Alors que Rabat consolide sa position diplomatique et stratégique sur la scène africaine et internationale, plusieurs acteurs de la société civile ont été surpris d’apprendre la tenue, le 8 octobre 2025 à l’hôtel « Marriott », d’un événement organisé par le quotidien Le Monde.
Présenté comme un simple rendez-vous culturel et médiatique, cet événement a néanmoins suscité de vives interrogations quant à ses messages implicites et à son opportunité politique, au regard du contexte actuel du Maroc.
Une vigilance citoyenne face à l’influence douce
Dès l’annonce, plusieurs associations de la capitale ont adressé une pétition au Wali de la région Rabat–Salé–Kénitra, exprimant leur préoccupation face au risque de voir cette rencontre servir de tribune à des discours dépassés ou biaisés à l’égard des constantes nationales, notamment la question du Sahara marocain.
Sans tomber dans la confrontation, les signataires ont appelé à la clarté et à la transparence quant aux conditions d’organisation d’événements étrangers dans la capitale politique du Royaume, rappelant la nécessité de préserver le respect des symboles de la souveraineté nationale.
Le nouveau champ de bataille : la conscience et la perception
Ce mouvement associatif révèle une prise de conscience essentielle :
dans le monde d’aujourd’hui, les batailles se gagnent moins sur le terrain politique que sur celui de l’opinion et du récit médiatique.
Certains médias étrangers continuent d’aborder les enjeux marocains selon des prismes anciens, souvent décalés par rapport à la réalité du pays et à ses transformations récentes.
Protéger la souveraineté médiatique du Maroc n’est donc pas une question de censure, mais une question de lucidité face aux nouvelles formes d’influence qui s’exercent par l’image, le ton et la narration.
Un contexte international en mutation
Cet épisode ne saurait être détaché du contexte mondial actuel.
À mesure que les équilibres géopolitiques évoluent et que le Maroc affirme son leadership en Afrique, certains acteurs médiatiques cherchent à regagner une présence dans l’espace public marocain, parfois sous des formes culturelles ou académiques.
C’est précisément là que réside l’enjeu : préserver les espaces symboliques de la capitale – notamment les grands hôtels souvent associés à la diplomatie – de toute instrumentalisation implicite.
De la réaction à la proactivité
La démarche des associations ne traduit pas un rejet du dialogue interculturel, mais une volonté d’encadrer ce dialogue pour éviter toute ambiguïté.
Le Maroc moderne, confiant dans sa souveraineté et son ouverture, sait faire la distinction entre l’échange équilibré et l’influence dissimulée.
Conclusion
L’affaire du « Marriott » n’est pas un conflit entre liberté et souveraineté, mais une invitation à redéfinir les frontières de l’ouverture responsable.
Elle témoigne d’un haut niveau de vigilance citoyenne et d’une maturité démocratique qui refuse que la liberté culturelle serve de paravent à des agendas extérieurs.
Dans le Maroc d’aujourd’hui, la souveraineté ne se défend pas seulement par la diplomatie ou l’économie,
mais aussi par la maîtrise du récit national et la lucidité collective face aux formes contemporaines de l’influence.
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