Des sources concordantes indiquent que le ministère de l’Intérieur a engagé une mobilisation accrue des walis et gouverneurs à travers des directives visant à intensifier les visites de terrain et le suivi des projets et chantiers ouverts à l’échelle des régions et des provinces. Cette dynamique intervient dans un contexte marqué par une attention administrative particulière durant le mois de Ramadan, période durant laquelle les structures territoriales sont appelées à renforcer la présence sur le terrain et à accélérer l’exécution des programmes en cours.
Les instructions transmises aux responsables territoriaux insistent sur la nécessité de passer d’une logique de gestion principalement bureaucratique à une approche fondée sur l’observation directe, l’évaluation des délais d’exécution et le contrôle de la qualité des réalisations. Il s’agit notamment d’identifier les retards, de lever les blocages d’ordre technique ou foncier et de résoudre les contraintes administratives susceptibles de freiner la concrétisation des projets publics. Cette orientation s’inscrit officiellement dans une volonté d’améliorer la performance des services publics et de garantir une meilleure coordination entre les autorités locales, les élus et les services déconcentrés de l’État.
Les mesures adoptées ciblent également les « points noirs » territoriaux, à savoir les décharges sauvages, les constructions non autorisées, l’urbanisation non maîtrisée ainsi que les dysfonctionnements liés à l’éclairage public, à l’état des routes et aux réseaux d’assainissement et d’approvisionnement en eau potable. Le suivi renforcé de ces problématiques vise à corriger des déséquilibres structurels qui affectent la qualité de vie des citoyens et la cohérence des politiques d’aménagement territorial. L’objectif affiché est d’installer une dynamique de régulation plus réactive et d’assurer un meilleur alignement entre la planification des projets et leur mise en œuvre effective.
Dans le même cadre, certaines sources ont révélé que des responsables territoriaux ont commencé à exploiter les outils numériques et les plateformes de réseaux sociaux comme mécanisme complémentaire de veille. À travers le suivi de contenus publiés en temps réel — y compris des images et des diffusions en direct documentant des insuffisances ou des dysfonctionnements — l’administration locale dispose d’un moyen supplémentaire pour détecter rapidement les anomalies et intervenir conformément aux dispositions légales en vigueur. Cette évolution témoigne d’un élargissement du champ de la surveillance administrative vers l’espace digital, devenu un espace d’expression et de signalement des déficits de gouvernance locale.
Par ailleurs, des directives auraient été accompagnées de questions et d’interpellations adressées à certains gouverneurs concernant les retards enregistrés dans la libération des assiettes foncières destinées à des projets d’intérêt public. L’accent est mis sur l’accélération des procédures liées aux projets à caractère social, notamment ceux visant à équiper les quartiers insuffisamment dotés en infrastructures collectives. Dans le même temps, il est souligné que cette vigilance vise à prévenir toute tentative d’instrumentalisation politique des programmes publics par des élus, qu’ils soient en position de majorité ou issus de l’opposition, particulièrement à l’approche d’échéances électorales qui nécessitent un encadrement administratif rigoureux.
Des correspondances émanant de conseillers d’opposition au sein de certaines collectivités territoriales, et dont copie a été adressée aux services centraux, ont également mis en lumière des observations relatives à la modification de la cartographie de certains projets par rapport aux versions initialement approuvées lors des sessions ordinaires des conseils élus. Ces élus ont dénoncé des exclusions de certaines circonscriptions du bénéfice d’équipements programmés, tout en signalant que plusieurs projets ont été financés par des avances ou des crédits à long terme issus du Fonds d’équipement communal, ce qui pourrait alourdir durablement l’endettement des collectivités et limiter leurs marges de manœuvre budgétaires futures.
La portée des directives s’étend en outre au renforcement des mécanismes de contrôle administratif et à la fermeture des éventuelles failles susceptibles de permettre une utilisation partisane des ressources publiques. Les autorités territoriales sont ainsi appelées à ouvrir des enquêtes locales sur l’exécution des marchés publics, la destination des financements et la conformité des procédures suivies. Des rapports détaillés doivent être transmis aux instances centrales afin d’établir les responsabilités en cas d’irrégularités constatées, notamment après les analyses antérieures qui ont révélé des fragilités dans la gestion financière et la situation d’endettement de certaines communes.
Toutefois, au-delà de l’intensité apparente de cette mobilisation, une interrogation fondamentale persiste : pourquoi ces mécanismes de contrôle renforcé semblent-ils se déployer de manière cyclique, concentrés sur des périodes spécifiques, alors qu’ils devraient constituer une pratique permanente et institutionnalisée tout au long de l’année ? La supervision des projets, la vérification de la bonne utilisation des fonds publics et le suivi des engagements contractuels ne devraient pas dépendre d’un calendrier conjoncturel, mais s’inscrire dans une culture continue de reddition des comptes et de performance administrative.
En définitive, l’enjeu ne réside pas uniquement dans la multiplication des directives ou dans l’intensification ponctuelle des inspections, mais dans la capacité à transformer cette dynamique en un système de gouvernance territoriale durable. L’efficacité réelle de cette approche sera mesurée à l’aune de ses résultats concrets : réduction des retards, amélioration tangible des services publics, transparence dans la gestion des ressources et répartition équitable des projets au niveau local. C’est à ce prix que la supervision administrative pourra dépasser le cadre circonstanciel pour devenir un véritable levier de réforme structurelle.


