mercredi, mai 6, 2026
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« Bilan lourd de promesses et rue en colère : Ouzzine et le Mouvement Populaire relèvent les enjeux face au déclin de la popularité du RNI avant le gouvernement du Mondial »

À la fin des vacances estivales et avec le compte à rebours du début de la session politique automnale, le gouvernement d’Aziz Akhannouch se trouve confronté à une année exceptionnelle, la dernière de son mandat avant les élections législatives de 2026. Beaucoup parient que ce scrutin donnera naissance à ce que les coulisses politiques qualifient de « gouvernement du Mondial », un terme reflétant les enjeux majeurs entourant ce rendez-vous électoral, dans l’attente tant interne qu’internationale des nouvelles équilibres à la tête de l’exécutif et de savoir si le Rassemblement national des indépendants (RNI) conservera sa position dominante ou cédera du terrain à ses concurrents après avoir perdu une partie de sa popularité.

Cette rentrée politique dépasse la simple reprise des travaux parlementaires ou des conseils gouvernementaux réguliers ; elle constitue une véritable bataille préparatoire, où les dossiers de réforme économique et sociale, ainsi que ceux de l’éducation, de la santé et de l’emploi, serviront de leviers stratégiques exploités avec soin par la majorité et l’opposition, particulièrement dans le cadre de la préparation des élections sous la supervision du ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit et sous l’orientation royale.

Les enjeux de la majorité et de l’opposition

Au cœur de cette équation, le « parti de la Colombe » dirigé par Aziz Akhannouch est animé d’une volonté de sécuriser un second mandat afin de consolider son projet politique et économique, tandis que son allié, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) sous la direction de Fatema Zahra Mansouri, guette son opportunité de prendre la tête, soutenu par un réseau d’influence local et régional non négligeable. Quant au Parti de l’Indépendance, dirigé par Nizar Baraka, il entend reconquérir sa place traditionnelle à la tête de l’exécutif, en s’appuyant sur un capital symbolique et historique ainsi que sur un discours critique à l’égard des « échecs de la majorité actuelle ».

Le Mouvement Populaire : de nouveaux enjeux sous la direction de Mohamed Ouzzine
Avec la prise de fonction du nouveau secrétaire général Mohamed Ouzzine, le Mouvement Populaire semble déterminé à redessiner sa position sur la carte politique nationale. Fort de son expérience dans la gestion de coalitions politiques fluctuantes, Ouzzine entend exploiter la base solide du parti dans les zones rurales et montagneuses, en se concentrant sur les électeurs dont les demandes sont restées partiellement insatisfaites au cours des années passées. Le Mouvement Populaire pourrait réserver des surprises susceptibles de modifier certaines équilibres lors des prochaines élections, que ce soit à travers des alliances stratégiques ou des programmes électoraux innovants, le positionnant ainsi comme un acteur incontournable de toute future architecture gouvernementale et renforçant la compétitivité dans la course dite du « gouvernement du Mondial ».

L’opposition, de son côté, ne cache pas son ambition de bouleverser les rapports de force lors du prochain scrutin. Le Parti de la Justice et du Développement cherche à se restructurer et à capitaliser sur la vague de critique populaire à l’égard du gouvernement actuel pour retrouver une place centrale et redevenir une force électorale capable de redéfinir les équilibres. Le Parti du Progrès et du Socialisme mise sur sa présence cohérente au Parlement et sur son discours critique concernant le pouvoir d’achat et la protection sociale pour se positionner comme une alternative de gauche crédible, tandis que le Mouvement Populaire, sous Ouzzine, s’efforce d’élargir sa base et de se présenter comme un acteur majeur de toute future coalition gouvernementale, animé par l’ambition de retrouver le devant de la scène dans l’ère du « gouvernement du Mondial ».

Une rentrée politique : un marathon de longue haleine

Ainsi, cette rentrée politique s’apparente à un marathon de longue haleine, chaque parti cherchant à séduire les électeurs et à mobiliser ses bases face à des concurrents déterminés. Ce qui caractérise cette étape est la flou entre les réalisations gouvernementales et la campagne électorale, rendant impossible la séparation entre les politiques publiques en cours et les enjeux des urnes à venir. L’année s’annonce donc comme la plus intense du mandat, non seulement par l’évaluation et la reddition de comptes, mais aussi comme un pont direct vers des élections qui s’annoncent parmi les plus captivantes depuis deux décennies.

Une année de paris stratégiques

Mohamed Jbour, professeur en sciences politiques et analyste parlementaire, estime que cette rentrée ne peut être considérée comme une période ordinaire, mais comme un moment clé annonçant des transformations à venir.
Il déclare à « la presse » : « La dernière année du gouvernement actuel est un passage crucial vers les élections de 2026, où les calculs politiques se mêlent aux enjeux stratégiques. La majorité, dirigée par le RNI, doit défendre le bilan de cinq années de gestion dans un contexte économique et social exceptionnel, tandis que l’opposition sait que l’équilibre des forces peut changer si elle exploite habilement la colère populaire et la frustration croissante face aux politiques publiques actuelles. »

Jbour ajoute que l’enjeu majeur du prochain scrutin est lié à ce qu’il appelle le « pari de l’image internationale » : « Nous nous dirigeons vers l’organisation de la Coupe du Monde 2030. Cela signifie que le prochain gouvernement ne sera pas seulement un groupe politique élu, mais un gouvernement à l’échelle internationale, chargé d’assurer la stabilité politique et sociale et de garantir le succès d’un événement mondial plaçant le Maroc sous l’œil des médias et de l’opinion publique internationale. »

L’année de la confrontation avec le citoyen

L’analyste politique Idriss Karmoui décrit la dernière année du mandat du gouvernement Akhannouch comme « l’année de la confrontation avec le citoyen ». Selon lui, le gouvernement n’a pas tenu les promesses électorales formulées depuis 2021, notamment la création d’un million d’emplois, la baisse des prix des carburants et la réforme de l’éducation.

Il ajoute : « Le citoyen marocain a été confronté à l’une des pires vagues d’inflation des deux dernières décennies, avec un prix du gasoil dépassant 15 dirhams le litre dans de nombreuses stations et une hausse sans précédent des prix des produits de première nécessité, tandis que les revenus des ménages sont restés stagnants. Dans ces conditions, parler de succès gouvernemental est difficile ; il s’agit plutôt d’un échec concernant le cœur du mandat électoral du RNI. »

Karmoui conclut : « Ce qui caractérise ce mandat est l’écart croissant entre le discours officiel sur les réalisations et la réalité concrète. Les élections de 2026 ne seront pas seulement une compétition entre partis, mais un véritable référendum populaire sur cinq années de gestion, plaçant le gouvernement Akhannouch dans une position défensive difficile et en faisant un gouvernement ayant perdu la confiance d’une partie significative de la population. »

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