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Hassan Tariq, du Médiateur du Royaume au Secrétariat général du gouvernement : que révèle le bilan de ses responsabilités, et que dit l’expérience d’un plaignant ?

Le passage de Hassan Tariq de l’institution du Médiateur du Royaume au Secrétariat général du gouvernement, à la suite de sa nomination le 16 octobre 2026, ouvre un débat qui dépasse le simple changement de fonctions au sein de l’appareil gouvernemental. Après avoir exercé la médiation, il occupe désormais un poste lié à la coordination du travail juridique du gouvernement et à l’examen des projets de textes législatifs et réglementaires. Entre ces deux missions, la différence institutionnelle est nette. Mais cette transition invite aussi à examiner les résultats laissés par la responsabilité précédente et les critères qui conduisent certains parcours professionnels vers des postes où l’influence sur l’action publique est plus directe.

Il ne s’agit ni de contester à Hassan Tariq le droit d’occuper cette nouvelle fonction, ni de considérer qu’un changement de poste constitue, à lui seul, la preuve d’une réussite ou d’un échec. La question porte plutôt sur le sens de l’évaluation d’une responsabilité publique : doit-elle être appréciée à partir de l’expérience et des connaissances accumulées, ou également à partir de résultats concrets et vérifiables dans la vie des citoyens et dans leurs relations avec l’administration ? Une institution ne fonctionne pas en dehors des réalités qu’elle est chargée de traiter. Et lorsqu’un responsable quitte ses fonctions, il laisse derrière lui des dossiers, des recommandations et des procédures dont le sort ne se règle pas nécessairement avec son départ.

En juillet dernier, lors de la présentation du rapport annuel 2025 de l’institution du Médiateur du Royaume, Hassan Tariq avait annoncé que le nombre de recommandations en attente était tombé à 557, contre 640 en 2024 et 845 en 2023. Dans le même temps, le délai moyen d’exécution des recommandations avait augmenté pour atteindre 815 jours, après 672 jours en 2024. Ces chiffres font apparaître deux évolutions simultanées : la diminution du stock de recommandations non exécutées et l’allongement du délai moyen associé à leur mise en œuvre. Ils ne suffisent pas à évaluer toutes les dimensions de l’action du Médiateur, mais ils placent la question du délai de réparation au cœur du débat sur l’efficacité de la médiation administrative.

Car l’équité attendue par un citoyen ne se limite pas à l’existence d’une institution qui reçoit les réclamations ou émet des recommandations. Elle dépend aussi de ce qui se passe après le dépôt d’une plainte : l’administration concernée examine-t-elle les faits ? Prend-elle en considération les documents et les arguments présentés ? L’institution reçoit-elle une réponse qui puisse être vérifiée et discutée ? Enfin, le plaignant obtient-il une motivation suffisamment claire pour comprendre la position adoptée dans son dossier ? Ces éléments ne ressortent pas nécessairement des indicateurs globaux. Pourtant, ce sont eux qui déterminent, pour la personne concernée, si la médiation a véritablement changé quelque chose.

L’expérience d’un journaliste et responsable sportif face au Médiateur

Dans les limites de mon expérience personnelle, je suis directement concerné par ce débat. Je suis Jamal Soussi, journaliste et directeur de publication des magazines Diplomatie, Maroc Maintenant et MMA Mag. J’exerce également des responsabilités sportives dans les domaines du jiu-jitsu brésilien et des arts martiaux mixtes. Mon parcours s’appuie notamment sur des documents, des décisions et des marques enregistrées dont je considère qu’ils fondent mes droits professionnels et sportifs.

J’ai saisi l’institution du Médiateur du Royaume au sujet de ce que je considère comme des atteintes à mes droits et des irrégularités dans le traitement de mon dossier par une administration publique. Or, selon mon appréciation, la réponse reçue de l’institution reprenait le contenu de celle de l’administration mise en cause, seul l’expéditeur ayant été modifié. Je considère que la comparaison des deux correspondances mérite un examen et une explication, car la réponse du Médiateur ne m’a pas convaincu que ma réclamation avait bénéficié de l’équité que j’attendais.

Je ne présente pas cette expérience comme un jugement définitif sur l’ensemble de l’institution. Je la considère comme un cas précis qui appelle des éclaircissements. Son importance ne tient pas uniquement à ma qualité de journaliste ni aux responsabilités sportives que j’exerce, mais à la question qu’elle soulève sur la capacité des institutions à traiter les dossiers à partir des arguments et des pièces présentés.

Une marque enregistrée ne tranche pas automatiquement tous les litiges relatifs à son utilisation. De même, une décision administrative ou ministérielle ne dispense pas d’examiner sa portée et ses effets juridiques. Toutefois, lorsque des documents sont produits et que leur pertinence pour le litige est établie, leur examen devient indispensable avant toute conclusion. Si le différend relève d’une compétence extérieure à celle du Médiateur, le plaignant doit pouvoir le comprendre clairement et être orienté vers la voie juridique appropriée, plutôt que de rester face à une réponse qui ne dissipe pas ses objections.

Je ne demande aucun privilège en raison de ma profession de journaliste ou de ma contribution, selon les documents dont je dispose, au développement d’activités sportives et à l’enregistrement de marques qui leur sont associées. Je demande que mes droits soient examinés selon les mêmes règles que celles applicables à tout dossier administratif. Pour moi, l’enjeu est que l’écriture journalistique, la défense des intérêts marocains et le travail sportif puissent être exercés sans que la demande d’équité se transforme en un conflit personnel interminable.

Comment sont attribuées les hautes responsabilités, et sur quels critères repose la confiance ?

Cette question ne concerne pas Hassan Tariq exclusivement et ne peut être réduite à son parcours universitaire, politique ou diplomatique. Les hautes responsabilités de l’État exigent des connaissances, de l’expérience et une capacité à travailler au sein des institutions. Elles appellent également des critères d’évaluation suffisamment clairs et la possibilité d’examiner les résultats obtenus. Lorsqu’un responsable passe d’une fonction à une autre, il est légitime de s’interroger sur les résultats de sa mission précédente et sur les enseignements qu’il peut en tirer dans ses nouvelles fonctions.

En revanche, affirmer que la loyauté envers l’État ou la proximité avec les cercles du pouvoir constitue le critère déterminant des nominations nécessite des éléments précis. Le simple passage d’une institution à une autre ne permet pas de conclure que les nominations reposent uniquement sur la loyauté. De même, un parcours universitaire ou politique ne constitue pas, à lui seul, une preuve suffisante de mérite. Ce qui peut être discuté publiquement, c’est le parcours professionnel, les missions accomplies, les résultats documentés et la capacité des institutions à expliquer leurs décisions et à permettre leur évaluation.

En tant que journaliste, je considère que l’attachement à l’État ne doit pas être réduit à la proximité avec le pouvoir ou à un parcours jalonné de fonctions officielles. Il peut aussi s’exprimer dans le travail quotidien, la défense des intérêts du Maroc, le respect de la loi et l’exercice d’une activité professionnelle sans attendre de contrepartie. Il s’agit de ma position personnelle, fondée sur mon expérience, et non d’un jugement sur le patriotisme ou les intentions d’un responsable. Le patriotisme n’est pas un privilège réservé aux titulaires de fonctions publiques, pas plus que la critique d’un responsable ou d’une institution ne signifie une opposition à l’État.

En tant que directeur de publication et responsable sportif, j’estime que le travail que j’ai accompli dans ces deux domaines doit être évalué à partir des documents et des résultats, et non de mes relations ou de ma position en dehors des institutions. Le fait de travailler sans soutien ni contrepartie ne confère aucun avantage juridique particulier, mais ne supprime pas le droit à la protection et à l’équité. Les droits ne devraient pas varier selon que leur titulaire est proche ou éloigné des centres de décision.

Le Secrétariat général du gouvernement : une nouvelle responsabilité, une autre épreuve

Selon la présentation officielle de ses attributions, le Secrétariat général du gouvernement intervient dans la coordination de la préparation des projets de textes législatifs et réglementaires élaborés par les départements gouvernementaux et exerce une fonction de conseil juridique auprès du gouvernement. Cette mission diffère de celle du Médiateur du Royaume, chargé de recevoir les réclamations et de contribuer à la résolution des dysfonctionnements dans les relations entre l’administration et les usagers. Le secrétaire général du gouvernement ne dispose pas, du seul fait de sa fonction, du pouvoir d’exécuter toutes les recommandations du Médiateur ou de trancher chaque litige administratif.

La transition entre ces deux postes permet néanmoins d’examiner la manière dont les institutions peuvent se compléter. Un responsable qui a été confronté aux réclamations des citoyens et aux difficultés d’exécution des recommandations de médiation peut, dans le cadre de ses nouvelles attributions, tenir compte de ces expériences lors de l’examen des textes et procédures soumis au Secrétariat général du gouvernement. Mais l’effet de cette expérience ne pourra être apprécié à partir de la seule nomination. Il dépendra des pratiques et des résultats observables en matière de clarté juridique, de traitement des dysfonctionnements et de respect des droits des usagers.

À partir de mon seul dossier, je ne peux pas évaluer l’ensemble des affaires traitées par l’institution durant la période où Hassan Tariq en avait la responsabilité. Les chiffres publiés ne permettent pas davantage de tirer une telle conclusion. En revanche, je suis en droit de demander des explications sur le traitement de mon dossier, de maintenir ma demande de comparaison des correspondances et d’obtenir une justification professionnelle de la réponse reçue.

La question plus large reste celle de la capacité des institutions à rendre les responsabilités publiques évaluables, afin que le changement de poste ne mette pas fin à l’examen du bilan précédent et que la nouvelle fonction ne se substitue pas à la compréhension de ce qui a été effectivement accompli. Une nomination est un fait officiel. L’évaluation d’une action exige, elle, des preuves, des résultats et une comparaison entre les missions confiées et les réalisations constatées.

Pour ma part, il ne s’agit ni de transformer mon expérience en cause nationale ni de m’en servir pour porter un jugement sur la nomination de Hassan Tariq. Il s’agit d’un dossier professionnel pour lequel je demande un traitement équitable, et d’une question plus générale sur les critères qui devraient guider l’exercice des responsabilités publiques. Ce que j’attends dans mon cas est précis : un examen des documents, une explication des motifs de la réponse reçue et le respect de mon droit à savoir si ma réclamation a été étudiée de manière indépendante. Quant à la nouvelle responsabilité de Hassan Tariq, elle sera évaluée à partir du travail accompli et des résultats obtenus, et non du seul passage d’une institution à une autre.

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