Quand le symbole politique s’effondre face aux urnes… Mohamed Ouzine avait-il anticipé l’avenir de Mustapha Lakhssam ?
En politique, toutes les défaites ne se mesurent pas uniquement au nombre de voix. Certaines deviennent des signaux brutaux, capables de redessiner les équilibres et de révéler ce que le bruit médiatique et la notoriété dissimulent. Ce qui s’est produit lors de l’élection communale partielle à Imouzzer Kandar dépasse le simple revers électoral de Mustapha Lakhssam. Cela ressemble plutôt à un tournant politique silencieux, susceptible de reconfigurer son avenir et de donner un nouvel éclairage à la décision du secrétaire général du Parti du Mouvement Populaire, Mohamed Ouzine, de lui refuser l’investiture pour les prochaines législatives.
Le verdict des urnes est sans appel : seulement quatre voix pour un candidat directement soutenu par Lakhssam, et qui porte même son nom, issu de son cercle familial proche. Dans les codes politiques locaux, un tel échec dépasse la simple performance d’un candidat. Il devient une mesure indirecte du poids réel de celui qui l’a porté. L’élection partielle se transforme alors en test de crédibilité politique, bien loin des discours et de l’exposition médiatique.
Ce résultat est d’autant plus sévère qu’il intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par les critiques publiques de Mustapha Lakhssam envers la direction du Mouvement Populaire, qu’il accuse de lenteur et de manque de clarté concernant son investiture aux prochaines législatives. À ce moment-là, Lakhssam apparaissait convaincu de pouvoir imposer sa présence politique, avec ou sans le soutien du parti. Mais les urnes ont renvoyé une lecture inverse : et si Mohamed Ouzine avait simplement vu avant les autres les limites de ce capital politique ?
Dans la réalité partisane, la popularité médiatique ne suffit pas. Les partis politiques ne fonctionnent ni à l’émotion ni à la notoriété, mais à la capacité réelle de mobilisation sur le terrain. C’est peut-être ce calcul froid qui explique les hésitations du Mouvement Populaire à investir une personnalité médiatiquement visible mais électoralement incertaine. Car à l’approche des législatives, les partis recherchent avant tout des profils capables de produire des voix, d’activer des réseaux locaux et de maîtriser les équilibres complexes des territoires.
Lakhssam, figure sportive et médiatique, a su construire une image forte, presque symbolique. Mais la politique électorale obéit à une autre logique : celle des implantations durables, des alliances locales et des fidélités silencieuses. À Imouzzer Kandar, cette réalité s’est imposée brutalement.
Ce scrutin révèle aussi une transformation plus large : la fin de l’illusion selon laquelle la notoriété peut se convertir automatiquement en capital électoral. Les électeurs, surtout dans les petites et moyennes localités, votent de plus en plus selon des critères pragmatiques : services, proximité, efficacité, et non uniquement sur la base d’une image publique.
Ainsi, ce qui pouvait sembler un test local s’est transformé en signal politique national. L’échec du candidat soutenu par Lakhssam interroge désormais la solidité de son projet politique et la pertinence de sa stratégie. Était-ce une erreur de calcul de sa part, ou une lecture anticipée de Mohamed Ouzine, qui aurait préféré éviter un investissement politique risqué pour le parti ?
En définitive, la politique apparaît ici dans sa dimension la plus froide : celle où les symboles s’effondrent face à la réalité des urnes. Et où la différence entre image et influence réelle devient, parfois, brutale et irréversible.


