Le Comité international de la Croix-Rouge, en coopération avec l’Université d’Al-Azhar, l’un des plus anciens et prestigieux centres d’enseignement religieux du monde islamique, a organisé un séminaire intitulé: «Les principes du droit international humanitaire et leurs points communs avec les principes de la charia islamique», les 3 et 4 mai, à la Faculté de la charia et du droit au Caire.
Le séminaire a été marqué par des conférences et des discussions portant sur la protection des civils et le traitement humain des prisonniers en période de conflits armés, dans une approche conciliant les principes du droit international humanitaire et les dispositions de la charia islamique. Les échanges ont mis en lumière le caractère universel des principes humanitaires visant à alléger les souffrances humaines et à préserver la dignité de la personne dans les moments d’épreuve et d’adversité.
Dans son allocution d’ouverture, le Dr Atta Al-Sonbati, doyen de la Faculté de la charia et du droit du Caire, a déclaré: «Lorsque nous examinons les dispositions de la charia islamique et les principes du droit international humanitaire, nous constatons une convergence remarquable dans les objectifs et les finalités. Il ne s’agit pas d’un simple croisement circonstanciel, mais d’une véritable unité de vision humanitaire».
De son côté, M. Jeremy England, chef adjoint de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge au Caire, a souligné le caractère universel du droit international humanitaire ainsi que sa pertinence à travers les époques, affirmant que: «Le droit international humanitaire constitue une formulation officielle de valeurs humaines communes et profondément enracinées. À une époque où le monde connaît une montée de la polarisation et de la violence, il devient essentiel de réaffirmer ce qui nous unit ainsi que l’importance permanente et indispensable du droit international humanitaire».
Il a ajouté que les Conventions de Genève, largement acceptées et ratifiées à l’échelle mondiale, traduisent une prise de conscience collective selon laquelle des règles demeurent indispensables en temps de guerre afin de limiter les conséquences dévastatrices sur les êtres humains.
Le séminaire a réuni une large participation de 60 étudiants ainsi que de 35 professeurs et membres du corps enseignant de la Faculté de la charia et du droit, venus de différentes facultés de charia et de droit à travers les gouvernorats égyptiens.
Cette rencontre a offert une précieuse occasion aux experts du Comité international de la Croix-Rouge, aux savants d’Al-Azhar et à ses étudiants d’échanger leurs connaissances sur les principes communs entre le droit international humanitaire et la charia islamique.
Dans son intervention, le Dr Al-Sonbati a expliqué les similitudes entre le droit international humanitaire et la jurisprudence islamique, notamment la distinction entre combattants et non-combattants, ainsi que la protection des personnes ne participant pas aux hostilités.
Il a également indiqué que l’islam interdit la profanation des corps des défunts et toute atteinte inutile à leur intégrité, tout en ordonnant le bon traitement des prisonniers. Il a souligné que la jurisprudence islamique impose des restrictions aux moyens et méthodes de guerre, prohibe les destructions massives et appelle à la protection de l’environnement.
Il a conclu que les deux cadres juridiques visent à encadrer le comportement des parties au conflit afin de préserver la dignité humaine durant les guerres.
Ce séminaire s’inscrit dans le cadre de la coopération continue entre la délégation du Comité international de la Croix-Rouge au Caire et l’institution d’Al-Azhar, dans le cadre d’un dialogue plus large mené par le CICR avec des savants, penseurs et universitaires musulmans à travers le monde, comme il le fait également avec de nombreuses autres traditions religieuses et culturelles, afin de réaffirmer des valeurs et principes communs s’adressant à l’être humain partout dans le monde et concernant l’humanité tout entière.


