifient en revanche une demande de transparence : publication des critères d’éligibilité, financement lié à des objectifs annoncés, accès aux rapports financiers et moraux dans le respect des obligations légales, et évaluation des résultats au regard des ressources engagées.

Le nombre de médailles ne peut, à lui seul, constituer un critère suffisant. Certaines disciplines nécessitent des investissements importants, tandis que d’autres doivent d’abord développer leur base de pratiquants. Certaines fédérations doivent élargir la pratique, former des entraîneurs et des arbitres ; d’autres sont évaluées sur leurs performances internationales. Une répartition équitable ne signifie donc pas nécessairement des montants identiques, mais des critères explicites tenant compte des besoins, des objectifs, des résultats et du potentiel de développement de chaque discipline.

Le test pour le nouveau ministre sera de déterminer si les subventions deviennent un instrument de développement de l’ensemble du système sportif, plutôt qu’un sujet de discussion limité aux enveloppes annuelles. Les critères seront-ils publics ? Les résultats des évaluations seront-ils accessibles ? Les insuffisances donneront-elles lieu à des mesures correctives proportionnées et conformes au droit ?

La loi 30-09 : entre le texte et la réalité de son application

Daoudi revient également sur le cadre juridique du sport marocain, notamment la loi n° 30-09 relative à l’éducation physique et aux sports. Il estime que certaines dispositions de cette loi et certains statuts types devraient être réexaminés, tout en insistant sur la nécessité de ne plus repousser les décisions.

Le débat dépasse toutefois la seule question de la modification d’un texte. Adoptée en 2010, la loi 30-09 organise le cadre général de l’activité sportive, définit les responsabilités des fédérations et établit des principes liés à la gouvernance, à la transparence financière et à la publication de rapports. Elle encadre également, selon les cas, l’organisation de compétitions et de manifestations sportives, avec des exigences relatives aux autorisations, aux assurances et au respect des règles applicables.

L’existence de ces dispositions ne signifie pas que tous les dysfonctionnements proviennent de la loi elle-même. Il faut distinguer un texte devenu inadapté, une disposition existante mais insuffisamment appliquée, une administration qui n’utilise pas pleinement les moyens à sa disposition et une fédération qui ne respecte pas ses obligations statutaires. Confondre ces niveaux risque de conduire à une réforme législative qui ne résout pas le problème réel.

Le Conseil économique, social et environnemental a relevé que les difficultés d’application du droit, les besoins en textes d’exécution et les insuffisances des mécanismes de suivi avaient freiné la mise en œuvre de la politique sportive. Il a recommandé une révision concertée du cadre juridique, un système d’information permettant d’évaluer l’impact des politiques sportives et une gouvernance renforcée aux niveaux central et territorial.

La demande de Daoudi en faveur d’une application effective du droit doit donc être comprise comme un appel à clarifier les responsabilités et les délais, et non comme une simple invitation à produire de nouveaux textes. Le ministère doit, dans le cadre de ses compétences, assurer l’accompagnement, le suivi et la vérification du respect des règles. Les fédérations restent responsables de leur gestion et du respect de leurs statuts. Les différends et les irrégularités éventuelles doivent être traités par les mécanismes compétents, dans le respect des droits des parties.

La question opérationnelle est claire : faut-il commencer par une révision générale de la loi, ou par un inventaire des dispositions qui n’ont pas été pleinement appliquées et des obstacles qui empêchent leur mise en œuvre ? Quelles mesures peuvent être prises administrativement au cours des premiers mois, et lesquelles nécessitent une concertation législative plus large ?

Les présidents de fédérations et l’administration : le test de la continuité et de la responsabilité

Daoudi soulève enfin la question des relations entre le nouveau ministre et les présidents des fédérations sportives, dont certains ont accumulé une longue expérience dans leurs rapports avec les administrations successives. Il souligne que le nouveau responsable hérite de pratiques, de relations institutionnelles et de modes de fonctionnement déjà installés.

L’ancienneté d’un dirigeant ne constitue pas, en elle-même, une preuve de dysfonctionnement. La continuité peut être une force lorsqu’elle repose sur l’expérience, la compétence et des résultats vérifiables. Elle devient cependant un sujet légitime de questionnement lorsque le renouvellement des pratiques est absent ou lorsque les résultats ne peuvent pas être évalués de manière transparente.

Le principe qui devrait encadrer la relation entre le ministère et les fédérations est donc celui de la clarté des engagements, plutôt que celui de la proximité personnelle ou des affinités politiques. Cela suppose d’examiner les programmes, les engagements financiers, les rapports d’activité, les résultats et le respect des statuts. Lorsqu’une irrégularité est établie, elle doit être traitée selon les procédures prévues, sans jugement préalable sur les personnes.

Les orientations publiques relatives à la gouvernance sportive évoquent notamment l’évaluation du soutien en fonction des performances, du nombre de licenciés, du développement des jeunes catégories, des résultats et de la contribution à l’inclusion sociale. Elles soulignent aussi l’intérêt de diversifier les ressources grâce aux partenariats, au sponsoring et aux droits de diffusion.

Ces orientations constituent une base de travail, mais leur crédibilité dépend de leur application cohérente. Les critères seront-ils les mêmes pour toutes les fédérations ? Les résultats des évaluations permettront-ils de comprendre les décisions de financement ? Des mécanismes de correction seront-ils disponibles avant que les difficultés ne deviennent structurelles ?

La réforme exige une administration capable de suivre les dossiers, des données fiables, des indicateurs de performance, des délais annoncés et des responsabilités identifiables. Elle nécessite aussi une relation institutionnelle qui protège l’autonomie du mouvement sportif sans transformer celle-ci en argument pour échapper au contrôle de l’utilisation des fonds publics ou au respect du droit.

Le sport marocain peut-il être réduit au football ?

L’un des avertissements les plus explicites de Daoudi concerne le risque de réduire la politique sportive nationale au football. Il espère que l’importance de cette discipline dans le débat public ne conduira pas à marginaliser les autres sports.

La question ne concerne pas seulement la visibilité médiatique. Une politique dominée par une seule discipline peut influer sur la répartition des financements, les investissements dans les infrastructures et les possibilités offertes aux jeunes. Elle peut également limiter la capacité d’autres disciplines à former des champions, développer leurs cadres techniques et attirer des partenaires.

Le Conseil économique, social et environnemental a souligné l’importance du sport scolaire et universitaire, de la proximité des infrastructures, du renforcement des fédérations et des associations, ainsi que du développement de l’économie du sport. Il a également mis en évidence les liens entre activité sportive, santé, éducation, cohésion sociale et création d’opportunités économiques.

Cette approche ramène le débat à une question sociale essentielle : qui bénéficie réellement de la politique sportive ? Les ressources et les possibilités se concentrent-elles dans les disciplines les plus médiatisées, ou existe-t-il une politique permettant aux enfants, aux jeunes, aux femmes, aux personnes en situation de handicap et aux citoyens de toutes les régions d’accéder à une pratique sportive et de progresser ?

Le sport ne se limite ni aux médailles ni aux grands rendez-vous internationaux. Il est aussi un espace d’éducation, de discipline et de santé, un parcours de formation et d’emploi, et parfois une possibilité d’insertion pour des jeunes qui disposent de peu d’autres perspectives. Lorsque les infrastructures, l’encadrement et le financement sont durables, le sport devient un élément du développement social et économique, et non une activité secondaire dont l’importance augmente à l’approche des grandes compétitions avant de retomber.

Dans les provinces du Sud du Royaume, cet enjeu prend une dimension supplémentaire. Le développement de la pratique, le soutien aux associations locales, la mise à disposition d’espaces d’entraînement et de compétition et l’intégration des jeunes dans des projets durables peuvent contribuer au développement territorial. Mais leur impact doit être évalué à partir de données sur les infrastructures, les bénéficiaires, les financements et leur répartition, plutôt qu’à travers des déclarations générales.

Passer du diagnostic à un programme mesurable

À la fin de son intervention, Mohamed Daoudi exprime l’espoir que la séparation du sport des autres secteurs se traduira par une évolution positive du sport marocain. Il lie cette attente à la capacité du nouveau ministre à mobiliser l’expérience administrative existante, à prendre des décisions concrètes et à ne pas reporter les dossiers qui peuvent être traités dans le cadre juridique actuel.

La valeur journalistique de son intervention réside dans le rapprochement de deux questions qui semblent distinctes mais se rejoignent autour de la gouvernance : qui participe à la décision politique, et comment sont gérées les institutions chargées de mettre en œuvre les politiques publiques ?

Dans le premier cas, Daoudi interroge la relation entre participation électorale, représentation gouvernementale et formation des élites. Dans le second, il questionne le lien entre budgets et résultats, entre droit et application, entre responsabilité administrative et reddition des comptes.

Ces interrogations ne constituent pas, à elles seules, un jugement définitif sur le nouveau gouvernement ou sur les fédérations sportives. Elles identifient des domaines qui méritent un examen documenté et déplacent le débat des impressions vers les indicateurs et les faits. L’absence de représentants issus des provinces du Sud appelle une analyse des parcours de représentation politique. Les différences de financement sportif nécessitent des données budgétaires. La révision de la loi exige d’identifier les dispositions dont l’application a révélé les limites ou les difficultés.

Ce débat pourrait se traduire par un programme de travail suivi par le public : inventaire des dossiers juridiques en attente, publication des critères de financement, évaluation des programmes soutenus, calendrier de traitement des dysfonctionnements et développement de la formation sportive au niveau territorial, avec un accès aux données nécessaires pour mesurer les progrès.

Au fond, la nouvelle étape ne sera pas jugée uniquement sur sa capacité à produire un discours différent, mais sur sa capacité à changer les méthodes de gestion. C’est le défi que l’intervention de Mohamed Daoudi adresse aux responsables, aux acteurs sportifs, aux partis et à la société : transformer la participation politique en représentation ayant un effet réel, le soutien public en résultats mesurables, le droit en référence commune et le sport en un domaine accessible à toutes les disciplines, à toutes les régions et à toutes les catégories sociales.

Les questions qu’il laisse ouvertes restent celles auxquelles les institutions devront répondre : comment former des élites politiques dignes de la confiance des électeurs ? Comment garantir une répartition équitable des responsabilités et des ressources sans transformer cette exigence en logique de quotas automatiques ? Quelles mesures le nouveau ministre prendra-t-il dans les premiers mois pour démontrer que le changement de structure gouvernementale peut produire une différence concrète ? Et la réforme sera-t-elle évaluée au nombre de décisions annoncées ou aux changements réellement vécus par les sportifs, les associations et les jeunes ?

C’est là que réside l’apport essentiel de l’intervention de Mohamed Daoudi : elle invite à ne pas lire le changement gouvernemental uniquement à travers les noms, mais à examiner les institutions qui produisent les décisions, les mécanismes qui répartissent les ressources et les responsabilités qui doivent pouvoir être évaluées et contrôlées.

Note de vérification : les observations relatives à la représentation gouvernementale, à l’encadrement partisan, au financement sportif, à la loi 30-09 et au risque de réduire le sport au football sont attribuées à Mohamed Daoudi lorsqu’elles proviennent de son intervention. Les chiffres qu’il avance sur le nombre de fédérations et les appréciations concernant les subventions doivent être confrontés à des documents officiels actualisés. L’absence d’une personnalité originaire des provinces du Sud au gouvernement ne prouve pas, à elle seule, une exclusion délibérée.

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