mercredi, mars 11, 2026
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Des rencontres séparées entre le ministre et les syndicats révèlent la profondeur de la crise du dialogue dans l’enseignement supérieur

Dans une tentative d’apaiser la tension qui secoue le secteur de l’enseignement supérieur, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Aziz Eddine El Midaoui, a convoqué les syndicats les plus représentatifs à des réunions séparées ce lundi. Selon des sources concordantes, l’ordre du jour portera principalement sur le projet de loi n°59.24 relatif à l’enseignement supérieur, objet d’une vive controverse, ainsi que sur la reprise des discussions autour du statut de base des fonctionnaires de l’enseignement supérieur, dont le blocage a provoqué un climat social tendu depuis le début de l’année.

Un front syndical divisé

Le ministre rencontrera dans la matinée les représentants du bureau national du Syndicat national des fonctionnaires de l’enseignement supérieur et des cités universitaires, affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT). Dans l’après-midi, il recevra les représentants de l’Université nationale des fonctionnaires de l’enseignement supérieur et des cités universitaires, rattachée à l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), ainsi que le Syndicat national de l’enseignement – section enseignement supérieur, membre de la Fédération démocratique du travail (FDT).

Cependant, l’unité syndicale est loin d’être acquise. La CDT refuse de s’asseoir à la même table que les autres organisations, qu’elle accuse de « relayer les positions de l’administration et de compromettre les chances de parvenir à un accord ». De leur côté, les deux autres syndicats insistent sur le caractère incontournable du dialogue collectif, avertissant qu’un schéma de négociations séparées risque de « vider le processus de sa substance ».

Les enjeux de fond

La crise actuelle dépasse les simples revendications professionnelles : elle se cristallise autour de la méthodologie du dialogue. Alors que certains syndicats considèrent que les concertations doivent rester inclusives et collectives, d’autres jugent que l’espace commun est devenu stérile, dominé par des voix alignées sur le ministère.

Le département de tutelle, pour sa part, défend son approche, arguant que « le statut de base nécessite du temps pour son examen en raison de ses dimensions financières et administratives ». Le ministère s’étonne par ailleurs de voir certaines organisations recourir à des grèves unilatérales, sans concertation avec leurs partenaires sociaux.

Une lecture analytique

Cette division illustre une crise plus large dans les relations entre syndicats et gouvernement. Alors que le dialogue social est censé harmoniser les positions et garantir les droits des fonctionnaires, les divergences stratégiques au sein du front syndical fragilisent la capacité de négociation. Le choix du ministère de privilégier des rencontres bilatérales peut apparaître comme une réponse pragmatique pour contenir la colère, mais il risque aussi d’accentuer la fragmentation syndicale et de compliquer la conclusion d’un accord global.

Une issue incertaine

La question reste donc ouverte : ces rencontres de lundi permettront-elles de rétablir la confiance et de relancer un dialogue collectif indispensable ? Ou bien la crise autour du statut de base continuera-t-elle à peser, annonçant une rentrée universitaire marquée par la tension et un climat social encore plus crispé dans un secteur vital comme l’enseignement supérieur ?

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