jeudi, mars 12, 2026
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« Qui protège le socle national ? Lecture du discours d’Ouzine contre Benhadi et Bouabid »

À un moment politique et social délicat que traverse le Royaume du Maroc, le secrétaire général du Parti du Mouvement Populaire, Mohamed Ouzine, signe un article qui dépasse la simple réponse aux critiques adressées à sa personne et à son parti. Cet article, intitulé « Entre Benhadi et Bouabid… quand deux lignes parallèles se rencontrent pour frapper le socle commun des Marocains », ne se limite pas à un commentaire sur deux discours divergents, mais constitue une lecture approfondie du danger que représente la dispersion de l’unité nationale sous l’effet d’un discours politique qui tend à marginaliser ce socle commun entre les Marocains, qu’il soit religieux, culturel ou national.

Contexte temporel et message implicite

Le choix d’Ouzine de publier pendant la période des vacances politiques estivales reflète une volonté claire de provoquer un choc ou de lancer un message fort dans le calme apparent de la scène politique. Le discours politique ne connaît pas de pause, et Ouzine tient à ce que la voix de son parti, celle qui défend l’unité nationale et les principes de coexistence, demeure forte, provocante et incitative à un débat national profond.

Entre Benhadi et Bouabid… deux discours parallèles

Dans son analyse, Ouzine souligne que, malgré la différence de leurs origines et de leurs objectifs apparents, Alaa Eddine Benhadi et Ali Bouabid partagent une même tentative de saper le socle national. Benhadi, avec son style linguistique sophistiqué, utilise un discours qui reproduit des narrations historiques contestables, au service d’objectifs politiques et idéologiques qui jettent le doute sur la loyauté et l’appartenance de certaines composantes de la société marocaine. Quant à Ali Bouabid, il réduit le discours national à des positions circonstancielles liées à des crises régionales, ce qui prive la nationalité de sa profondeur juridique et culturelle, la transformant en un jeu temporaire et fluctuant.

Cette analyse révèle une crise profonde dans la pensée politique marocaine, où le discours sur la nationalité oscille entre exclusion et fragmentation, au lieu d’exploiter la diversité et la pluralité pour construire une unité nationale solide.

La citoyenneté entre appartenance juridique et positions politiques

Ouzine, en tant que secrétaire général d’un parti qui croit en la pluralité et la différence, insiste sur l’importance de concevoir la nationalité comme un concept intégral : une appartenance juridique, affective, historique, culturelle et contractuelle à l’État et à ses institutions, et non comme une réaction momentanée aux enjeux politiques ou régionaux. Il défend vigoureusement les Marocains d’origines religieuses diverses, tels que les Marocains juifs, qui font partie intégrante du tissu national et dont la loyauté n’est pas remise en question.

Cette vision reflète un profond sentiment de responsabilité envers la préservation de la coexistence nationale face aux tentatives de reproduire un discours d’exclusion fondé sur des motivations religieuses ou politiques.

Le discours royal : symbole d’unité, non outil de polarisation

Ouzine rappelle à tous que le discours du Roi, gardien de l’unité et de la liberté religieuse, ne doit pas être exploité dans des conflits idéologiques ou populistes. Le Roi, Amir Al-Mouminine, garant de la coexistence pacifique, ne peut être un acteur dans des calculs politiques étroits, et ses paroles ne doivent pas être déformées ou utilisées pour obtenir des gains politiques.

Ce rappel constitue un cri intellectuel appelant au respect des institutions de l’État et de leur symbolique, et à la séparation entre discours officiel et fièvre politique.

Le non-dit : y a-t-il des solutions proposées ?

Malgré la profondeur de l’analyse, l’article manque de propositions ou de visions pratiques pour résoudre la crise des deux discours ou aller au-delà afin de construire une nation inclusive. Le discours reste plus défensif que constructif, et ne précise pas de mécanismes concrets pour renforcer la citoyenneté ou créer un dialogue national global incluant toutes les parties.

Ce vide ouvre la porte à davantage de controverses politiques et soulève une question centrale : comment dépasser le discours de division pour adopter un discours d’unité et d’intégration ?

Dimensions nationales et internationales du sujet

Au niveau national, l’article reflète une tension politique entre ceux qui veulent transformer la nationalité en conflit idéologique et ceux qui la voient comme une valeur unificatrice exaltant la solidarité et la coexistence. À l’international, le Maroc est une île de tolérance dans une région en proie à des conflits confessionnels et politiques. Préserver cette image nationale exige un discours unifié qui rejette toutes les tentatives de fragmentation et de mise en doute de la loyauté nationale.

Conclusion

L’article de Mohamed Ouzine est un appel explicite à revenir à l’essence de la nationalité marocaine, qui transcende tous les différends politiques et idéologiques. C’est une affirmation que la patrie n’appartient à personne en particulier, mais qu’elle est un projet commun nécessitant le renforcement des valeurs d’unité et de coexistence. Cependant, le succès de cet appel dépend du développement d’un nouveau discours politique qui dépasse les limites de la défense et propose une vision claire de l’avenir d’un Maroc pluriel et diversifié.

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