Dans un geste rare au sein des instances de la Confédération Africaine de Football (CAF), un responsable de haut rang a présenté des excuses officielles au Maroc pour ce qu’il a qualifié de « grande injustice » subie par l’équipe nationale lors de la récente finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Les excuses ont été formulées par Samir Sabha, président de la Fédération mauricienne de football et membre du comité exécutif de la CAF, qui a affirmé que le Maroc et son peuple méritaient cet hommage pour les événements survenus lors de la finale tenue à Rabat, et qui s’est soldée par une défaite 1-0 pour le Maroc.
Selon le quotidien britannique The Guardian, Sabha a déclaré que l’équipe marocaine « n’a pas été traitée équitablement » et que le règlement de la compétition « n’a pas été appliqué comme il se doit », suscitant le mécontentement des joueurs et des supporters. Le responsable mauricien a ajouté : « Je souhaite que la Fédération Royale Marocaine de Football nous pardonne pour l’injustice qui lui a été faite. » Il a précisé que cet aveu ne signifiait pas modifier le résultat final, mais simplement reconnaître que l’équipe marocaine « n’a pas bénéficié d’une application équitable des règles ».
Contexte des événements : arrêt du match et lacunes réglementaires
La finale a été marquée par un arrêt temporaire après le retrait des joueurs sénégalais du terrain, provoquant un large débat sur l’application du règlement. Selon Sabha, il aurait été impératif de respecter les procédures prévues par les règlements, ce qui n’a pas été le cas, alimentant le sentiment d’injustice chez les Marocains.
Cette déclaration représente l’une des prises de position les plus claires au sein de la CAF sur l’impact des dysfonctionnements organisationnels sur le dénouement de la finale, après de nombreuses critiques formulées par des experts internationaux à l’encontre de la gestion de la compétition par l’instance africaine.
Critiques et sanctions : entre discipline et mesures allégées
La CAF fait face à une vague de critiques concernant ses dysfonctionnements internes, y compris les doutes exprimés par Sabha sur le statut légal du Secrétaire général Veron Mosenga Oumba, dont le mandat aurait « pris fin conformément à l’âge de la retraite prévu par le règlement du personnel ».
En ce qui concerne les sanctions, les décisions récentes de la commission de discipline ont suscité de vives réactions. Beaucoup estiment que les sanctions infligées à l’équipe sénégalaise après l’incident de retrait étaient légères, tandis que celles imposées aux joueurs et à la Fédération marocaine ont parfois semblé disproportionnées par rapport aux infractions.
Par exemple, l’entraîneur et plusieurs joueurs sénégalais ont été suspendus et l’Union sénégalaise de football a été lourdement amende, alors que des sanctions ont également été prises contre le Maroc, notamment à l’encontre des joueurs Achraf Hakimi et Ismaël Saïbari, et des amendes infligées à la Fédération royale marocaine pour comportements inappropriés de supporters et intrusion dans la zone VAR.
Message clair : nécessité de réformes et d’équité
La reconnaissance de Sabha constitue un défi pour la CAF afin de réexaminer sa gestion des compétitions et d’assurer l’application équitable des règlements à toutes les équipes. Cela souligne que l’incident de la finale ne relève pas d’un simple différend, mais reflète des défaillances organisationnelles ayant affecté l’intégrité du tournoi et son image, nécessitant des réformes urgentes pour garantir les droits des équipes et des supporters.
En fin de compte, ces excuses officielles adressées au Maroc représentent un précédent rare et mettent en lumière l’injustice ressentie par l’équipe nationale et les supporters marocains, soulevant des questions cruciales sur la capacité de la CAF à garantir justice et respect des règlements à l’avenir, faisant de cette finale un véritable enseignement pour le football africain en termes d’intégrité et d’organisation.



