dimanche, décembre 7, 2025
AccueilActualitésMaroc 2026 : Entre les promesses gouvernementales et l’asphyxie des petites entreprises

Maroc 2026 : Entre les promesses gouvernementales et l’asphyxie des petites entreprises

Alors que la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, présente le projet de loi de finances 2026 comme une feuille de route ambitieuse — avec 380 milliards de dirhams dédiés à l’investissement public — la réalité du terrain dessine un tout autre visage de l’économie marocaine. Derrière le discours de la « montée en puissance » se cache une inquiétante fragilité : les petites et très petites entreprises, cœur battant du tissu productif national, s’effondrent une à une.

Selon un rapport récent de l’Autorité marocaine des très petites entreprises, plus de 48 % des sociétés interrogées ont moins de trois ans d’existence, tandis que seulement 30 % dépassent la barre des cinq ans. Le constat est alarmant : plus de la moitié des jeunes entreprises disparaissent avant leur cinquième anniversaire. Le nombre de faillites a explosé, passant de 10 500 en 2021 à 33 000 en 2024, et pourrait franchir la barre des 40 000 avant la fin de l’année.

Comment expliquer une telle contradiction entre la dynamique affichée par le gouvernement et la réalité du terrain ?
Près de 74 % des entreprises estiment que le système fiscal marocain est inadapté à leur taille et à leur capacité financière. Les procédures sont jugées trop complexes, la pression fiscale trop lourde, et les incitations insuffisantes. À cela s’ajoute le poids des charges sociales, dénoncé par 76 % des entreprises, qui considèrent le régime actuel inéquitable et dissuasif.

Dans ce contexte, les annonces d’investissement massif dans les infrastructures — routes, ports, lignes à grande vitesse, énergies vertes — posent une question cruciale : ces grands chantiers bénéficieront-ils vraiment au tissu entrepreneurial local, ou ne feront-ils qu’alimenter les grands groupes déjà dominants ?

La tension est palpable : le Maroc affiche une volonté sincère d’émergence, mais son économie réelle semble s’essouffler. Peut-on parler de croissance inclusive quand des milliers de petites entreprises ferment leurs portes chaque année ? Le pari de 2026 repose-t-il sur une relance par le haut, ou sur une refondation du bas — celle des petites structures, des jeunes entrepreneurs, des artisans, des innovateurs ?

Le temps dira si les milliards promis par le gouvernement réussiront à irriguer le pays tout entier, ou s’ils ne feront que verdir les bilans officiels sans sauver le tissu productif le plus vulnérable.

Articles connexes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -spot_imgspot_imgspot_imgspot_img

Les plus lus

Recent Comments