lundi, septembre 28, 2026
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Tanger place le PAM face à la question de la responsabilité : le parti attend la justice avant de tirer les conséquences

Dans une affaire qui a commencé avec des documents électoraux retrouvés dans un bureau de vote à Tanger, le Parti authenticité et modernité (PAM) se retrouve désormais face à une question qui dépasse la seule découverte de ces documents : d’où venaient-ils, comment sont-ils arrivés dans le lieu où ils ont été saisis et, surtout, qui devra répondre de ce qui s’est passé ?

La direction collective du parti a choisi, lundi matin, de ne pas apporter de réponse politique anticipée. Dans son communiqué, elle dit accueillir favorablement ce qu’elle qualifie de « démarche sérieuse et responsable » engagée par l’enquête, tout en liant toute responsabilité partisane aux conclusions des investigations judiciaires et administratives. Le PAM affirme également qu’il est prêt à assumer ses responsabilités organisationnelles et politiques si les résultats définitifs établissent un lien entre l’affaire et l’un de ses membres ou responsables.

Cette formulation est importante parce qu’elle établit une distinction entre ce qui est établi aujourd’hui et ce que l’enquête pourrait révéler demain. L’existence d’une procédure judiciaire portant sur des faits électoraux ne signifie pas, en soi, que la responsabilité d’une personne déterminée est établie. Le parti, dans son communiqué, ne condamne donc personne, pas plus qu’il n’accorde à quiconque une forme de blanchiment politique avant la fin des investigations.

Mais le moment choisi pour publier cette position ajoute une autre dimension à l’affaire.

Le communiqué intervient alors que le nom de Mohamed Lamouri, maire de Tanger et responsable local du PAM, apparaît dans le contexte des investigations rapportées autour du dossier. Plusieurs médias ont fait état de mesures de recherche le concernant et de son passage par l’aéroport Ibn Battouta, dans le cadre de l’enquête. Ces éléments ont circulé dans la presse, mais leur portée exacte doit être distinguée des informations officiellement établies par l’autorité judiciaire.

Cette distinction est essentielle.

Ce qui est établi, c’est que le parquet de Tanger a ouvert une enquête judiciaire sur les faits liés aux documents électoraux et que quatre personnes ont été déférées devant le juge d’instruction, avec une demande de placement en détention provisoire, selon les informations publiées à partir du communiqué du procureur général du Roi.

Le parquet a également indiqué vouloir poursuivre les investigations afin d’établir l’ensemble des circonstances de l’affaire et d’identifier toutes les personnes susceptibles d’y être impliquées, quelle que soit leur qualité ou leur position.

La responsabilité éventuelle d’une personne déterminée reste, elle, liée aux résultats de l’enquête et aux décisions de la justice.

C’est précisément sur cette ligne que le PAM a choisi de se placer.

Le parti affirme qu’il a déjà pris, dans le passé, des mesures organisationnelles et politiques contre des membres dont le comportement avait été considéré comme contraire à ses valeurs ou à son projet politique. Il annonce qu’il adoptera la même démarche dans le dossier de Tanger si les investigations établissent un lien entre l’affaire et l’un de ses membres ou responsables.

Ce n’est donc pas seulement une affaire de responsabilité pénale individuelle qui se dessine.

Il y a aussi une question d’organisation.

Les faits se sont produits dans le cadre d’un processus électoral auquel le parti participait, tandis que le nom d’un de ses responsables locaux est apparu dans le contexte de l’enquête. Mohamed Lamouri avait, avant le scrutin, des responsabilités importantes dans l’organisation locale du parti et dans la préparation de sa campagne électorale à Tanger. Quelques jours avant le scrutin du 23 septembre, il avait notamment présidé une réunion préparatoire consacrée aux élections, en présence de cadres et de responsables locaux du PAM.

Cela ne constitue pas, en soi, la preuve d’une implication dans les faits faisant l’objet de l’enquête.

Mais cela donne une autre profondeur à la question de la responsabilité organisationnelle.

La responsabilité pénale relève des preuves, de la procédure et du juge. La responsabilité politique ou organisationnelle peut, elle, poser d’autres questions : comment la campagne a-t-elle été organisée ? Quelles consignes ont été données ? Les règles internes et électorales ont-elles été respectées ? Et, surtout, que devra faire le parti si les investigations établissent une implication individuelle ou une défaillance organisationnelle ?

C’est pourquoi le communiqué de la direction collective laisse ouvertes les deux dimensions.

La justice devra établir les faits et les responsabilités éventuelles. Le parti devra ensuite tirer, s’il y a lieu, les conséquences organisationnelles et politiques de ce que les investigations auront établi.

Sur le papier, cette position correspond au principe déjà défendu par le PAM selon lequel la responsabilité doit aller de pair avec la reddition des comptes. Mais ce principe reste général tant qu’il n’est pas confronté à un cas concret.

À Tanger, ce cas est désormais devant les institutions judiciaires.

L’affaire ne se limite donc plus à la découverte de documents électoraux dans un bureau de vote. L’enquête s’est élargie, plusieurs personnes ont été présentées à la justice et les autorités administratives examinent également les circonstances entourant les faits.

Parallèlement, plusieurs récits médiatiques ont circulé sur certains épisodes annexes du dossier, notamment autour de plaintes et de décisions qui auraient été prises à leur sujet. Ces éléments doivent, eux aussi, être distingués des faits établis par des documents ou des communications officielles.

C’est ce qui rend les prochains jours particulièrement importants.

La question ne sera pas seulement de savoir quels noms apparaîtront dans le dossier judiciaire, mais aussi de voir comment le PAM traduira concrètement son propre engagement à « assumer ses responsabilités » si une implication de l’un de ses membres ou responsables est établie.

Pour l’heure, aucune conclusion définitive ne permet de répondre à cette question.

Une chose, en revanche, est désormais inscrite dans le communiqué du parti lui-même : le PAM dit qu’il acceptera les conclusions des investigations et qu’il en tirera les conséquences si elles établissent la responsabilité de l’un de ses membres ou responsables.

La suite de l’affaire permettra donc de mesurer la portée réelle de cet engagement.

Le dossier de Tanger n’est plus seulement une enquête judiciaire portant sur des documents électoraux. Il devient également un test concret de la manière dont une formation politique entend traiter la responsabilité de ses propres membres lorsque des faits électoraux passent du terrain de la compétition politique à celui de l’enquête judiciaire.

La réponse ne se trouvera pas dans une nouvelle déclaration.

Elle se trouvera dans les actes qui suivront les résultats de l’enquête.

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