Quand le football devient une plateforme pour l’amitié africaine : le message du roi Mohammed VI après la finale de la CAN
Rabat – À un moment où la finale de la Coupe d’Afrique des Nations risquait de devenir une crise symbolique, le roi Mohammed VI est intervenu, non pas en commentateur sportif, mais en chef d’État africain conscient de la valeur politique et symbolique du sport. Le match Maroc–Sénégal n’était pas qu’une rencontre, mais une intensité politique, populaire et médiatique, susceptible de créer une fracture durable dans la conscience africaine.
Une vision africaine au-delà du résultat sportif
Dans son message à l’occasion de la 35ᵉ édition de la CAN, le roi n’a pas abordé les décisions arbitrales ni les moments de tension sur le terrain. Son objectif était de repositionner le sens de l’événement. Ce qu’il s’est passé dans les dernières minutes entre le Maroc et le Sénégal n’est pas la véritable histoire, mais un simple épisode dans une narration plus vaste dont le titre est : l’Afrique que voit le Maroc… un continent de partenariat, pas de confrontation.
« Rien ne peut affecter la proximité tissée au fil des siècles entre nos peuples africains »,
déclare le souverain.
Cette phrase n’est pas émotionnelle, mais un signal politique et moral clair, traçant une ligne rouge contre toute tentative de transformer un moment d’émotion sportive en fracture entre les peuples.
L’absence de félicitations directes au Sénégal : un choix calculé
Le roi n’a pas félicité directement le Sénégal. Ce n’était pas un oubli protocolaire, mais une décision symbolique réfléchie. Le Maroc ne voulait pas réduire le message à un simple « gagnant-perdant » : l’amitié africaine est un chemin historique qui transcende tout match.
Le roi a reconnu que « des faits et des comportements regrettables » ont eu lieu, mais a refusé qu’ils définissent l’événement. Le message royal a coupé court aux tentatives de transformer une décision arbitrale en théorie du complot, ou de faire d’un succès sénégalais un acte d’hostilité envers le Maroc.
« Une fois que les passions et émotions se calment, les liens fraternels africains triompheront »,
a-t-il ajouté.
Cette lecture est un diagnostic politique précis : l’émotion est passagère, l’amitié est durable. Et le plus significatif :
« Ce succès marocain est aussi un succès pour toute l’Afrique. »
Un succès marocain qui illumine l’Afrique
Ainsi, le roi ne vise pas à « marquer un but contre le Sénégal », mais à affirmer la capacité du Maroc à guider le continent par ses réalisations organisationnelles, économiques et sportives, sans nuire à personne. L’augmentation des partenaires commerciaux de 9 à 23, et la reconnaissance internationale de la CAN organisée par le Maroc, témoignent que ce succès est économique, politique et symbolique pour le continent.
Sur le terrain, le match a été marqué par une controverse autour d’un penalty marocain après consultation de la VAR, entraînant un retrait temporaire des joueurs sénégalais avant l’intervention de Sadio Mané. Toutefois, ces détails ne sont pas l’essentiel : l’essentiel est que les liens africains restent plus forts que tout excès d’émotion.
La CAN comme scène symbolique
Dans ce contexte, l’absence de félicitations au Sénégal n’est pas un déficit sportif, mais un refus de transformer l’amitié en résultat de match. La CAN au Maroc dépasse donc le simple terrain : elle est une leçon sur le véritable sens de la victoire. Le succès du Maroc n’est pas seulement sur le Sénégal, mais sur l’histoire, la stature et sur toute l’Afrique.



