Depuis plus de quinze ans de promesses et de reports, le projet des « autoroutes de l’eau » au Maroc reste un sujet récurrent dans le débat public. Selon Omar Al-Hayani, conseiller communal de la Fédération de la gauche démocratique, ce projet représente aujourd’hui un coût lourd payé par le pays.
Dans un post publié sur son compte Facebook, Al-Hayani a rappelé que l’idée de relier les grands bassins d’eau du nord du Royaume (Sebou et Loukkos) aux bassins connaissant un déficit sévère remonte à avant 2010, lorsque le budget estimé pour ce projet s’élevait à 30 milliards de dirhams, soit à peu près le même montant investi plus tard dans le train à grande vitesse reliant Tanger et Kénitra.
Selon Al-Hayani, la priorité à l’époque a été donnée au TGV, un projet d’infrastructure qui a capté l’attention et le financement, tandis que le projet crucial de transport de l’eau a été mis de côté.
Au fil des années, il est devenu évident que ce report n’était pas qu’un simple choix technique ou financier, mais qu’il conduirait à une crise hydrique majeure. Cette crise s’est matérialisée lors des sécheresses de 2022 et 2023, menaçant des zones clés comme l’axe Rabat–Casablanca d’une vraie pénurie d’eau mettant en danger des millions de personnes, avant que ne soit réalisée en un temps record la canalisation reliant le bassin du Sebou au barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah, une initiative salvatrice pour la situation.
Cependant, les défis persistent. Al-Hayani souligne que les barrages du nord affichent encore des niveaux d’eau faibles, ce qui impacte directement des villes comme Ksar El Kebir, affectées par l’absence de transfert des excédents vers d’autres zones, notamment le barrage Al Massira, dont le taux de remplissage reste très faible.
Les déclarations d’Al-Hayani mettent en lumière ce qu’il considère comme des « choix politiques erronés », dont le pays paie aujourd’hui le prix fort, alors que le gouvernement tente de relancer les projets hydrauliques stratégiques, y compris le projet des autoroutes de l’eau qui a déjà permis de relier les bassins du Sebou et d’Abou Regrag et de sauver des millions de personnes de la crise de l’eau.
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Les sources gouvernementales indiquent que, malgré son efficacité pour faire face à la crise actuelle, ce projet seul n’est pas suffisant, et que les défis climatiques à long terme – dans un contexte de sécheresses prolongées – nécessitent des stratégies plus larges incluant la désalinisation de l’eau de mer, la construction de nouveaux barrages et l’expansion du réseau de connexion entre les bassins.
Dans ce contexte, il apparaît que le débat actuel entre actions d’urgence et investissements structurels ne se limite pas à une simple question technique, mais constitue l’histoire d’une société cherchant à garantir son droit à l’eau, face à des défis naturels croissants et à des décisions passées ayant laissé des traces sur la réalité hydraulique du pays.



