Dans le cadre des concertations lancées par le ministère de l’Intérieur sur la révision du cadre légal des prochaines élections législatives, une délégation du Mouvement Populaire (MP), formation ancrée dans l’opposition, a présenté une série de propositions traduisant une volonté de promouvoir des réformes à la fois audacieuses et pragmatiques, capables de faire de ce scrutin une étape politique décisive.
Les représentants du parti de l’épi ont insisté sur le fait que le succès du processus électoral passe d’abord par la correction des dysfonctionnements liés au découpage électoral. Ils ont plaidé pour une logique de “regroupement territorial” plutôt que celle du “morcellement”, en proposant notamment de fusionner les circonscriptions à l’intérieur d’un même territoire provincial, en particulier dans les grandes provinces, afin de renforcer l’équité représentative et réduire l’hégémonie d’un même parti sur l’ensemble des sièges.
Autre axe majeur défendu par le MP : l’élargissement des cas d’incompatibilité. La délégation a ainsi appelé à interdire le cumul de la fonction de député et de la présidence des communes, tout en maintenant le droit des parlementaires à siéger en tant que simples conseillers. « L’ère du superman est révolue », ont-ils affirmé, soulignant que ce cumul fragilise l’efficacité législative et altère l’image de l’institution parlementaire.
Dans le même esprit, les harakis se sont opposés à l’idée d’augmenter le nombre de sièges de la Chambre des représentants, proposée par certains partis, estimant que le véritable enjeu n’est pas quantitatif mais qualitatif. Ils ont en revanche défendu le maintien du quota national réservé aux femmes à hauteur de 90 sièges, considéré comme un acquis irréversible, tout en incitant à promouvoir davantage de candidatures féminines et jeunes au niveau local pour élargir la base participative et enrichir l’expérience démocratique.
La rencontre a également permis de soulever la question de la transparence financière des partis politiques, avec un appel à renforcer les mécanismes de contrôle et de redevabilité. Par ailleurs, la délégation a dénoncé les insuffisances des médias publics durant les campagnes électorales, en réclamant une stricte égalité de traitement entre toutes les formations représentées au Parlement.
Le MP a enfin insisté sur la nécessité d’engager des réformes parallèles, notamment par la révision de la loi organique relative aux partis politiques et celle encadrant la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA), afin de consolider une architecture politique plus stable et plus performante, à la hauteur des ambitions démocratiques du pays.
Un participant à la réunion a qualifié l’ambiance de “riche et constructive”, saluant l’écoute attentive du ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, et de son équipe. « Nous sommes sortis relativement satisfaits, après un débat approfondi et un long travail de préparation mené avec les organisations parallèles du parti », a-t-il conclu.
Par cette démarche, le Mouvement Populaire cherche à se positionner comme une voix réformatrice au sein de l’opposition, conjuguant réalisme politique et audace, et à préparer le terrain pour des élections qui pourraient constituer un véritable test de crédibilité pour l’ensemble des acteurs de la scène politique marocaine.


