lundi, septembre 28, 2026
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Qui dirigera le prochain gouvernement ? Aucun nom n’est arrêté… la décision reste dans le cadre constitutionnel

Le débat au Maroc ne porte plus sur les résultats des élections législatives, après l’annonce par le ministère de l’Intérieur que les résultats définitifs du scrutin du 23 septembre 2026 correspondaient aux résultats généraux provisoires déjà publiés. Le Parti authenticité et modernité (PAM) est arrivé en tête avec 97 sièges. La formation du prochain gouvernement constitue désormais l’étape institutionnelle qui suit. Le nom de la personnalité appelée à prendre la tête du gouvernement n’a, lui, pas encore été annoncé.

C’est précisément à ce niveau que la circulation des noms s’est accélérée. Des lectures établissent déjà un lien direct entre le classement électoral et certaines personnalités partisanes, comme si l’arrivée en tête d’un parti au Parlement suffisait, à elle seule, à désigner le futur chef du gouvernement. Des sources proches du dossier, citées par « Al Maghreb Al An », estiment que cette lecture anticipe le processus constitutionnel et que les noms qui circulent restent, tant qu’aucune nomination n’est intervenue, dans le registre des spéculations politiques et médiatiques et non dans celui de la décision institutionnelle.

L’article 47 de la Constitution de 2011 fixe la règle de base dans des termes précis : le Roi nomme le chef du gouvernement au sein du parti politique arrivé en tête des élections des membres de la Chambre des représentants, au vu des résultats du scrutin. Le texte détermine donc le parti duquel doit provenir le chef du gouvernement, mais ne transforme pas le résultat électoral en annonce automatique du nom de la personne appelée à exercer cette fonction.

Cette distinction est essentielle pour comprendre la phase actuelle. Les élections ont produit un classement des partis et une répartition des sièges au sein de la Chambre des représentants. La nomination constitue, elle, une étape constitutionnelle ultérieure. Passer du chiffre de 97 sièges au nom d’une personne donnée suppose donc une décision qui ne relève ni des médias ni des réseaux sociaux, mais du processus institutionnel prévu par la Constitution.

Les sources citées insistent sur le fait que le critère déterminant est le respect du cadre constitutionnel et non le volume de l’exposition médiatique dont bénéficie une personnalité. La multiplication des articles consacrés à un secrétaire général ou à un dirigeant de parti ne confère donc à celui-ci aucun statut officiel de candidat à la présidence du gouvernement. De la même manière, l’absence d’un autre nom des médias ne suffit pas, en elle-même, à établir qu’il serait écarté du processus.

La situation actuelle du Parti authenticité et modernité, arrivé en tête du scrutin de 2026, donne une dimension particulière à cette question. Le parti fonctionne avec une direction collective comprenant une coordinatrice nationale. Dans ces conditions, parler d’un « nom naturel », d’un « candidat évident » ou d’un choix automatique à partir de la fonction partisane occupée revient à confondre l’organisation interne du parti avec la compétence constitutionnelle de nomination.

Cela ne signifie pas pour autant que la Constitution ouvre la possibilité de choisir une personnalité extérieure au parti arrivé en tête. Sur ce point, le texte est clair : l’article 47 rattache la nomination du chef du gouvernement au parti politique arrivé en tête des élections des membres de la Chambre des représentants, sur la base des résultats du scrutin.

La marge de décision ne doit donc pas être transformée en liberté de contourner le parti que les électeurs ont placé en première position. Le débat porte sur le choix de la personne à l’intérieur du cadre constitutionnel, et non sur la possibilité de modifier le résultat politique produit par les urnes.

La référence à l’article 42 de la Constitution intervient à un autre niveau. Celui-ci définit la position du Roi en tant que chef de l’État et garant de la pérennité et de la continuité de l’État, ainsi que du bon fonctionnement des institutions constitutionnelles et du respect de la Constitution. Ces prérogatives sont toutefois exercées dans les limites des pouvoirs que la Constitution lui attribue expressément.

L’article 47 fait précisément partie de ces dispositions. La nomination du chef du gouvernement relève d’une compétence royale prévue par la Constitution et n’est pas soumise au contreseing du chef du gouvernement. Cela donne au processus sa dimension institutionnelle propre, tout en maintenant la contrainte fondamentale fixée par le même article : le chef du gouvernement doit être issu du parti arrivé en tête des élections.

À ce stade, il serait donc difficile de présenter la situation comme une compétition officiellement ouverte entre plusieurs personnalités. Ce qui est établi, c’est que les élections ont eu lieu le 23 septembre, que les résultats définitifs ont confirmé les résultats provisoires, que le PAM est arrivé en tête et que la formation du gouvernement intervient après l’achèvement du processus électoral. Le nom du futur chef du gouvernement reste lié à la décision de nomination qui doit intervenir dans le cadre institutionnel prévu.

Le reste appartient à un autre niveau du récit.

Les noms qui circulent peuvent refléter des lectures politiques, des anticipations partisanes, des calculs liés aux futures alliances ou simplement des interprétations médiatiques. Ils ne constituent pas pour autant une liste officielle de candidats à la présidence du gouvernement. Tant qu’aucune décision n’est annoncée, il faut maintenir cette distinction.

La question des alliances mérite elle aussi d’être replacée au bon endroit. Avec 97 sièges, le parti arrivé en tête ne dispose pas, à lui seul, de la majorité absolue des 395 sièges de la Chambre des représentants. La constitution d’une majorité gouvernementale supposera donc des accords avec d’autres formations. Mais cette réalité intervient après l’identification du parti auquel revient la présidence du gouvernement selon l’article 47 ; elle ne se substitue pas à cette règle.

La rapidité avec laquelle le débat public est passé des résultats électoraux aux noms des personnes résume finalement une étape institutionnelle beaucoup plus complexe en une seule question : qui sera le prochain chef du gouvernement ? Le texte constitutionnel part d’une autre donnée : quel parti est arrivé en tête ? C’est à partir de cette donnée que s’organise la nomination, tandis que le choix de la personne demeure une décision institutionnelle qui n’a pas encore été annoncée.

Pour l’heure, les données officielles sont donc plus solides que les listes de noms qui circulent. Le résultat électoral est connu, le parti arrivé en tête est identifié, le cadre constitutionnel est établi. Le nom du prochain chef du gouvernement, lui, reste lié à la décision qui sera prise dans ce cadre. Tant que cette décision n’est pas intervenue, les noms évoqués relèvent du débat politique et médiatique, et non d’une liste officielle.

L’histoire n’est donc pas encore arrivée au nom. Elle est arrivée au moment où le cadre constitutionnel est devenu clair, tandis que la personnalité appelée à l’incarner ne l’est pas encore.

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