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La CAF frappe fort : sanctions et suspensions après le chaos de la finale de la Coupe d’Afrique

Ce qui devait être, dans la nuit du 18 janvier à Rabat, une célébration du football africain s’est progressivement transformé en un épisode de tension extrême, révélateur de dérives plus profondes dans la gestion des grands rendez-vous sportifs du continent. La finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Maroc et le Sénégal, remportée par les Lions de la Téranga après prolongation, a laissé derrière elle bien plus qu’un simple résultat sportif : elle a ouvert une séquence disciplinaire lourde de sens, marquée par des sanctions sévères infligées par la Confédération africaine de football (CAF).

La rencontre a connu un moment de rupture inédit lorsque, dans les dernières minutes du temps réglementaire, les joueurs sénégalais ont menacé de quitter la pelouse pour protester contre certaines décisions arbitrales, provoquant une interruption d’environ quinze minutes. Cet arrêt, rarissime à ce niveau de compétition, a cristallisé une tension déjà palpable dans les tribunes et sur le banc de touche. À la reprise, le Maroc a manqué une occasion historique de prendre l’avantage avec un penalty raté par Brahim Díaz, avant que le Sénégal n’inscrive le but du sacre en prolongation.

Saisie du dossier, la commission de discipline de la CAF a rejeté la réclamation déposée par la Fédération royale marocaine de football, estimant que les faits invoqués ne constituaient pas une violation avérée des articles 82 et 84 du règlement de la compétition. Ce rejet, au-delà de sa portée juridique, a été perçu comme un signal politique fort, mettant un terme définitif aux espoirs marocains de voir le verdict sportif remis en question.

Les sanctions prononcées contre le Sénégal témoignent néanmoins de la gravité des événements. Le sélectionneur Pape Thiaw a écopé d’une suspension de cinq matches dans les compétitions de la CAF, assortie d’une amende de 100 000 dollars, pour comportement antisportif et atteinte à l’image du jeu. Les joueurs Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr ont, quant à eux, été suspendus deux rencontres chacun pour leur attitude jugée agressive envers l’arbitre. La fédération sénégalaise a également été lourdement sanctionnée financièrement, avec une amende globale de 600 000 dollars, répartie entre les violences de ses supporters et le comportement de son équipe et de son encadrement.

La CAF a toutefois précisé que ces sanctions ne s’appliqueraient pas à la Coupe du monde, mais uniquement aux compétitions africaines, ce qui signifie que leurs effets se feront sentir lors des prochaines éliminatoires de la CAN 2027. Une distinction qui traduit la volonté de circonscrire la crise dans l’espace continental, sans en affecter la dimension internationale.

Le Maroc n’a pas été épargné. Son capitaine Achraf Hakimi a été suspendu pour deux matches, dont un avec sursis, à la suite de l’incident des serviettes dissimulées au gardien sénégalais Édouard Mendy. Ismaël Saibari a été suspendu trois rencontres, tandis que la fédération marocaine a été condamnée à une amende de 300 000 dollars pour le comportement des ramasseurs de balles et l’intrusion des joueurs et du staff dans la zone du VAR, entravant le travail de l’arbitre.

Au-delà des chiffres et des décisions disciplinaires, cette finale soulève une interrogation plus large : assiste-t-on à de simples dérapages liés à la pression d’un match décisif, ou à une crise structurelle dans la culture du fair-play au sein du football africain ? Menaces de retrait, violences dans les tribunes, contestations permanentes des décisions arbitrales : autant de signaux qui montrent que l’autorité institutionnelle de la CAF peine encore à s’imposer avant la fin des matches, et non uniquement dans l’après-coup.

En définitive, la finale de Rabat n’a pas seulement consacré un champion et désigné un vice-champion. Elle a mis en lumière les fragilités d’un système où la passion déborde parfois sur la raison, et où la sanction intervient souvent trop tard pour prévenir les excès. Plus qu’un simple épisode disciplinaire, cet événement apparaît comme un avertissement symbolique : sans une réforme profonde des mentalités et des mécanismes de régulation, le football africain risque de transformer ses plus grandes scènes en théâtres de tension plutôt qu’en espaces de célébration.

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