mardi, mars 3, 2026
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Réforme des médias publics… Qui écrit le scénario? Et le freelance, hors cadre, attend toujours que la situation se débloque

Une réforme annoncée, des comités sans noms, un financement public distribué en silence, et des journalistes indépendants travaillant sans protection… Qui aura le courage d’ouvrir les dossiers au lieu de simplement embellir la façade?

Le dossier des médias publics est revenu au Parlement marocain, après l’annonce du ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, concernant une nouvelle étude menée par le ministère de l’Économie et des Finances pour réexaminer la situation financière des chaînes publiques, dans le cadre du chantier en cours de restructuration du secteur.

L’annonce de cette étude intervient dans un contexte où les établissements publics connaissent des défis financiers croissants, en raison de leur grande dépendance à la publicité, qui est passée du rôle de source principale de financement de la presse traditionnelle à un domaine dominé par les plateformes numériques mondiales.

Le soutien public : des chiffres officiels incomplets

Selon des données officielles, le soutien public destiné au secteur de la presse et des médias a atteint environ 325 millions de dirhams en 2024, principalement pour couvrir les salaires, les cotisations sociales et les impôts. Le ministère a également annoncé l’ouverture de la procédure de demande de soutien pour les entreprises de presse, les structures culturelles et les sociétés d’impression et de distribution au titre de l’année 2025.

Cependant, ces chiffres ne reflètent pas la répartition du soutien entre toutes les catégories concernées. Les données disponibles indiquent que la majorité de ce soutien est allouée aux grandes institutions, alors qu’aucune information officielle n’existe concernant les journalistes freelances ou la presse indépendante, malgré les promesses antérieures de compensation ou d’intégration dans les mécanismes de soutien.

Le décret n°2.23.1041 et l’arrêté conjoint n°2345.24 entre les ministères de la Culture et des Finances fixent les conditions d’accès au soutien, mais la transparence concernant les bénéficiaires et les critères détaillés reste absente du domaine public. Cela soulève des questions sur l’inclusivité et l’équité du système, notamment pour les catégories produisant généralement un journalisme d’enquête et d’analyse indépendante.

Les journalistes freelances : entre promesses et invisibilité

L’une des principales lacunes dans la répartition du soutien public concerne les journalistes indépendants (freelancers). Malgré les déclarations de certains médias et syndicats sur des promesses de compensation depuis l’arrivée du ministre Bensaid, aucune donnée officielle ne prouve qu’un quelconque soutien leur a été versé, ni ne révèle le nombre de bénéficiaires potentiels.

Les estimations professionnelles indiquent que les freelances constituent une partie significative du secteur journalistique marocain, en particulier dans les enquêtes et les analyses approfondies. Pourtant, ils n’ont aujourd’hui aucune protection financière ou mécanisme de soutien continu.

Mutation du marché publicitaire et impact sur les médias publics

Le ministre a confirmé que la deuxième chaîne dépend à 90% des recettes publicitaires, tandis que le financement étatique ne couvre que 10%. Avec le déplacement des annonceurs vers les plateformes numériques, plusieurs chaînes publiques font face à une crise financière chronique, se manifestant par des retards de paiement envers les sociétés de production et les journalistes indépendants.

Cette situation remet en question la capacité des médias publics à continuer de produire un contenu diversifié et indépendant, et relance le débat sur le rôle de l’État dans la protection du service public médiatique.

La nouvelle instance : réforme ou simple réorganisation?

Le ministère a annoncé récemment la création d’une instance chargée de restructurer le secteur, notamment dans l’organisation de la publicité. Cependant, aucune information n’a été divulguée sur la liste des membres, les critères de sélection ou les prérogatives, ce qui rend difficile l’évaluation de sa capacité à garantir transparence et équité.

Les informations disponibles indiquent seulement que le projet de loi 26.25 relatif au Conseil National de la Presse propose de porter le nombre de membres à 19, incluant 7 représentants des journalistes professionnels. Mais aucune donnée précise n’indique une représentation des freelances ou de la presse indépendante.

Les maisons de jeunes et l’accès des jeunes aux espaces publics

Concernant les maisons de jeunes, le ministre a indiqué que 70 à 80% des établissements fermés ont été rouverts grâce à une collaboration avec les autorités locales. Mais aucune donnée ne montre si ces espaces offrent un contenu culturel pertinent, ou s’ils ont simplement été réouverts physiquement sans programmation qualitative.

Conclusions préliminaires

  • Le soutien public existe, mais son mode de distribution manque de transparence, surtout concernant les freelances.

  • Il existe un manque d’informations sur le nombre de freelances éligibles et les délais de versement promis.

  • La nouvelle instance pourrait constituer une opportunité de réforme, mais l’absence de critères clairs soulève des doutes sur l’équité de la représentation.

  • La transformation du marché publicitaire renforce la nécessité d’une révision du modèle de financement.

Question centrale

Le service public médiatique marocain sera-t-il capable de remplir son rôle en incluant toutes les composantes du secteur, y compris les freelances, ou le soutien continuera-t-il de se concentrer sur les grandes institutions?


Tableau traduit en français

Catégorie Montant annoncé Remarques
Soutien « exceptionnel » global pour le secteur de la presse (salaires, cotisations, impôts) en 2024 325 millions MAD Destiné à couvrir les salaires, cotisations sociales et impôt sur le revenu
Soutien « contribution fixe » pour la presse et l’édition en 2024 35 millions MAD Orienté vers la presse écrite et l’édition
Soutien à la presse partisane en 2024 1,4 million MAD Destiné aux journaux affiliés aux partis
Soutien à l’impression en 2024 9 millions MAD Dirigé vers le secteur de l’impression
Soutien à l’édition (livres/publications) en 2023 30 millions MAD Chiffre concernant 2023
Soutien à la distribution 0 MAD Aucun soutien attribué selon l’annonce officielle
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