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« Entre flambée des prix et politiques qui creusent les inégalités : les syndicats mettent le modèle économique sur le banc des accusés sociaux »

Dans un contexte social marqué par une pression croissante sur le pouvoir d’achat et une détérioration progressive de la confiance entre les acteurs sociaux et les politiques publiques, l’Union nationale du travail au Maroc a remis au centre du débat public la question des conditions de vie des travailleurs à travers son appel du 1er mai 2026. Celui-ci propose une lecture critique de la situation socio-économique actuelle, estimant que la classe laborieuse fait face à une érosion continue de ses capacités financières, aggravée par la persistance de la hausse des prix.

Le syndicat établit un lien direct entre cette situation et les choix économiques adoptés, qu’il décrit comme étant dominés par une logique de marché et une approche comptable privilégiant les équilibres financiers au détriment des équilibres sociaux. Selon cette analyse, ces orientations auraient contribué à fragiliser progressivement la classe moyenne et à accentuer la vulnérabilité des catégories sociales les plus modestes.

Sur le plan des revendications, l’organisation syndicale appelle à une revalorisation immédiate et réelle des salaires, des pensions de retraite et des droits des ayants droit. Elle insiste également sur la mise en place d’un mécanisme d’indexation automatique des salaires et des prix, destiné à garantir une adaptation régulière des revenus à l’évolution du coût de la vie, afin de protéger les travailleurs contre les effets de l’inflation. Dans la même logique, elle réclame une réforme en profondeur de l’impôt sur le revenu, à travers la révision des tranches fiscales et l’élargissement des exonérations afin de réduire la pression fiscale sur les salariés.

Sur le plan économique, le discours syndical dépasse la seule question salariale pour aborder la régulation des marchés. Il propose notamment la limitation des marges bénéficiaires dans certains secteurs stratégiques, ainsi que la fixation de سقteurs pour les prix des carburants et des produits de première nécessité. Cette orientation traduit une volonté de renforcer l’intervention publique afin de garantir la sécurité alimentaire et de limiter l’impact des fluctuations du marché sur les ménages.

Concernant le système de protection sociale, le syndicat exprime son refus de toute réforme paramétrique des régimes de retraite qui ne serait pas issue d’un dialogue national approfondi. Il insiste sur la préservation des droits acquis, notamment en matière d’âge de départ à la retraite, de cotisations et de pensions. Par ailleurs, il rejette toute initiative législative susceptible de restreindre le droit de grève, considéré comme un pilier constitutionnel de l’action syndicale.

Le texte met également en avant la nécessité de renforcer le rôle de l’inspection du travail, en lui accordant davantage de moyens juridiques et matériels pour assurer l’application effective du Code du travail, notamment en ce qui concerne les conditions de sécurité et de santé au travail. Cette demande intervient dans un contexte de préoccupation croissante liée aux accidents du travail dans certains secteurs industriels et agricoles.

Sur le plan social global, le syndicat établit un lien étroit entre la stabilité sociale et la réponse aux revendications des travailleurs, estimant que l’apaisement dépend directement de la prise en compte des exigences légitimes des salariés. Cette approche reflète une lecture selon laquelle les tensions sociales trouvent principalement leur origine dans les déséquilibres économiques et les inégalités de répartition.

Enfin, le syndicat réaffirme son attachement constant à la cause palestinienne, qu’il considère comme une cause nationale pour l’ensemble des travailleurs marocains et du peuple. Il renouvelle son opposition à toute forme de normalisation avec Israël, inscrivant ainsi sa position dans une perspective à la fois sociale, politique et éthique.

Ainsi, cet appel syndical met en lumière une lecture critique globale du modèle socio-économique actuel, où les revendications sociales dépassent le cadre strict des conditions de travail pour interroger plus largement les fondements des politiques économiques et leurs effets sur la cohésion sociale.

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