mardi, juillet 1, 2025
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Un large rejet de l’homosexualité au Maroc… Une société attachée à son identité religieuse dans un monde en mutation

Les résultats du « Résumé de l’enquête au Maroc », publiés mercredi dernier par Afrobaromètre, une organisation panafricaine spécialisée dans les sondages d’opinion, révèlent que près de 80 % des citoyens marocains expriment une aversion totale à l’égard des personnes homosexuelles. À l’opposé, seule une minorité – moins de 2,5 % – affirme avoir une opinion favorable envers cette catégorie socialement perçue comme déviante sur le plan sexuel.

Ce rejet massif n’est pas un simple chiffre isolé, mais le reflet d’un attachement profond aux valeurs religieuses, culturelles et identitaires au Maroc. Dans un contexte international marqué par la montée des revendications des minorités sexuelles, ces données révèlent un décalage persistant entre les dynamiques sociétales mondiales et les références conservatrices qui structurent encore la majorité du tissu social marocain.

Dans un autre volet, plus de 98 % des Marocains sondés ont déclaré appartenir à la religion musulmane, tandis que seulement 0,1 % se définissent comme athées. Ce taux marginal de sécularisation interroge sur la place centrale de la foi dans la vie publique et privée au Maroc, et sur les résistances possibles face à la montée d’un humanisme laïc dans d’autres régions du monde.

Par ailleurs, l’enquête révèle que plus de 96 % des Marocains possèdent un téléphone portable, et environ 80 % ont accès à Internet, tandis que 58 % disposent d’un compte bancaire personnel. Ces chiffres traduisent une dynamique d’intégration progressive dans l’économie numérique, mais soulèvent également des questions sur les fractures sociales persistantes dans certaines zones rurales ou défavorisées.

Interrogés sur la peine de mort, 70,4 % des répondants se disent favorables à son application pour les crimes graves, notamment les homicides, contre 25 % qui estiment qu’aucun crime ne justifie une telle sanction. Ce soutien majoritaire reflète un besoin de justice punitive et dissuasive, dans une société confrontée à des défis sécuritaires croissants.

Concernant la confiance dans les institutions, 68 % des Marocains déclarent faire confiance à la justice et aux tribunaux. Cependant, moins de 6,1 % disent faire confiance aux partis politiques de l’opposition, ce qui renvoie à une crise persistante de représentativité politique.

Sur le plan international, près de 60 % des Marocains soutiennent une position neutre du pays dans le conflit russo-ukrainien, contre environ 5 % qui souhaiteraient que le Maroc soutienne Moscou. Cette posture de neutralité semble refléter une pragmatique diplomatique centrée sur les intérêts stratégiques du Royaume.

En matière de migration, plus de 55 % des sondés affirment n’avoir jamais envisagé d’émigrer, ce qui va à l’encontre des idées reçues sur une jeunesse désespérée. Cela pourrait s’expliquer par une atténuation des pressions migratoires grâce à des politiques d’emploi ou à des transformations sociales en cours.

Sur la question de l’avortement, 33,6 % estiment qu’il peut être justifié en cas de danger pour la santé de la mère, tandis que plus de 56 % s’y opposent même en cas de difficultés financières. De plus, 33 % des répondants refusent l’avortement même en cas de viol ou d’inceste, témoignant de positions conservatrices très ancrées malgré les débats juridiques et médicaux autour de cette question.

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