Dans un geste riche de symboles politiques, le Maroc et le Sénégal ont aujourd’hui tourné la page du débat suscité par la finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre les « Lions de l’Atlas » et les « Lions de la Teranga », affirmant que leurs liens dépassent le cadre du rectangle vert. La capitale marocaine a accueilli la 15ᵉ session de la Commission mixte suprême, au cours de laquelle 17 accords et protocoles d’entente ont été signés dans des domaines essentiels : enseignement supérieur, agriculture, industrie, pêche, sécurité sanitaire des aliments, et développement des petites et moyennes entreprises, ainsi que la création de mécanismes de consultations consulaires et de programmes jeunesse communs.
التحول من أزمة الملعب إلى نموذج شراكة جنوب–جنوب pic.twitter.com/g2bxoQ7SBE
— المغرب الآن Maghreb Alan (@maghrebalaan) January 26, 2026
Présidée par le Premier ministre marocain Aziz Akhannouch et son homologue sénégalais Ousmane Sonko, cette session a constitué une opportunité diplomatique pour rétablir la stabilité des relations après les tensions suscitées par le match final. La transformation d’une « crise de terrain » en événement politique et économique démontre la capacité de Rabat et Dakar à convertir les défis ponctuels en catalyseurs pour renforcer le partenariat bilatéral, confirmant que les intérêts stratégiques des deux pays ne peuvent être affectés par des incidents sportifs temporaires.
Dans son allocution, Akhannouch a souligné que la Commission mixte reflète « la volonté du Royaume et du Sénégal de développer des relations multidimensionnelles », qualifiant cette rencontre d’ »occasion pour donner un nouvel élan aux relations économiques et sociales », tout en mettant en avant le rôle du lien religieux dans le renforcement de la cohésion entre les deux nations. Pour sa part, Sonko a insisté sur la nécessité de « maintenir un équilibre dans les relations économiques, sociales et religieuses », notant l’ambition des entreprises sénégalaises d’accéder au marché marocain, parallèlement à la poursuite des investissements marocains au Sénégal, notamment dans les secteurs bancaire, assurance, énergie et construction. Les échanges commerciaux ont dépassé 3,7 milliards de dirhams (environ 370 millions de dollars) en 2024, témoignant de la dynamique croissante de la coopération économique.
Ces accords interviennent après la controverse sportive de la finale, où l’arbitre a accordé un penalty au Maroc à la 90ᵉ+8 minute après recours à l’assistance vidéo, provoquant le retrait temporaire de l’équipe sénégalaise. L’intervention décisive du capitaine sénégalais Sadio Mané a permis de rétablir la situation, rappelant que selon le règlement, une équipe qui ne revient pas sur le terrain dans les 15 minutes est considérée perdante. Malgré ces tensions, les responsables des deux pays ont affirmé que « le sport ne peut nous diviser », et que les relations bilatérales demeurent plus profondes et solides que tout différend ponctuel sur le terrain.
Cette session et les accords signés portent un message politique clair : le Maroc et le Sénégal ont choisi la logique de construction et de coopération plutôt que celle du conflit. La prochaine étape devrait voir le lancement d’un « forum économique conjoint » pour mettre en œuvre les engagements pris, faisant du modèle des relations Rabat-Dakar un exemple à suivre dans les partenariats Sud-Sud, où les intérêts communs prévalent sur tout différend momentané, même dans la compétition sportive.



