vendredi, avril 10, 2026
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Les élections entre pilotage préalable et réforme formelle : lecture de la position de Hamidine

Le dirigeant du Abdelali Hamidine, membre du Parti de la Justice et du Développement, estime que les amendements proposés aux lois électorales, bien qu’ils comportent des dispositions techniques et répressives importantes, demeurent insuffisants pour corriger les dysfonctionnements profonds qui affectent le processus démocratique au Maroc. Selon lui, la problématique ne se limite pas à la révision des textes juridiques, mais renvoie surtout à l’absence d’une réelle volonté politique capable de garantir l’intégrité de la compétition électorale et de traiter les déséquilibres structurels liés au mode de scrutin, à la neutralité de l’administration et à l’usage de l’argent pour influencer le choix des électeurs.

Lors d’une rencontre de formation organisée par le parti dans la région de Guelmim-Oued Noun, il a souligné que le cadre juridique régissant les élections souffre d’une forte fragmentation et de modifications récurrentes intervenant à chaque échéance électorale, ce qui empêche toute stabilité législative et crée une situation de réajustement permanent des règles du jeu. Cette instabilité, selon son analyse, fragilise la confiance des acteurs politiques et limite la clarté des mécanismes encadrant la concurrence démocratique.

Il a également rappelé que certaines constantes demeurent inchangées, notamment le rôle central du Ministère de l’Intérieur dans la gestion du processus électoral, ainsi que le maintien d’un mode de scrutin qui ne favorise pas l’émergence d’une majorité parlementaire cohérente et forte. Il a qualifié cette situation de persistance d’une logique de « pilotage préalable » du processus électoral, estimant que les élections de 2016 ont constitué, à ses yeux, l’exception ayant momentanément rompu avec ces mécanismes de contrôle anticipé et produit une dynamique politique différente.

Par ailleurs, il s’est interrogé sur le fait que la question de la moralisation du processus électoral soit principalement imputée aux partis et aux candidats, sans une véritable responsabilisation de l’ensemble des autres intervenants. Il a mis en garde contre l’ouverture de la participation politique aux jeunes en dehors des cadres partisans, affirmant que si cette démarche n’est pas accompagnée d’un encadrement clair, elle pourrait affaiblir la confiance dans les partis plutôt que favoriser leur renouvellement interne et la revitalisation des élites politiques.

Concernant certaines dispositions nouvelles, telles que la pénalisation de la contestation des élections, il a souligné les défis d’application liés à leur interprétation, notamment en raison de leur articulation avec la liberté d’expression et de la difficulté à prouver certaines irrégularités affectant l’intégrité électorale. Selon lui, la frontière entre critique légitime et infraction pénale reste juridiquement délicate et susceptible de débats dans la pratique judiciaire.

En conclusion, il a affirmé que la responsabilité de garantir la transparence et l’intégrité des élections ne saurait reposer uniquement sur les acteurs politiques, mais doit également impliquer l’autorité chargée de l’organisation et du suivi du processus. Il considère que les amendements actuels ne proposent pas de réponses structurelles suffisantes aux dysfonctionnements persistants, se limitant à des ajustements partiels sans traiter en profondeur les causes fondamentales des fragilités du système.

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