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Baraka frappe au cœur d’Ouzzine : la démission de Chafik dévoile la guerre silencieuse qui redessine la carte électorale de Casablanca

Dans le tumulte des préparatifs précoces des élections législatives prévues le 23 septembre prochain, la région de Casablanca–Settat apparaît comme un vaste échiquier politique en mouvement permanent, où les positions ne se mesurent plus uniquement à la force des déclarations, mais à la vitesse des repositionnements et des recompositions partisanes. Dans ce contexte, l’affaire du député Abd el-Haq Chafik s’impose comme l’un des signaux les plus révélateurs d’une dynamique électorale qui dépasse la simple concurrence classique pour toucher à une véritable reconfiguration des alliances.

L’affaire débute par un geste administratif en apparence ordinaire : le dépôt d’une demande de démission de la Chambre des représentants, accompagnée de documents attestant la rupture avec son ancienne appartenance politique, en vue de rejoindre officiellement Hizb Al-Istiqlal afin de se présenter sous ses couleurs lors des prochaines échéances électorales. Mais réduire ce mouvement à un simple changement de parti serait ignorer la profondeur d’un parcours politique marqué par des transitions successives, faisant de Chafik une figure mobile au sein de circonscriptions électorales particulièrement stratégiques, notamment celle d’Aïn Chock.

La dimension juridique de cette séquence est tout aussi déterminante que sa portée politique. L’accompagnement de la demande de démission par un procès-verbal d’huissier attestant la rupture avec le parti précédent traduit une volonté claire de sécurisation juridique, dans un contexte où les contentieux électoraux peuvent rapidement remettre en cause des sièges obtenus. À ce niveau, le rôle de la Cour constitutionnelle apparaît central, en tant qu’institution chargée de trancher les litiges liés à la régularité du mandat parlementaire et à la conformité des parcours politiques des élus.

Derrière cette mécanique administrative se dessine toutefois une couche plus profonde de recomposition politique. Abd el-Haq Chafik n’a pas été un acteur figé dans un seul camp : il a successivement évolué au sein de plusieurs formations, dont Parti authenticité et modernité puis Mouvement populaire, avant d’acter aujourd’hui un nouveau basculement vers une autre configuration partisane. Cette succession de repositionnements ne relève pas uniquement d’une trajectoire individuelle opportuniste ou stratégique, mais révèle également une instabilité plus large des ancrages politiques dans certaines zones électorales à forte densité concurrentielle.

Au cœur de cette dynamique, la figure du secrétaire général de Nizar Baraka apparaît comme un acteur structurant de cette recomposition. Les rencontres politiques tenues à Casablanca, réunissant plusieurs cadres et responsables du parti, ne relèvent pas du simple rituel partisan, mais traduisent une stratégie d’anticipation électorale visant à consolider des positions clés et à attirer des profils capables d’influencer les équilibres locaux.

En parallèle, ces mouvements ne peuvent être dissociés du contexte organisationnel dans lequel évoluent d’autres figures politiques telles que Mohamed Ouzzine, dont les ajustements internes au sein de sa formation ont, à certains moments, influencé la distribution des rôles et des responsabilités électorales. Cette superposition entre décisions organisationnelles et trajectoires individuelles met en lumière une réalité partisane en constante mutation, où la stabilité cède souvent la place à la reconfiguration tactique.

À l’échelle plus globale, ce type de migration politique ne se limite pas à un simple changement d’étiquette. Il traduit une logique plus profonde de compétition anticipée, dans laquelle les partis cherchent à sécuriser des profils électoralement solides afin de renforcer leur position avant même le lancement officiel de la campagne. Le cas Chafik devient ainsi un exemple révélateur de la manière dont l’individuel et le collectif s’entrecroisent dans une arène politique où les équilibres sont sans cesse renegociés.

Ce qui se joue à Casablanca–Settat dépasse donc la simple question d’un siège parlementaire ou d’une candidature. Il s’agit d’un processus plus large de redistribution des forces politiques, où chaque mouvement est à la fois un signal et une stratégie. Entre calculs partisans, sécurisation juridique et repositionnements successifs, la scène politique locale semble entrer dans une phase où l’anticipation prime sur la stabilité, et où les alliances se construisent autant dans l’ombre des négociations que dans la lumière des annonces officielles.

Au terme de cette séquence, une interrogation demeure en suspens : ces changements répétés traduisent-ils une simple adaptation aux règles du jeu électoral, ou révèlent-ils une transformation plus profonde de la culture politique partisane, où l’ancrage idéologique cède progressivement la place à la logique de l’efficacité électorale immédiate ?

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