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Quand le football devient une politique d’État : comment le Maroc a transformé la CAN en levier de souveraineté économique

La Coupe d’Afrique des Nations 2025 organisée au Maroc n’a pas été un simple tournoi de football. Elle a été, à tous les égards, une opération d’État à part entière : économique, diplomatique, logistique et symbolique.
Les plus d’un milliard d’euros de retombées financières ne sont pas qu’un chiffre comptable : ils constituent un message politique. Lorsque des rapports internationaux qualifient la CAN marocaine de « plus rentable de l’histoire », cela signifie que le Maroc a franchi un seuil : il n’est plus seulement un pays hôte, mais un acteur qui investit, capitalise et intègre le sport dans son modèle de développement.

Une économie activée des tribunes aux chaînes de valeur

La hausse de 25 % de la demande intérieure durant la compétition ne relève pas d’un simple engouement populaire. Elle traduit une stratégie claire : faire de la CAN une plateforme économique globale. Plus de 3 000 entreprises marocaines — en majorité des PME — ont été intégrées dans les chaînes de fourniture : transport, restauration, logistique, sécurité, technologies, médias et tourisme.

Ce qui s’est joué ici, c’est la rupture avec une vision dépassée du sport comme « dépense ». La CAN a fonctionné comme un véritable accélérateur de liquidités dans l’économie réelle, irriguant les villes, les hôtels, les marchés et l’emploi.
Quand le gouvernement annonce une croissance portée à 4,5 % grâce à l’événement, il parle d’une politique de relance par les grands événements, à l’image des économies émergentes les plus dynamiques.

Le Maroc qui a brûlé les étapes

L’enjeu le plus stratégique n’est peut-être pas financier, mais temporel. Des projets qui auraient normalement nécessité dix ans ont été réalisés en deux. C’est le signe d’une mobilisation exceptionnelle de l’appareil d’État — financière, administrative et territoriale.

Le résultat est clair : 80 % des infrastructures requises pour la Coupe du monde 2030 sont déjà en place. Ce chiffre est un signal envoyé à la FIFA, aux partenaires européens et aux investisseurs internationaux : le Maroc ne promet plus l’avenir, il le livre.

Les aéroports, miroir de la puissance d’un pays

Dans le monde contemporain, les aéroports sont des indicateurs de souveraineté. Le Maroc l’a compris.
Pendant la CAN, Casablanca, Marrakech et Rabat-Salé ont absorbé des flux humains inédits : supporters, délégations, médias internationaux, officiels. Sans chaos. Sans images de désorganisation.

Ce stress-test grandeur nature a validé la capacité du pays à gérer des volumes bien supérieurs — une validation implicite de sa crédibilité pour 2030.

La puissance douce à son apogée

Au-delà des chiffres, il y a l’image. Durant plusieurs semaines, le Maroc a dominé les moteurs de recherche et les écrans africains et européens. Non pas pour des crises ou des polémiques, mais pour son organisation, sa sécurité et son professionnalisme.

C’est cela, la puissance douce moderne : être désiré avant d’être négocié.

Conclusion

La CAN 2025 n’a pas été un simple tournoi. Elle a été utilisée comme les grandes puissances utilisent les Jeux olympiques ou les Expositions universelles : pour remodeler leur image, dynamiser leur économie et consolider leur place dans le monde.

Ce n’était pas un événement sportif.
C’était la répétition générale du Maroc de 2030.

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