mercredi, février 11, 2026
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« Madrid 2026 : le Maroc impose sa vision et redessine les contours du règlement du Sahara »

À Madrid, loin des projecteurs et sous le sceau d’une confidentialité absolue, les négociations sur le Sahara sont entrées dans leur deuxième jour, révélant bien plus qu’un simple exercice diplomatique. Derrière les portes closes de l’ambassade américaine, c’est un nouveau rapport de force qui s’installe, où le Maroc apparaît comme l’acteur central d’un processus désormais piloté par Washington.

Initialement prévue pour une seule journée, cette séquence diplomatique a été prolongée à l’initiative de Massad Boulos, principal conseiller du président américain pour l’Afrique et le monde arabe, face à la complexité des divergences entre les parties. La présence de Nasser Bourita, de son homologue algérien Ahmed Attaf, du ministre mauritanien Mohamed Salem Ould Merzoug, ainsi que du représentant du Polisario, sous supervision américaine et onusienne, confère à cette rencontre une portée politique exceptionnelle.

Mais au-delà du cadre multilatéral affiché, les discussions traduisent surtout la volonté des États-Unis d’imposer une nouvelle architecture de négociation. L’initiative marocaine d’autonomie, dans sa version actualisée de quarante pages, est désormais reconnue comme la seule base technique de travail, conformément à la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Une rupture nette avec des décennies de propositions concurrentes et de discours idéologiques.

Le caractère inédit de cette phase réside aussi dans le niveau de secret imposé. Même les délégations officielles communiquent peu, conscientes de la sensibilité du moment. Washington cherche à protéger le processus de toute pression médiatique, misant sur une diplomatie silencieuse mais décisive.

Sur le fond, l’administration américaine ne traite plus le Sahara comme un dossier isolé, mais comme un enjeu central dans la rivalité régionale maroco-algérienne. La question devient un levier pour redéfinir l’équilibre stratégique en Afrique du Nord, incluant la normalisation des relations bilatérales et la réouverture des frontières.

Les premiers résultats confirment un net avantage pour le Maroc : reconnaissance de son plan comme unique référentiel, création d’une commission technique permanente, et adoption d’une feuille de route vers un accord-cadre à Washington en mai prochain. À l’inverse, l’Algérie apparaît sous une pression diplomatique inédite, cherchant à préserver sa posture tout en participant activement aux discussions.

Dans cette équation, les États-Unis s’imposent comme le véritable architecte du règlement, reléguant l’ONU à un rôle d’accompagnement. Et le Maroc, fort de la cohérence de sa proposition, s’affirme désormais comme le pilier incontournable de toute solution réaliste au conflit du Sahara.

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