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Du Pacte de 2022 aux élections de 2026 : le dialogue social s’est-il transformé en mise en scène politique ?

À l’approche des législatives de 2026, le débat sur le dialogue social revient au premier plan. Trois ans après la signature de l’accord du 30 avril 2022, ce pacte reste suspendu entre la théorie et la mise en œuvre, alors que les crises sociales s’accumulent et que les questions se multiplient sur le sérieux du gouvernement, la crédibilité des syndicats et la place de l’entreprise dans une équation qui ne semble toujours pas équilibrée.

Promesses reportées et temps perdu

Abderrahim Rmah, président du Forum marocain pour le développement social, affirme que le Maroc dispose d’un système complet de dialogue social dont l’application permettrait d’instaurer un équilibre entre les trois parties : gouvernement, syndicats et employeurs. Mais la question cruciale demeure : pourquoi ce système n’a-t-il pas été activé malgré plus de trois ans écoulés depuis l’accord ?
S’agit-il d’un déficit de volonté politique ou de l’utilisation du dialogue social comme simple instrument pour repousser les solutions après 2026 ?

Le gouvernement au cœur de la responsabilité

Pour Rmah, la responsabilité première incombe au gouvernement, seul acteur capable d’imposer le rythme du dialogue et de convaincre les employeurs. Mais l’expérience soulève une interrogation embarrassante : si le gouvernement détient réellement ce pouvoir, pourquoi les dossiers en suspens – protection sociale, retraites, salaires – se sont-ils accumulés jusqu’à aujourd’hui ? Et surtout, osera-t-il prendre des décisions impopulaires – comme le relèvement de l’âge de départ à la retraite – avant les élections ?

Des syndicats sans poids ?

Le texte appelle à protéger les libertés syndicales et à organiser des élections professionnelles équitables. Mais il évite d’admettre une réalité largement partagée : les syndicats ont perdu une grande partie de leur légitimité auprès de la base ouvrière.
Dès lors, des syndicats faiblement représentatifs peuvent-ils réellement être des partenaires crédibles dans un dialogue social censé produire des réformes majeures ? Ou ne s’agit-il que d’un simple jeu de rôles entre acteurs ayant perdu la confiance des citoyens ?

Entre technique et politique

Rmah propose une série de mesures : activation des commissions supérieures, révision du Code du travail, réforme des caisses de retraite, renforcement de la protection sociale… Autant de pas qui semblent techniques sur le papier. Mais derrière ce discours technocratique se cache une dimension politique inavouée : assistons-nous à un dialogue social pour transformer la réalité, ou à une mise en ordre interne en vue des élections ?

Les grands enjeux

Le texte relie le dialogue social aux questions nationales fondamentales : justice sociale, libertés publiques, démocratie, cohésion interne… Des slogans séduisants, certes. Mais la contradiction devient flagrante dès qu’on compare ces objectifs affichés à la pratique réelle : accords reportés, temps social gaspillé, absence de transparence dans l’évaluation et préférence pour les généralités plutôt que pour des décisions concrètes.

Conclusion : la question de la confiance avant celle des salaires

Le problème ne réside pas seulement dans le pourcentage des augmentations salariales ni dans la technique de réforme des retraites, mais bien dans l’absence de confiance.
Les Marocains ne s’interrogent pas sur les détails des commissions thématiques autant qu’ils posent ces questions simples :

  • Pourquoi les engagements précédents n’ont-ils pas été appliqués ?

  • Le dialogue social protège-t-il réellement la classe ouvrière ou sert-il à gérer les équilibres électoraux ?

  • Peut-on véritablement parvenir à un consensus national sur des dossiers sensibles avant 2026, ou tout sera-t-il repoussé après le scrutin ?

Le dialogue social se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins : soit il devient un levier réel pour construire l’État social promis par le gouvernement, soit il se réduit une fois de plus à des slogans électoraux brandis pour gagner du temps au lieu d’affronter la réalité.

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