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Le RNI confirme sa disposition à participer au gouvernement de Fatima Zahra Mansouri

Le Rassemblement national des indépendants n’entend pas rester en dehors du prochain gouvernement. Réuni en session extraordinaire ce samedi 3 octobre, le Conseil national du parti a confirmé la disposition du « parti de la Colombe » à participer au prochain gouvernement, tout en donnant à son président, Mohamed Chouki, mandat pour gérer cette participation en fonction de ce que le parti considère comme relevant de l’intérêt national.

La formulation est simple, mais elle intervient trois jours seulement après la décision du bureau politique de renvoyer la question de la participation au Conseil national. Dans son communiqué du 30 septembre, le bureau politique avait déjà exprimé la disponibilité du parti à participer, tout en laissant au Conseil national le soin de délibérer et de prendre la décision concernant sa position dans la prochaine majorité. Ce samedi, la décision a changé de niveau : la participation devient une position politique assumée et la gestion concrète des négociations est confiée au président du parti.

Cela ne signifie pas pour autant que la configuration du prochain gouvernement est arrêtée. La participation d’un parti est une chose, la répartition des portefeuilles, la nature des alliances et l’équilibre interne de la future majorité en sont une autre.

Fatima Zahra Mansouri, nommée le 29 septembre par le Roi Mohammed VI pour former le gouvernement après l’arrivée en tête du Parti authenticité et modernité aux élections législatives, a engagé des consultations avec les formations arrivées en position de pouvoir participer à la majorité. Le PAM a obtenu 97 sièges, contre 66 pour le RNI et 65 pour l’Istiqlal. Aucun de ces chiffres, pris isolément, ne permet de former une majorité parlementaire.

Le RNI entre donc dans cette phase avec une décision politique claire, mais sans que les modalités de cette participation soient encore connues.

Le parti arrive également à cette nouvelle séquence avec deux réalités qu’il doit tenir ensemble. La première est qu’il n’est plus, à l’issue du scrutin, la première force parlementaire et qu’il ne conduit plus le processus gouvernemental comme durant la législature précédente. La seconde est qu’avec ses 66 sièges, il conserve un groupe parlementaire suffisamment important pour compter dans les discussions sur la formation de la majorité.

La direction du parti ne cherche d’ailleurs pas à dissimuler le recul électoral. Le communiqué du Conseil national reconnaît explicitement « le recul enregistré », avant de considérer que le RNI demeure une « véritable force politique », capable de résister, de se maintenir et de tirer les enseignements de l’expérience des cinq années passées au gouvernement, avec ce que le parti reconnaît lui-même comme un coût politique.

Cette formulation constitue l’un des passages les plus révélateurs du communiqué. Le RNI ne présente pas le résultat électoral comme une simple reconduction de sa position antérieure. Il l’intègre à son propre bilan politique.

Mohamed Chouki a lui-même évoqué, devant le Conseil national, ce recul comme une réalité politique appelant une lecture responsable et un examen des leçons à tirer. Le parti ne s’est donc pas limité à mettre en avant le maintien de son poids parlementaire.

Mais il ne renonce pas davantage au récit qu’il fait de son passage au gouvernement.

Le communiqué consacre une place importante au bilan de l’action des ministres et des parlementaires du parti. Il met en avant les réformes structurelles, les projets engagés durant la précédente législature, le renforcement de l’État social et ce que le RNI présente comme une contribution à la résilience de l’économie nationale.

C’est cette double lecture qui accompagne désormais le parti dans les négociations : reconnaître le coût politique d’une expérience gouvernementale de cinq années tout en défendant la réalité de ce qu’il considère comme son bilan.

Une éventuelle participation au prochain gouvernement ne serait donc pas, pour le RNI, un simple retour à la situation précédente. Elle supposerait de transformer l’expérience acquise en nouvel argument politique, alors même que le scrutin a montré les limites électorales de la séquence qui vient de s’achever.

L’autre pièce de l’équation est naturellement le PAM.

Le Conseil national du RNI a félicité le Parti authenticité et modernité pour son arrivée en tête des élections et adressé ses félicitations à Fatima Zahra Mansouri pour sa nomination à la tête du gouvernement. Le communiqué souligne également la portée de cette nomination au regard de la place accordée par le Roi Mohammed VI à la femme marocaine.

Mais parallèlement à cette position officielle, des informations publiées dans la presse ont fait état de discussions internes au PAM autour de la composition de la future majorité et de la place que pourrait y occuper le RNI. Certaines de ces informations évoquent notamment des revendications concernant des départements ministériels importants.

Elles ne constituent pas, en l’état, une décision officielle du PAM et ne permettent donc pas de conclure à une position arrêtée du parti. Elles montrent cependant que les discussions ne se réduisent pas à une addition mécanique de sièges parlementaires.

C’est aussi ce qui donne son véritable relief au choix effectué aujourd’hui par le RNI.

Le parti n’a pas annoncé son entrée au gouvernement. Il n’a pas non plus présenté de liste de portefeuilles ou de conditions publiques. Il a déclaré sa disposition à participer et confié à son président la gestion de ce dossier.

L’espace entre cette déclaration et l’accord final constitue désormais le terrain des consultations menées par Fatima Zahra Mansouri.

Les chiffres du nouveau Parlement donnent une première indication de cette équation. Avec 97 sièges, le PAM arrive en tête mais ne dispose pas, à lui seul, de la majorité. Le RNI avec 66 sièges et l’Istiqlal avec 65 disposent chacun d’un poids parlementaire significatif dans toute construction de majorité, même si la négociation politique ne se résume pas au calcul arithmétique des sièges.

Le RNI connaît cette équation. La future cheffe du gouvernement la connaît également.

C’est pourquoi l’annonce de ce samedi ne constitue pas véritablement une surprise. Ce qui reste à déterminer, c’est ce que cette disponibilité à participer signifiera concrètement : quels équilibres seront recherchés, quels départements seront concernés et quels responsables porteront les couleurs du RNI dans la nouvelle équipe gouvernementale.

Le communiqué ne répond pas à ces questions.

Il cherche aussi à inscrire le parti dans une continuité qui dépasse la seule question de la participation gouvernementale. Le Conseil national réaffirme notamment la position du RNI sur la question de l’intégrité territoriale, salue ce qu’il présente comme les reconnaissances internationales successives de la marocanité du Sahara et réaffirme son soutien à l’initiative d’autonomie dans le cadre de la souveraineté du Royaume et de son unité territoriale.

Cette partie du communiqué intervient alors que le document traite principalement de la position du parti face à la formation du prochain gouvernement. Elle rappelle néanmoins que certains dossiers sont présentés par le RNI comme relevant de constantes nationales qui ne dépendent pas de son statut au sein de la majorité.

La référence à la nomination de Fatima Zahra Mansouri participe de la même logique. En la félicitant, le RNI ne se limite pas à prendre acte d’un changement à la tête du gouvernement. Il inscrit cette nomination dans une lecture plus large de la place accordée aux femmes marocaines dans les institutions.

Quant à Aziz Akhannouch, dont le nom reste étroitement associé à la précédente expérience gouvernementale du RNI, sa position politique a changé avec l’issue du scrutin et la nomination de la nouvelle cheffe du gouvernement. Le parti, lui, ne prend pas ses distances avec l’expérience qu’il a conduite. Il continue à en défendre le bilan tout en reconnaissant que le résultat électoral impose une réévaluation.

C’est entre ces deux éléments que se situe désormais la prochaine étape du RNI.

Le processus engagé le 30 septembre avec le renvoi de la décision au Conseil national s’est achevé ce samedi par l’adoption d’une position favorable à la participation et par le mandat confié à Mohamed Chouki pour gérer le dossier.

La prochaine séquence se déroule désormais à l’extérieur du parti, dans les consultations conduites par Fatima Zahra Mansouri.

C’est là que la formule de « disposition à participer » devra se transformer en négociation concrète autour d’un gouvernement qui n’est pas encore constitué, d’une majorité qui n’est pas encore définitivement arrêtée et d’un équilibre politique qui commence déjà à évoluer depuis l’annonce des résultats.

Le communiqué du RNI ne permet pas, à lui seul, de savoir où ces négociations aboutiront. Il établit en revanche une chose : le parti a choisi de ne pas rester en dehors du processus de formation du prochain gouvernement et a confié à son président le mandat direct de négocier sa place dans la prochaine étape politique.

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