jeudi, février 5, 2026
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El Adoui: Exaggerating the Extent of Corruption Threatens Trust in Institutions

Lors d’une séance plénière conjointe au Parlement, Zineb El Adoui, Première Présidente de la Cour des Comptes, a clarifié les débats autour de l’ampleur de la corruption au Maroc, insistant sur la distinction entre perceptions populaires et réalités de contrôle. Selon El Adoui : « Il existe un sentiment répandu selon lequel ceux qui gèrent les affaires publiques ne rendent pas toujours correctement des comptes. Parallèlement, on note une impression d’impunité et de perte de confiance dans les institutions. » Elle a toutefois averti : « Exagérer l’ampleur de la corruption peut provoquer des conséquences tout aussi graves que la corruption elle-même. »

Elle a expliqué que chaque mission de contrôle, qu’elle soit menée dans les institutions centrales ou par les chambres régionales, est souvent interprétée à tort comme une enquête pour fraude financière. En réalité, ces missions suivent une procédure structurée incluant des observations préliminaires, puis des rapports finaux après examen des réponses des parties concernées. La présidente a également souligné que certaines fuites d’observations préliminaires, parfois motivées par de mauvaises intentions à l’intérieur des institutions contrôlées, ne reflètent généralement pas le contenu des rapports finaux.

Le bilan disciplinaire : des chiffres qui éclairent la réalité

Concernant le travail des tribunaux financiers en matière disciplinaire, El Adoui a indiqué que 412 dossiers étaient en cours pour l’année 2025, dont 130 ont été tranchés. Parmi ceux-ci, 38 dossiers n’ont donné lieu à aucune sanction, tandis que 92 dossiers ont fait l’objet d’amendes totalisant 4,6 millions de dirhams, dont 11 dossiers ont entraîné la restitution des montants correspondant aux pertes constatées. Les remboursements et amendes cumulés s’élèvent à 5,9 millions de dirhams, un montant limité par rapport aux perceptions exagérées de corruption.

Elle a précisé que 80 % des affaires concernaient des institutions publiques, touchant 141 entités réparties sur deux régions et six provinces, ainsi que 25 communes et des établissements publics locaux ou intercommunaux.

Répartition des responsabilités : entre dirigeants et personnels

Du point de vue des personnes impliquées, les infractions se répartissent ainsi : 46 % pour les responsables et ordonnateurs, 27 % pour les chefs de services et départements, et 27 % pour les agents et employés. Au niveau des chambres régionales, 345 personnes étaient concernées, dont 160 ordonnateurs (46 %), 106 chefs de services, comptables et membres des bureaux territoriaux (31 %), et 79 employés (23 %).

Les infractions concernaient majoritairement le non-respect des règles de dépense et de liquidation, la transmission de documents incorrects, le non-respect des procédures de passation des marchés publics et la faiblesse du contrôle interne. El Adoui a insisté sur le fait que certaines irrégularités étaient liées à l’absence ou la faiblesse de la gestion des risques, le non-respect des guides de procédures, le manque de coordination, des ressources humaines limitées, et une culture insuffisante de travail collectif.

Contrôle interne et transformation digitale

Dans ce contexte, la Première Présidente a souligné l’importance de mettre en œuvre le projet de contrôle interne dans les ministères pour améliorer la gouvernance et la gestion des risques. Elle a également évoqué les progrès du contrôle digital, précisant que 29 % des comptes ont été soumis de manière dématérialisée, et que les comptables publics ont restitué environ 16,5 millions de dirhams avant le prononcé des décisions finales.

Résultats de l’audit : une majorité d’acquittements

Les audits ont abouti à 5 099 décisions finales, dont 4 838 acquittements et 261 constatations de déficit totalisant 58,7 millions de dirhams. El Adoui a rappelé que 95 % des décisions finales concernaient des acquittements, tandis que seulement 5 % portaient sur des déficits, majoritairement liés à une faible collecte des ressources et non à des irrégularités dans les dépenses.

Conclusion

Ces chiffres détaillés montrent que le contrôle financier au Maroc fonctionne selon des procédures rigoureuses, et que la grande majorité des responsables sont blanchis, remettant en question la perception exagérée de la corruption. La présidente de la Cour des Comptes a insisté sur la nécessité de renforcer le contrôle interne et la culture institutionnelle, conditions indispensables pour protéger les finances publiques et assurer l’efficacité des institutions.

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