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Comment le Maroc prépare la route vers la Coupe du monde 2030 : quand l’image ne s’achète pas, mais se construit par le travail, pas par les slogans

La Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc n’a pas été simplement un tournoi réussi, mais une démonstration complète de puissance douce.
Une démonstration qui dit au monde — par le langage des stades, des aéroports, des hôtels et de la diffusion télévisée — que ce pays ne frappe plus à la porte des grandes puissances, mais fait désormais partie de leur club.

Rabat, Casablanca, Tanger, Marrakech, Agadir, Fès… n’étaient pas de simples villes hôtes, mais les scènes d’un État qui a décidé de transformer le sport en discours de souveraineté et en instrument de positionnement international.
Chaque match était un message, chaque trajet en train entre deux villes une preuve, et chaque stade moderne un argument.

La question ici n’était pas : l’organisation a-t-elle réussi ?
Mais : qu’est-ce que le Maroc veut dire à travers cette organisation ?

D’un tournoi à un système : le Maroc se présente comme un État organisé

La version marocaine de la CAN n’a pas été construite sur la logique du rattrapage, mais sur celle de la planification.
Les chantiers lancés depuis l’attribution de l’organisation au Maroc n’étaient pas des projets d’urgence, mais des éléments d’une vision plus large : réseaux routiers, chemins de fer, aéroports, stades, capacités hôtelières, systèmes de sécurité intelligents… tous conçus selon une logique post-2025, c’est-à-dire une logique de 2030.

C’est là que réside la grande paradoxale : le Maroc n’a pas organisé la CAN pour réussir un tournoi, mais pour tester un État.
Et le test a été réussi.

Quand le marché reconnaît avant la politique

Les chiffres annoncés par la Confédération africaine de football ne sont pas un simple détail technique, mais un certificat du marché :
hausse des revenus de plus de 90 %,
23 sponsors au lieu de 9,
pénétration de nouveaux marchés en Asie,
expansion sans précédent des droits de diffusion.

Cela signifie une seule chose :
le monde n’investit pas dans les émotions, mais dans la confiance.

Et ici, la confiance ne portait pas seulement sur le football africain, mais sur le pays qui a décidé de le gérer selon des standards mondiaux. Les sponsors n’ont pas parié sur les joueurs, mais sur la plateforme marocaine qui leur a offert un produit propre, organisé, commercialisable et reproductible.

Le retour de l’entraîneur africain… et la récupération de la voix du continent

Même sur le plan technique, le tournoi a été une déclaration politique douce.
L’arrivée de sélections dirigées par des entraîneurs africains en demi-finale pour la première fois depuis six décennies n’est pas un hasard. C’est le reflet d’un changement de confiance : la confiance de l’Afrique en elle-même, lorsqu’elle est gérée dans un environnement professionnel.

Et 127 buts ne sont pas un chiffre anodin, mais l’indication d’un football qui se libère de ses complexes et joue sans peur, dans des stades qui ne le trahissent pas.

La vision royale : quand le sport devient une politique publique

En arrière-plan, rien de tout cela n’aurait été possible sans un choix stratégique clair : le roi Mohammed VI a fait du sport un levier de l’État, et non un ornement de l’État.

Les investissements dans les stades n’étaient pas seulement sportifs.
Les trains n’ont pas été construits uniquement pour les supporters.
Les hôtels n’ont pas été rénovés uniquement pour les équipes.

Mais pour un Maroc qui veut être :
une destination,
une plateforme,
un hub entre l’Afrique et l’Europe,
et un partenaire incontournable sur la carte des grands événements.

De la CAN 2025 à la Coupe du monde 2030 : la route est désormais visible

Avec cette édition de la CAN, le dossier 2030 n’est plus une promesse politique, mais une réalité opérationnelle :
l’État a fonctionné,
les villes ont fonctionné,
les systèmes ont fonctionné,
le marché a répondu,
et la CAF a validé.

Et le sens profond est le suivant : le Maroc ne demande plus la confiance du monde, il lui présente un modèle.

Conclusion

La CAN marocaine n’a pas été un événement sportif, mais un moment de souveraineté douce.
Un moment où un pays africain a dit, par le langage de la réalisation et non des slogans :
nous ne vendons pas notre image, et nous n’achetons pas la reconnaissance.
Nous construisons les deux par le travail.

Et dans un monde où le poids se mesure par la capacité d’organisation, non par le nombre de discours, le Maroc a réussi à faire du football le miroir d’un État qui sait où il va.

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