dimanche, octobre 4, 2026
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Le RNI dans le viseur du « Parlement » du PAM : El Mjahri met le feu aux poudres… et des voix internes disent « non » au gouvernement Mansouri

Dans la salle du Conseil national du Parti authenticité et modernité (PAM), réuni samedi à Skhirat en session extraordinaire, la question du Rassemblement national des indépendants (RNI) a pris une place centrale dans les débats sur la future majorité gouvernementale.

Hicham El Mjahri a choisi de poser clairement le problème. Lors de son intervention à huis clos, le membre du bureau politique du PAM s’est opposé à une participation du RNI au prochain gouvernement et a appelé les membres du Conseil national à soutenir cette position.

Son argument ne portait pas, à ce stade, sur une répartition des portefeuilles ou sur la composition d’une équipe ministérielle. Il renvoyait directement aux résultats des élections et à ce qu’il considère comme leur signification politique. Pour El Mjahri, les urnes ont envoyé des messages dont il faudrait tenir compte au moment de définir la prochaine coalition gouvernementale.

La prise de position a suscité des applaudissements dans la salle. D’autres interventions sont ensuite allées dans le même sens.

Nadia Bouzendoufa, ancienne parlementaire, a notamment estimé qu’une alliance avec le RNI serait « contraire au bon sens », en appelant à respecter ce qu’elle considère comme les messages issus du scrutin.

Le débat ne s’est donc pas limité à une opposition individuelle. Plusieurs voix du Conseil national ont défendu l’idée qu’une nouvelle configuration gouvernementale devait traduire politiquement les résultats électoraux et ne pas reproduire automatiquement les alliances de la précédente législature.

Mais c’est précisément à ce moment que le débat prend une autre direction.

Le Conseil national n’a pas adopté une résolution excluant le RNI des négociations.

Le député et membre du bureau politique du PAM, Khattat Yenja, a au contraire appelé à ne fermer la porte à aucun parti avant l’aboutissement des consultations. Son argument était d’ordre politique et pratique : imposer des limites préalables réduirait la marge de négociation de la commission chargée de discuter avec les différentes formations.

Cette position a finalement trouvé sa traduction dans la décision institutionnelle du Conseil national.

La commission chargée des consultations a été mandatée pour poursuivre les discussions avec les différentes composantes politiques. Elle comprend Fatima Zahra Mansouri, Fouzi Lekjaa, Ahmed Akhchichine et Abdellatif Ouahbi.

La formulation retenue par le parti laisse donc ouvertes plusieurs possibilités.

C’est là que se situe la différence entre le débat politique qui s’est exprimé dans la salle et la décision prise par l’instance du parti.

Une partie des membres du PAM a clairement exprimé son opposition à la présence du RNI dans la prochaine majorité. Cette position existe, elle a été exprimée publiquement à travers les interventions rapportées de plusieurs membres et elle a rencontré des réactions favorables dans la salle.

Mais le parti, en tant qu’institution, n’a pas transformé cette opposition en interdiction de négocier.

La nuance est importante.

Car la question posée par El Mjahri dépasse le seul cas du RNI. Elle renvoie à deux manières différentes de lire les résultats du scrutin du 23 septembre.

Pour les partisans de son approche, les résultats électoraux ne doivent pas seulement être convertis en sièges. Ils portent également, selon eux, un message politique sur la configuration de la prochaine majorité. Dans cette lecture, reconduire les mêmes alliances reviendrait à ne pas tirer toutes les conséquences du vote.

L’autre approche considère que les résultats électoraux fixent un rapport de forces, mais que la construction d’une majorité relève ensuite de la négociation politique.

C’est cette seconde logique que Khattat Yenja a défendue lorsqu’il a appelé à laisser la commission travailler sans lui imposer de lignes rouges avant même que les discussions n’aboutissent.

La question a également été visible dès le début de la session, lorsqu’un débat a opposé plusieurs membres du Conseil national sur la place des membres du bureau politique dans les discussions.

Fatima Zahra Mansouri est alors intervenue pour rappeler que la session était précisément consacrée aux alliances gouvernementales et que les membres du bureau politique, en leur qualité de membres du Conseil national, avaient le droit d’exprimer leurs positions.

Le détail est révélateur de la nature du moment.

Le PAM doit à la fois gérer un débat interne sur les orientations de la prochaine majorité et préserver une capacité de négociation suffisante pour sa future présidente du gouvernement.

D’autres voix ont d’ailleurs appelé à accorder à Mansouri une marge de manœuvre plus large dans la conduite des consultations, en considérant que la négociation devait être menée sous sa responsabilité et en fonction des intérêts du pays et du parti.

Le contraste entre les deux positions apparaît alors nettement.

D’un côté, des responsables politiques demandent que le scrutin soit traduit dans la composition de la majorité et refusent que le RNI soit reconduit mécaniquement dans le prochain gouvernement.

De l’autre, ceux qui défendent une liberté de négociation plus importante estiment qu’une exclusion décidée à l’avance pourrait compliquer la formation de la majorité.

Pour Mansouri, le résultat de la session est finalement plus précis qu’il n’y paraît.

Elle n’a pas reçu mandat pour exclure le RNI.

Elle n’a pas non plus reçu mandat pour reconduire automatiquement l’alliance précédente.

Elle dispose d’un espace de négociation.

Cette marge était d’autant plus nécessaire que le RNI a été le premier parti reçu par la cheffe du gouvernement désignée après sa nomination, le 29 septembre. La rencontre du 30 septembre avait réuni, du côté du RNI, Mohamed Chouki, Rachid Talbi Alami et Mohamed Boussaid. La délégation du PAM était conduite par Mansouri, entourée notamment d’Ahmed Akhchichine, Abdellatif Ouahbi et Fouzi Lekjaa.

Le fait que le RNI ait été reçu aussi rapidement ne constitue pas, à lui seul, une indication sur l’issue des négociations. Il montre toutefois que le parti figure parmi les interlocuteurs avec lesquels la cheffe du gouvernement désignée a choisi d’ouvrir le processus.

Depuis, le débat interne au PAM a donné une autre dimension à cette relation.

Le refus exprimé par El Mjahri et d’autres intervenants ne peut donc pas être réduit à une querelle de personnes. Il traduit une discussion plus large sur la manière dont le PAM entend interpréter les résultats électoraux et sur le degré de continuité ou de rupture avec la majorité précédente.

Mansouri doit désormais composer avec ces deux données.

Elle dispose d’un mandat institutionnel pour négocier avec les différentes formations. Mais elle sait aussi qu’une partie de son propre parti considère qu’une participation du RNI serait politiquement difficile à justifier au regard des résultats du scrutin.

Le Conseil national n’a pas tranché cette contradiction.

Il l’a laissée entre les mains de la commission des consultations.

Cette distinction permet aussi d’éviter une conclusion prématurée sur le sort du RNI. À ce stade, le fait établi est qu’une opposition interne à sa participation existe et qu’elle s’est exprimée avec force lors de la session de Skhirat. Le fait établi également est que le PAM n’a pas adopté de décision formelle fermant la porte aux négociations avec le RNI.

Entre les deux se trouve désormais le travail politique de la commission.

Et c’est dans les prochaines rencontres que l’on saura si le refus exprimé dans la salle de Skhirat deviendra une condition de négociation, ou s’il restera une position politique portée par une partie du Conseil national.

Pour l’heure, Mansouri conserve ce que les débats lui ont finalement laissé : la possibilité de négocier sans que toutes les portes aient été fermées avant même le début de la discussion.

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